‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 174 sur 432 · Li Muisis, De Smet, IT, p · texte numérisé non relu

Li Muisis, De Smet, IT, p

pluies torrentielles, barrait la route de ses eaux infranchissables et inondait les campagnes. La terre était tellement détrempée par l'abondance des pluies !, que soldats et chevaux avançaient avec peine, et mouraient de faim et de misère. Les chevaux enfonçaient dans la boue jusqu’au-dessus des genoux, et il en fallait trente pour traîner un tonneau de vin ?. Louis X fut obligé de reculer avec son armée, sans avoir rencontré les Flamands: ceux-ci n’apparurent que pour piller les tentes que les Français avaient dû abandonner, faute de pouvoir les transporter ?. De Lille #, le roi se replia sur Tournai où les Français se réfugièrent si nombreux que l’on ferma les portes de la ville, aussi beaucoup durent-ils rester dehors 5. Louis X arriva affamé dans la ville, accablé par une de ces pluies flamandes dont le chroniqueur tournaisien dit qu'elles étaient telles, que « personne ne pouvait rester hors de sa maison © ». Au bout de quatre jours, le roi retourna à Paris, laissant la garde de la frontière à Gaucher de Chatillon, qui remporta quelques succès de peu d'importance 7.

Louis X mourut brusquement, le 5 juin 1316 8, dans la force de l’âge : on a vu quel rèle Charles de Valois a joué sous ce règne, et combien il s'écarte de celui que les historiens lui prêtaient. Loin d'être le féodal brutal et stupide de la tradition, Charles a été le conseiller dévoué de Louis X au milieu de difficultés causées par les trop rapides conquêtes de Philippe le Bel. Il

1. Ces pluies sont signalées par tous les chroniqueurs : Li Muisis, De Smet, Il, p.207 ; J. de Saint-Victor, I, F., XXI, p. 662; Geoffroi de Paris, XXII, p. 161. Cette campagne est cilée dans les comptes royaux, sous le nom de « l’ost boueux », Mémoriauæ, p. 179.

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