‹ Charles de Navarre, tragedie en cinq actes;Chapitre 64 sur 65 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

LE HO 1 DE NAVARRE

Insensé ! tu le veux. Je te laisse en leur main ,

Et bientôt les poignards qu’ils cachent dans leur sein....

CLISSON, tirant son poignard ; les autres guerriers suivent son

exemple. «

Ils ne les cachent point. Voici les armes saintes Prises pour repousser d’homicides atteintes.

Dans les mains des soldats de la fidélité ,

Elles environnaient un prince respecté.

Les voici. Malgré vous , pour le bien de l’empire ,

Nos desseins sont remplis , et le Dauphin respire.

Pour vous récompenser , pour se fier à vous.

( Au roi de Navarre. )

Vous n’allumerez plus la discorde entre nous.

Le Français maintenant vous connaît , vous abhorre ,

Et revient sans réserve à son roi qu’il honore.

Cruel , de vos fureurs j’ai droit de vous punir ,

Et ma main dans les fers pourrait vous retenir ;

Mais je respecte en vous la majesté suprême Des rois dont votre front souille le diadème.

Allez dans vos états cacher ce front pervers Chargé d’un nouveau crime aux yeux de l’univers -, Attendant que du ciel vous frappe la justice ,

L’union des Français sera votre supplice.

Allez.

LE ROI DE NAVARRE

Faible rival, tu fais ce que tu dois. •

Il ne t’est pas permis d’attenter sur des rois.

Crois-tu me faire grâce en t’épargnant un crime ? Va , si je perds un trône et manque ma victime , Mon audace pourra les ressaisir un jour.

Tremble de mon départ ; tremble de mon retour.

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