CONCLUSION
De ce travail important, une conclusion logique et une seule se dégage : la figure de Charles de Saint-Etienne de La Tour apparaît, dans l’histoire, plus intéressante, plus noble, plus belle. De toutes les accusations qu’on a portées contre lui, il ne reste rien. Les documents que nous venons d’étudier, les rapprochements que nous avons faits, ont dissipé les ombres qu’on s’était plu, en certain milieu, à jeter sur la figure de ce pionnier de la terre acadienne.
Le lecteur nous rendra la justice que nous nous sommes imposé un travail immense pour connaître la vérité. Nous n’avons épargné ni notre temps, ni les démarches, ni les dépenses pour compléter la documentation de cet ouvrage (1). C’est pourquoi nous avons la confiance que le but que nous nous étions proposé est atteint. Quoiqu’il en soit du soin que nous avons apporté dans la préparation de Y Histoire de La Tenir, il peut se faire que des documents, même importants, aient échappé à notre attention. Comme il n’est jamais trop tard pour perfectionner une œuvre, nous prions ceux de nos lecteurs qui connaissent quelques documents dont nous ignorons l’existence de nous en avertir afin que, dans l’avenir, nous puissions en faire état si l’occasion s’en présente. Les descendants de La Tour accueilleront avec joie, nous l’espérons, cette histoire de leur ancêtre. Quel que soit son peu de mérite, au point de vue littéraire, ils seront heureux de la connaître. Elle fut rédigée au milieu d’un ministère paroissial chargé, et nous la publions à la suite d’une grave maladie qui nous condamne encore à un repos absolu. Nous n’avons pu, pour cette dernière raison, la retoucher avec plus de soin. Si elle
Cl) Nous publions, des Voyages de Champlain, la page 255, où il est dit que ce fut le “traître Jacques Michel qui conduisit la flotte des Kirke devant Québec en 1628-1629, et non pas Claude de La Tour et M. de Roquemont ” et, en second lieu, les pages de la Chronique de Beaumont-lez-Tours que M. Lauvriere a si mal interprétées et, fort injustement d’ailleurs, contre Charles de La tour. Ces documents se passent de commentaires.
laisse à désirer quant à la forme, nous sommes convaincu que le fond repose sur des documents solides et inattaquables. Si Dieu nous prête la vie et nous redonne la santé, YHistoire de la famille Le Borgne, en Acadie, et son temps — 1670-1755 — fera suite à YHistoire de La Tour et son temps.
Que nos dévoués correspondants et nos bons amis de France et du Canada, qui nous ont aidé de leur savante collaboration, reçoivent ici encore l’expression de notre vive gratitude.
Cette année 1930 marque le Ille centenaire de la défense héroïque, par Charles de La Tour, du fort Saint-Louis, au Cap de Sable, et la fondation du fort Sainte-Marie, en la rivière Saint- Jean. Ce sont deux dates historiques qu’il ne fallait pas oublier. Charles de Saint-Etienne de La Tour et Jeanne de Mottin, plus heureux que d’Aulnay, comptent, sur la terre d’Acadie et du Canada, une descendance innombrable. Des prélats, des prêtres, des religieux, des religieuses, des hommes d’Etat, des fonctionnaires publics, des marchands, des artisans et une multitude de bons citoyens, peuvent remonter leur origine jusqu’à Charles de La Tour : tels les d’Entremont, Robichaud, Aucoin, Le Blanc, CouiÙard Després, Mélançon, Landry, Poirier, Dugas, Richard, Thibodeau, Amirault, Comeau, D’Eon et une foule d’autres dont la nomenclature serait trop longue à faire.
Le 5 août 1930, des fêtes, qui promettent d’être splendides, auront lieu à East Central Pubnico, au cœur même de la vieille Acadie. On y érigera trois plaques de bronze à la mémoire de Charles de Saint-Etienne de La Tour, de Jeanne de Mottin et du baron Philippe d’Entremont. Ces fêtes publiques réhabiliteront à jamais la mémoire de Charles de SainLEtienne de La Tour. C’est pour nous une satisfaction bien vive d’avoir aidé, dans la mesure de nos moyens, à mener à bonne lin cette œuvre patriotique et de justice (1).
(1) Ces fêtes coïncideront avec le dévoilement d’une plaque commémorative, qui sera érigée, à Annapolis, en mémoire de notre vénérable ancêtre, Louis Hébert, premier colon acadien et canadien, et apothicaire du roi. La Société Pharmaceutique du Canada, dont M. W.-L. Ormond, de Amlierst, Nouvelle-Ecosse, est le président, fera les frais de cette démonstration. Si Dieu le veut, nous prendrons part à ces deux événements historiques qui nous intéressent à tant de titres.
BT SON TEMPS
La Revue de l’Histoire des Colonies françaises annonçait à ses lecteurs, il y a quelques mois, que des écrivains des plus érudits, de l’Institut de France, devaient, sous peu, publier Y Histoire des Colonies françaises, et que l’histoire de l’Acadie occuperait une place importante dans le premier volume. Cette nouvelle nous causa, disons-le sans tarder, une bien vive satisfaction, qui fut quelque peu tempérée, pourtant, car l’on confiait ce travail à M. Lauvrière, l’auteur de La tragédie d’un peuple. Néanmoins, nous espérions que cet écrivain saisirait, avec empressement, l’occasion qui s’offrait à lui de modifier, pour le mieux, le point de vue qu’il a adopté pour ses travaux antérieurs. Nous étions dans l’erreur, car au moment même où se termine l’impression de Y Histoire de La Tour, grâce à la diligence de l’un de nos dévoués correspondants, de France, nous recevons le premier volume de l 'Histoire des Colonies françaises, et M. Lauvrière n’a pas modifié, d’un iota, son sentiment. Il a réédité ses vieilles conclusions sans même les appuyer par des preuves nouvelles (1). Le fait est regrettable et pour lui et pour l’Histoire (2) . Ainsi, notre Histoire de La Tour et son temps arrive à point. Elle est la réfutation la plus complète des pages que M. Lauvrière a consacrées à la question La Tour-d’Aulnay, dans La tragédie d’un peuple et l’Histoire de l’Acadie qui vient de voir le jour sous le patronage de la Société de l’Histoire des Colonies françaises.