A. N., J 384, n°1; Ordonnances, I, p
9. Le roi séjourna à Toulouse du 3 au 20 janvier 130%, AH. F., XXII, p. #43, et même jusqu'au 22, Baudouin! Lettres inédites de Philippe le Bel, n° 187,
Pierre Dubois fit remettre à Charles, par M° Jean de La Forêt, son Libellus super abrevatione querrarum et hujusmodi provisionibus !. Pierre Dubois y recommandait à Charles de se montrer très prudent dans sa tentative en Orient. Il l’avertissait de la difficulté de gouverner un pays dont la langue étail inconnue des Français et qui haïssaient les Latins, « car, disaitil, un bon prince ne doit pas tendre à détruire son peuple; s'il le voulait, il devrait lui arriver malheur et il ne pourrait le faire ? ». « Comment, ajoutait-il, y aurait-il union entre un peuple et un roi qui ne comprendrait pas sa langue; quant aux interprètes, outre qu'il est dangereux de se fier à eux, on ne trouverait pas un nombre suffisant d’interprêtes dignes d’être employés pour le gouvernement de l'empire, et, Grecs de naissance, ils seraient tentés de trahir les Français qu’ils appellent barbares. De même que les apôtres n'ont pu prêcher dans toutes les régions que parce que Dieu leur avait donné la connaissance de toutes les langues, de même, pour gouverner l'Orient, il faut que Charles, avant toute autre chose, se procure des conseillers et officiers français sachant le grec 5 ».
Le roi, sur le conseil de ses barons, au nombre desquels était Charles, ordonna au sénéchal de Carcassonne de faire envoyer du blé et du vin, autant qu'il serait possible sans vider le. pays, dans les pays où la disette étendait ses ravages . Au retour, le roi convoqua lost pour le mardi 19 mai, puis Charles fut chargé d’aller en Normandie solliciter l’aide : à sa demande, on accorda les six sergents par cent feux demandés par l’ordonnance de Château-Thierry 6. Il fallut en effet négocier avec