‹ Charles de Saint-Étienne de La TourChapitre 17 sur 70 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L’Angleterre convoite la Nouvelle-France. — Ses prétentions. — Claude de Saint- Etienne de La Tour à la Cour anglaise. — Il se trouve en pays de connaissances.— Ses relations avec Sir Guillaume Alexandre.- — Son mariage. — Il change d’allégeance. — Lettres patentes qui le créent chevalier-baronnet de la Nouvelle-Ecosse. — Les mêmes faveurs sont accordées à son fils. — Démarches de Sir Guillaume Alexandre pour s’emparer du fort du Cap de Sable. — Noble résistance de Charles de la Tour. — Arrivée de Bernard Marot, délégué de Jean Tulfet, et des Pères Récollets.— Ils conseillent à Charles de La Tour de faire revenir son père au Cap de Sable.

Depuis longtemps, l’Angleterre jetait des yeux de convoitise non seulement sur cette partie de la Nouvelle-France, appelée le Canada, mais encore sur les terres de l’Acadie. Jacques 1er, fils de l'infortunée Marie Stuart, qui fut reine de France, appuyait ses prétentions sur les explorations du célèbre Jean Cabot. Résolu d’établir une colonie de ses loyaux sujets dans la presqu’île appelée plus tard Nouvelle-Ecosse, et sur le littoral, depuis le golfe Saint- Laurent jusqu’à la rivière Sainte-Croix, il choisit un homme entreprenant, Sir Guillaume Alexandre, son parent, auquel il donna des pouvoirs illimités, celui, entre autres, de créer des chevaliersbaronnets qui l’aideraient à coloniser ces terres incultes. Pour reconnaître les services de Sir Guillaume Alexandre, le roi lui accorda, le 10 septembre 1621, un domaine immense, véritable royaume, qu’il divisa en cent baronnies. Au mois de mars 1622, le chevalier Alexandre envoie des colons Ecossais; on les débarque sur l’île de Terre-Neuve. Ils y endurent toutes sortes de privations. En 1623, il fait un nouvel envoi, cette fois vers l’Acadie. Au témoignage de M. Moreau, ces colons ne firent que côtoyer le pays, Ils voient les hommes de La Tour si nombreux et si bien en état de se défendre qu’ils n’osent débarquer et retournent chez eux n’ayant “ eu que la vue de la terre promise à leurs exploits et à leurs travaux (1)

(1) M. Moreau : Histoire de l’Acadie française, p. 100.

Le 12 juillet 1625, le roi Charles Ier d’Angleterre, qui avait épousé, le 11 mai précédent, la reine Henriette de France, renouvelait à Sir Guillaume Alexandre les privilèges accordés par son prédécesseur. L’heureux chevalier, devenu secrétaire d’Etat en 1626, et plus tard comte de Sterling, donna à toutes les terres de la péninsule le nom de Nouvelle-Ecosse. Il érigea bientôt cinquante baronnies.

Les premières incursions des Ecossais attirèrent l’attention de Charles de La Tour, voilà pourquoi, dans ses lettres de 1627, annonçait-il au roi et au Cardinal de Richelieu que les ennemis tenteraient de nouveaux efforts pour chasser les Français de ce pays et s’établir à leur place. Les événements des années suivantes confirmèrent ses craintes : Port-Royal était occupé par Sir Guillaume Alexandre depuis le 24 avril 1629, Québec était tombé le 19 juillet de la même année, et les postes de Miscou, du Cap Tourmente, aussi bien que ceux du Cap Rreton, avaient subi le même sort. La Nouvelle-France semblait perdue pour jamais. Cependant, le roi de France veillait sur ses vastes possessions et poursuivait, bien que lentement, la revendication de ses droits (1).

Claude de Saint-Etienne de La Tour, en arrivant à Londres avec les frères Kirke et M. de Champlain, le 29 octobre 1629, se trouva en pays de connaissances. A la Cour, où il fut présenté au roi Charles Ier, il rencontra ses parents et alliés parmi les de Réthune, les Stuart, descendants de Catherine de Ralsac et d’Edme Stuart. On se souvient que Jacques 1er d’Angleterre, à la mort de ce dernier, avait invité sa veuve, Catherine de Ralsac, fille de Guillaume de Ralsac, seigneur d’Entragues, et de Louise de Crévant d’Humières, à lui envoyer ses enfants afin de les produire à la Cour d’Angleterre. Les membres de la famille royale d’Ecosse, les Stuart, avaient possédé de vastes domaines en Champagne. Edme Stuart, comte de Lennox, dont nous avons parlé, fut seigneur d’Aubigny, ainsi que Robert Stuart, qui fut Maréchal

(1) “L’Ambassadeur de France supplie Sa Majesté de la Grande Bretagne qu’il lui plaise ordonner, au Capitaine Querch (Kirke) et à Sir Guillaume Alexandre. . . et tels autres de ses sujets qui sont ou seront en la Nouvelle-France de s’en retirer et de remettre entre les mains de ceux qu’il plaira au roi son Maître... tous les lieux et places qu’ils ont occupés... sçavoir : par le capitaine Querch la forteresse de Québec et les Côtes du Cap Breton et Port-Royal par le dit Guillaume Alexandre Ecossais, depuis le 24ime avril dernier.” Lettre du 11 février 1630 : Les voyages de Champlain, pièces justificatives, II, p. 5.

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de France. Jean Stuart, seigneur de Vézines, au comté de Tonnerre, et lieutenant de la compagnie des gentilshommes de la Garde écossaise, épousa Colette de Mussy (1), fille de Nicolas de Mussy, seigneur de l’Isle-sur-Seine et de Joséphine de Chaillot. Combien d’autres nobles Ecossais, qui suivirent Marie Stuart en France, l’accompagnèrent en son retour au pays natal après avoir contracté des alliances avec les grandes familles du royaume. Au surplus, quelques membres de la noblesse écossaise fournirent, de longues années durant, une garde d’honneur au roi de France et elle se distingua en maintes circonstances par son attachement à son service et par son zèle. Un Jean de SainUEtienne, le 11 février 1617, résignait sa charge de “ payeur de la Garde écossaise ” ; il était alors conseiller du roi. Les Crévant d’Humières, alliés aux de Balsac, de Croy, de Lespinasse, l’étaient également des Stuart. Marguerite de Crévant d’Humières, femme de Poncet de Lespinasse, cousine de Claude de St-Etienne et de Jeanne de Lespinasse, descendait de cette ancienne famille. Les belles seigneuries du Tronchey et de l’Isle, qui avaient appartenu aux Stuart, d’Anstrude et de Béthune, échurent aux enfants de Jean de Saint-Etienne, seigneur de Turgy et de Lignières. On peut juger, par ce court exposé, qu’à son arrivée à Londres, Claude de Saint-Etienne de La Tour se vit bientôt entouré d’égards en raison des vieilles relations que les siens avaient eues avec ces familles écossaises dont la plupart étaient alliées aux grandes familles françaises. Sir Guillaume Alexandre, toujours à la recherche de collaborateurs pour coloniser son vaste royaume acadien, lui offrit des dignités et des honneurs. Il le créait, ainsi que son fils, chevalier-baronnet de la Nouvelle-Ecosse et lui concédait deux baronnies sous le nom de Saint-Etienne et de La Tour. A ces propositions bien propres à séduire l’homme le mieux trempé, il arriva qu’il fut présenté à l’une des dames d’honneur de la reine Henriette de France, qu’il voulut épouser, ce qu’il fit quelques semaines plus tard. Comme, par ailleurs, Québec était tombé et que la plus grande partie de

(1) Elle avait une sœur, Claude de Mussy, qui épousa David d’Anstrude, fils de Robert d’Anstrude et d’Isabelle de Béthune. Il eut Robert et David d’Anstrude Robert fut auteur de la branche des seigneurs de Rossey et du Tronchey, au comté de Bourgogne. Il épousa Jeanne de Cléry, veuve d’Edme de Gutteri, écuyer seigneur du Tronchey ; David d’Anstrude, capitaine, épousa Eleonore de l’Escluse, fille d’Eldme et de Charlotte de Lantages ; cette dermere tamille tut alliée aux Saint-Etienne.

l’Acadie ainsi que la Port-Royal étaient également occupés par l’Angleterre, et qu’à la France il ne restait plus que le fort du Cap de Sable en la possession de son fils, il se persuada que ces terres étaient à jamais perdues pour sa patrie. Au surplus, les pourparlers échangés entre les deux couronnes traînaient en longueur et, comme l’écrit M. Moreau, “ l’Acadie était délaissée par le gouvernement français qui ne l’avait pas réclamée depuis 1612, et qui ne semblait pas, à la distance où était de La Tour, devoir la réclamer jamais (1).” Ces circonstances, sans justifier sa conduite, l’expliquent et font comprendre pourquoi, dans la suite, les représentants de la France, Bernard Marot, les Pères Récollets, et les Associés de la Nouvelle-France, lui pardonnèrent son infidélité passagère.

Le 30 novembre 1629 (2), Sir Guillaume Alexandre, pour donner suite à toutes les avances qu’il lui avait faites, accorda à Claude de La Tour le titre de chevalier-baronnet ; le 12 mai 1630, il fit la même faveur à son fils qui, toujours au fort du Cap de Sable, conservait son allégeance à son roi. Claude de Saint-Etienne accepta en son nom. Les premières lettres patentes se résument ainsi : “ Sir Guillaume Alexandre de Menstrie, chevalier et lieutenant de Sa Majesté dans les limites du pays de la Nouvelle-Ecosse, en Amérique. . . en vertu du don qui lui a été fait par feu Jacques Ier en date du 10 septembre 1621, et en vertu d’un autre don de Charles, roi de la Grande-Bretagne, de France et d’Irlande, en date du 12 juillet 1625, avec plein pouvoir d’accorder des titres d’honneur, connaissant la valeur de Sir Claude de Saint- Etienne, chevalier, seigneur de La Tour et de Vuarse (3), et sa grande affection au service de Sa Majesté, connaissant en particulier qu’il a souffert de grands travaux, peines, pour le bon service et l’avancement du pays, il lui confère, ainsi qu’à ses héritiers mâles, pour toujours et à l’avenir, l’Ordre et la dignité de Baronnet de la Nouvelle-Ecosse, avec toutes les prérogatives, tous les honneurs,

privilèges, qu’ils comportent . et par eux jouir de la place

d’honneur, présidence, prééminence, en tous brevets, commissions.

(1) Moreau: Histoire de l’Acadie française, p. 105.

, /*nn ^ M‘ Lauvrière, par erreur, écrit : le 30 novembre 1628, et le 12 mai 1629 : La tragédie d’un peuple, I, p. 48.

(3) Dans l’acte de concession du 30 avril 1630, Claude de Saint-Etienne est dit seigneur de La Tour et de Vuarre.

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ordonnances, lettres patentes, de quelque nature que ce soit, avant tous les chevaliers déjà créés. Dans toutes les assemblées, conventions et en tout temps, ils auront la préséance avant tous les Lords, écuyers, gentilshommes quelconques (moi excepté, comme lieutenant de Sa Majesté et mes héritiers étant lieutenants du dit pays et pas autrement). Leurs femmes et leurs enfants occuperont la place d’honneur en vertu de ces lettres (les Baronnets qui pourraient être créés par Sa Majesté exceptés). La femme et les femmes du dit Claude de Saint-Etienne et de ses héritiers jouiront également de la priorité, de la présidence, de la prééminence durant leur vie et même si elles survivent à leurs maris, avant les femmes ou toutes personnes quelconques, toute et chacune fois que ie dit Claude ou ses héritiers prendront leurs titres de baronnets, parce que ce titre est héréditaire, et parce que les fds et les filles du dit Claude de Saint-Etienne et de leurs héritiers jouiront de la priorité, de la prééminence, préséance, avant tous les fils et toutes les filles du royaume, et toutes personnes devant lesquelles le dit Claude ou ses héritiers se trouveront.

Le fils aîné du dit Claude de Saint-Etienne et tout fils aîné d’un héritier mâle lorsqu’il aura atteint vingt-et-un ans, sera créé chevalier en quelque endroit qu’il se puisse trouver.

Ils auront le droit de porter dans leurs armoiries ou dans un écusson de leur choix les armes du pays de la Nouvelle-Ecosse qui sont : “ D’argent, au sautoir chargé de l’Ecusson royal

d’Ecosse, lequel est : D’or, au lion rempant entre une double tige de fleurs de gueules posées fleurs contre fleurs.”

Claude de Saint-Etienne et ses héritiers prendront place dans les armées de Sa Majesté, auprès de l’étendard royal pour sa défense ; ils auront deux assistants pour porter les coins du poêle à leurs funérailles. . . Dans tous les discours ils porteront le titre de Sir et celui de baronnet de la Nouvelle-Ecosse sera ajouté à leurs noms ; le dit Sieur sera appelé Sir Claude de S LE tienne, seigneur de La Tour et de Vuarre, et baronnet de la Nouvelle- Ecosse.

Leurs femmes prendront le titre de Lady et de Madame ; bien plus si des discussions s’élèvent sur le rang qu’elles désirent occuper, le cas sera jugé d’après les usages, les rites, les coutumes.

Sir William Alexander donne à Claude de Saint-Etienne, à ses fils et à ses filles, le pouvoir, la liberté, l’autorisation de porter

sur un ruban couleur orange, l’insigne de baronnet de la Nouvelle- Ecosse, émaillé d’or, portant les armes de la Nouvelle-Ecosse avec la couronne royale et au-dessus cette inscription fax mentis honestœ gloria, et ce, aussi librement que tous les baronnets d’Ecosse et de la Nouvelle-Ecosse, selon la teneur des lettres accordées par sa Majesté.

Ces lettres patentes signées à la Cour de Sa Majesté, à Whitehall sous le grand sceau de la Nouvelle-Ecosse, le dernier novembre 1629, en présence d’Antoine et Henry Alexandre. Suit la signature de Guillaume Alexandre, et plus bas est le sceau de ses armes.”

Claude de Saint-Etienne séjourna à Londres durant plusieurs mois. Arrivé le 29 octobre 1629, il y est encore le 30 avril 1630. En effet, ce jour-là, il reçoit de Sir Guillaume Alexandre des lettres patentes qui le mettent en possession de deux baronnies, l’une sous le nom de Saint-Etienne, l’autre sous celui de La Tour. Il accepta ce don au nom de son fils “absent”, et qui, à son insu, devint baron de la Nouvelle-Ecosse. Voici le texte de ces lettres importantes : “ Au nom de Dieu Amen Sachent Tous Ceulx qui ces présentes lettres verront ou liront que ce jourd’huy trentiesme du mois d’avril l’an de Grâce mil six cent trente, pardevant moy Josué Mainet, notaire, tabelllion royal demeurant à Londres par l’authorité du roy notre Sire admis et juré en la présence des témoins dessous nommez fut présent en sa personne Messire Guillaume Alexandre Chevalier, seigneur de Menstri et principal secrétaire d’estat du roy d’Ecosse pour Sa dite Majesté de la Grande- Bretagne et conseiller en son Conseil d’estat et privé, et lieutenant pour sa dite Majesté en la Nouvelle-Ecosse en Amérique d’une part, lequel ayant par les lettres patentes de Sa Majesté, sous le grand sceau d’Ecosse la donation de tout le dit pays de la Nouvelle- Ecosse appelé par les français le pays de l’Acadie en Amérique à iuy et à ses héritiers en fief et héritage perpétuel en date le dixième du mois de septembre l’an mil six cent vingt ung il a pour le respect et amitié qu’il porte à Messire Claude de Saint-Etienne, chevalier, seigneur de La Tour et de Vuarre, et à Charles de Saint-Etienne, escuier, seigneur de Saint-Deniscourt, son fils d’autre part, le dit Sir Claude de Saint-Estienne estant présent acceptant et stipulant par ces présentes pour son fils Charles estant absent et leurs hoirs tant pour le mérite de leurs personnes que pour leur

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assistance à la meilleure reconnaissance dudit pays et autres considérations du dit seigneur Alexandre a donné et donne librement et franchement par ces présentes au dit chevalier de La Tour et son dit fils et à leurs héritiers et ayant cause perpétuellement et à toujours pour en disposer comme de leur propre et loyal acquest et conquest tout le pays, costes et isles depuis le Cap et la rivière de Jugogon proche le Cap Fourchu en la dite Nouvelle- Ecosse dit le pays et coste de l’Acadie suivant la coste et îles du dit pays vers l’est jusqu’au Port de La Tour cy-devant nommé Lomeron et encore outre le dit pays suivant toujours la dite coste vers l’est jusques à Mirliguesche proche et par delà le port et cap de la Hève tirant ayant quinze lieues dans les terres vers le nord, de toutes lesquelles terres et mers les dits chevaliers de La Tour et son fils pourront tirer tous les profits, émoluments qui pourront provenir graduellement quelconques, comme de leur propre et loyal acquest et conquest en tous droits et jurisdiction et privilèges quelconques autant et plus qu’aucun marquis, comte ou baron, tienne et relève de la couronne d’Ecosse suivant les lois ou Lettres Patentes au dit seigneur Alexandre et à ceux octroyés du roy d’Ecosse, dans lesquels pays, terres et mers ci-dessous nommés y pourront faire construire et bastir villages, villes, chasteaux et forteresses, ainsi qu’ils verront bon estre . . . lesquels chevalier de La Tour et son fils tiendront et relèveront tout le dit pays ci-dessus nommé dans les sus-dites limites du roy et succession, de la couronne d’Ecosse en fief et titre d’honneur et d’héritage... le dit Messire Guillaume Alexandre leur ayt en vertu du pouvoir à lui donné par les dites patentes érigé en titre de deux baronnies à savoir : la baronnie de Saint-Etienne et la baronnie de La Tour qui pourront estre limitées et bornées entre le dit chevalier de La Tour et son dit fils si bon leur semble également à condition que le dit chevaher de La Tour et son dit fils promettent d’estre bons et fidèles vassaux du dit seigneur roi d’Ecosse et ses hoirs et successeurs et luy rendre toute obéissance et assister à la réduction des peuples du dit pays et entretenir bonne amitié et correspondance avec le dit seigneur Alexandre et ses héritiers et tous les sujets d’ice-luy qui y seront plantés, et résidants, et entretiendront bonne et fidèle société et union et le respect dû au dit sieur Alexandre comme lieutenant de roy, promettant aussy le dit sieur Alexandre de sa part, amitié, société, correspondance, assistance et

protection de sa dite Majesté, et de luy son Lieutenant, accorde aussi d’abondant le dit seigneur Alexandre au dit Chevalier de La Tour et son fils, leurs héritiers et successeurs et assignés perpétuellement, le droit d’amirauté en toute l’étendue de leurs dites terres et limites, promettant les dits seigneurs Alexandre et chevalier de La Tour tenir, entretenir le contenu ci-dessus sans jamais y contrevenir en quelque sorte, manière que ce soit, sous l’obligation de tous leurs biens présents et à venir et aux peines de l'ordonnance portée par les lois établies de part et d’autres aux contrevenants ; promettant de plus le dit seigneur Alexandre en passer ou faire passer plus amples lettres et due forme suivant et conformément aux susdites lettres patentes octroyées par Sa Majesté dont copie collationnée à l’original sera donnée au sieur Chevalier de La Tour et son dit fils, et fera le dit sieur Alexandre agréer et ratifier icelles par sa dite Majesté soubs le Grand Sceau d’Ecosse sy faire sy droit.

En Tesmoins de la vérité de quoy sont faicts deux escripts Indentz d’une mesme teneur dont chacune des dites parties en a une pour l’autre respectivement signé, scellé et délivré ainsi, fait et passé cà Martine Lane près de cette dite cité de Londres en présence de Messire Alexandre Strachan, Baronnie de Thornton, Georges Angush, Pierre James, Richard Grims, témoins à ce appelés et requis.

(Signé) ALEXANDRE STRACHAN, la marque de G. A. GEORGE ANGUSH

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