Ibidem, p
Ce procès n’était que d'importance secondaire, les difficultés financières en amenèrent de plus graves. Pendant tout son règne, Philippe IV a vécu d’expédients pour faire fonctionner une administration plus perfectionnée que ses ressources ne le permettaient. De ces expédients, le plus fréquemment employé fut l'altération de la valeur nominale des monnaies. Ce moyen barbare causait de cruelles souffrances au peuple, et nous en trouvons l'écho chez les chroniqueurs bourgeois de l'époque !. Parfois même, des révoltes furent amenées par des actes de cette nature, par exemple l’émeute contre Barbette en 1307, que Charles de Valois aurait contribué, paraît-il, à réprimer par les pires procédés ?. L'autre moyen a été la confiscation des biens de ceux que la pénurie du trésor, et les lois de l’église qui interdisaient le prêt à intérêt, rendaient tout-puissants : les manieurs d'argent. Juifs, Lombards et Templiers, en firent successivement l'épreuve.
Pour faire apprécier l'importance des Lombards, citons une lettre de Charles de Valois à Barthélemi Diotaiuti, pour le prier de restituer à son clerc, m° François, médecin du prince de Tarente, archidiacre de Mende et prieur de Banassac, les fruits de ce prieuré perçus à tort par les gens du Lombard. Il lui dit : « Ja soit ce que par dessus les letres du dit nostre seigneur [le roi] nostre clerc dessus dit ne devroit pas avoir mestier dé nos proieres envers vous, toutes voies nous vous prions, ete ? ». Ces prières répétées méritent d’être signalées. Charles avait la réputation de favoriser les Lombards, en souvenir de la réception faite à Catherine, sa femme, par la ville de Sienne‘. La