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la dot de Catherine, Charles songea à un des fils de Charles IT, roi de Sicile : Philippe, prince de Tarente !, Pour cette affaire, il envoya, en mai 1309, celui qui depuis dix ans était son fidèle négociateur, Guillaume du Perche ?, qui fut accompagné par Jacques de Saint-Samson *, La mort de Charles II (6 mai), interrompit momentanément les négociations. Guillaume ne revint pas de suite # et continua à s'occuper de ce mariage.
Les affaires d'Orient entrèrent alors dans une phase active : l'expédition envoyée par Charles tenta pour lui la fortune. Nous n'insistons pas sur le récit d'événements que nous avons retracés dans la monographie consacrée à celui qui a été le chef de l'expédition 5.
Pendant ce temps, Charles reçut à Crépy, et gratifia de cadeaux l'archevêque d’Andrinople qui vint faire un long séjour en France 5 : en revanche, il obtint du pape des commissions pour faire lever la décime, sans laquelle aucune entreprise ne se décidait. Clément V, de son côté, envoya au patriarche de Constantinople 1.500 florins d'or pour une affaire secrète, qui devait se
1. Veuf de la fille de Nicéphore Commène, épousée en 1292, et qui lui avait apporté le titre de prince d’Achaïe et de Morée. Sur son rôle en Morée, cf. Chronique de Morée (éd. Morel-Fatio), p. 114.
2. Compte de l'Orient, p. 71 ; ibidem, p.78 : « Richardin Piquardel envoié de Paris à Napples porter une lettre de la compaignie des Perruches a leurs compaignons a Napples pour monseigneur Guillaume du Perche, par le compte de l’ostel juques à la Touz Sainz cccrx, x1 L., vi s., vu A. p. forz. »
3. « Item a lui, environ l’Ascension cccix, pour aler avec monseigneur Guillaume du Perche au roy de Sezile, a court de Romme et a monseigneur Thibaut de Cepoy en Romenie, nu°1. p. forz. » Compte de l'Orient, p. 75. — C’est peut-être avec eux que Philippe de Mornay alla près du roi de Sicile, à une date qui nous est inconnue, ibidem, p. 77.
4. Le 17 juin 1309, il est encore dit qu'il était : « absent pour le voiage de Romme, ouilest, et de Puille et de Calabre », A. N., J 163%, n° 36.
5. Un capilaine du règne de Philippe le Bel, Thibaut de Chepoy, dans Le Moyen Age, 1897, p. 224-239. — Thibaut avait assumé la responsabilité entière du commandement; les événements d'Orient se rattachent donc plus étroitement à sa biographie, aussi les avons-nous traités à part.
6. Du 10 octobre 1309 au 28 mars 1310, il reçut des cadeaux pour une valeur de 390 1. p., et 10 livres pour le voyage de Crépy, Compte de l'Orient, p: 11
rattacher sans doute à l'entreprise de Charles de Valois !, et enfin adressa six frères mineurs au roi d'Arménie qui lui en avait fait la demande ?., Le doge de Venise, Pierre Gradenigo, accorda au pape, le 10 septembre 1309, la prorogation Jusqu'au {+ février 1310 de la date fixée pour le serment dû par Charles de Valois à Venise, d'après le traité d'alliance ?. Charles ne se hâta pas de quitter la France, mais il envoya encore de l'argent à Venise #, principal arsenal de son armée.
En même temps, il négociait le mariage de sa fille : le 1** février, Philippe IV donna rendez-vous à Troyes, pour l'Annonciation (25 mars 1310), à Robert, roi de Sicile, pour négocier le mariage de Philippe de Tarente avee Catherine de Valois ?. Mais les conventions antérieures avec Hugue de Bourgogne n'étaient pas abrogées, ce qui amena Clément V à refuser les dispenses nécessaires f. Philippe IV annula, le 6 avril 1312, les conventions conclues entre Charles et Hugue ?. Le pape, malgré son refus, n'en considérait pas moins Philippe de Tarente comme le candidat nécessaire : s'il exceptait les filles de Charles de Valois, dans une bulle de dispense générale permettant à Philippe et à ses enfants d'épouser toute personne éloignée de plus de trois degrés $, il chargeait l'archevêque de Rouen d'étudier les moyens de rompre les promesses faites à Hugue ?. Dès ce moment, le pape accordait à Philippe de nombreuses bulles pour favoriser l'extension de son influence en Orient 10, Pour faciliter ce mariage, Catherine, alors