Ch.-V. Langlois, Le procès des Templiers, p
6. Sur ce procès : Dupuy, Hist. du procès des Templiers; Boutaric, La France sous Philippe le Bel, p. 408-409; Lavocat, Procès des Frères et de l'Ordre du Temple; Ch.-V. Langlois, Le procès des Templiers; Holtzmann, OMC ACHAT:
J. Perir, — Charles de Valois. 9
suppression du Temple ne fut qu'une brutale spolation suivie de supplices odieux. Quant aux accusations de Nogaret, ce sont celles qui ont été ressassées contre Guichard de Troyes, Bernard Saisset et Boniface VIII, et qui serviront encore contre Marigny, Mahaut d'Artois et les cardinaux Caetani. Comme l’a dit avec raison l’illustre historien de Nogaret : « Impossible d'admettre
uw’il {Nogaret] ait été dupe des faux témoignages qu’il provoquait, des incroyables sophismes qu’il accumule. Dans l'affaire des Templiers, il est cruel et inique. L’horrible férocité qui caractérise la justice française au commencement du xiv° siècle, est en partie son œuvre ! ».
Le 12 octobre 1307, Jacques de Molay, grand-maître du Temple, assistait aux obsèques de Catherine de Courtenay, femme de Charles?; la nuit même, il fut arrêté, avec tous les chevaliers de son ordre résidant en France. Les biens du Temple, malgré les réclamations de Clément V, furent mis entre les mains du roi, et y restèrent. Mais il fallait que le pape consentit à cette spoliation, les Templiers n’étant pas hors la loi comme les juifs. Les États de Tours accordèrent au roi leur approbation, et des libelles officieux menacèrent le pape, s'il résistait, du sort de Boniface VIII, enfin le procès contre ce pape fut rouvert. Toutes ces questions furent agitées à Poitiers, en 1307 et 1308, entre le roi et le pape, dans des entrevues auxquelles Charles de Valois assista‘. Dans tout l’Europe, en Angleterre ? comme en Aragon6, les Templiers furent arrêtés, et chacun
songea à les dépouiller 7,
. Renan, Hist. Lilt., XXVII, p. 369.
. Cont. de Nangis, H. F., XX, p. 595.
. Renan, Hist. Litt., XXI, 482-5 ; XXVI, p. 293.
. Compte de l'Orient, B. E. C., 1890, p. 67-68.
. Rymer, B, p. 163 et 174.
. Arch. de Barcelone, Reg. d'Aragon, 334, fo 437.
. Le roi d'Aragon s'inquiète surtout de cela dans les instructions données à Jean Burgundi, envoyé près du pape. Il réclame les biens du Temple, demande quelle part il en aura, refuse de les donner à un autre
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Le pape dut se résigner à convoquer le concile de Vienne pour Juger les Templiers et, en même temps, pour préparer la croisade que tous ces fervents défenseurs de la Terre-Sainte se contentaient de faire contre le Temple !. Non pas que les projets ne fussent nombreux : Nogaret lui-même en composait ?, mais il n'y faut voir que des prétextes à décimes, et les actes contrecarraient les intentions qui paraissaient dicter ces mémoires et ces hibelles. En première ligne, les plaintes contre Boniface VIII : le pape, dans son entrevue avec le roi, dut, à la demande de celui-ci et des comtes d'Évreux, de Saint-Pol et de Dreux, qui accusaient son prédécesseur d’hérésie, convoquer les témoins qui auraient à déposer sur ce point #. Remarquons que Charles de Valois ne fut pas du nombre des accusateurs, et ne pactisa pas avec Nogaret, bien que le pape l’eût fait échouer lors de sa candidature à la couronne d'Allemagne, et n’eût pas hésité, au risque de le froisser, à donner la rose d’or à Enguerrand de Marigny #, un de ses ennemis. Or, l'importance de ce cadeau a été mise récemment en lumière 5 : dans les circonstances où se trouvait le pape, il devait avoir pour but de gagner à sa cause un légiste, tout en excitant l’animosité de Charles de Valois. Charles resta, avec désintéressement cette fois, l’allié du Saint-Siège et le partisan de l’apaisement. La faveur dont il jouissait près du roi rendait son appui efficace. Clément V, le 23 mai 1310, le supplia d'intervenir auprès de
ordre, car c'est celui-là que ses aïeux ont voulu doter, et demande qu'en cas d’absolution les châteaux des frontières restent du moins sa propriété, Reg. d'Aragon, 334, fo 137 v°; cf. aussi, ci-dessous, P. J., n° XII.