Arch. Pas-de-Calais, A
Philippe V rejeta ce principe dont il n'avait plus besoin, et, sacrifiant ainsi ses filles avec ses nièces, il prit le titre de roi et convoqua ses vassaux à son sacre pour le 6 janvier 13171. Comme pair de France, Charles de Valois devait tenir une grande place à ce sacre : en effet, parmi les autres pairs, le comte de Bretagne était indifférent, Robert de Flandre et Édouard II ? étaient hostiles; quant au duc de Bourgogne, bien que secrètement favorable, il était obligé par ses devoirs de tuteur de protester avec Agnès, sa mère, {et de refuser l'hommage. Pour Mahaut, Robert d'Artois et les nobles de son comté lui disputaient son droit, et son comté était, de ce fait, entre les mains d'arbitres : et cependant elle était le meilleur appui de Philippe.
Mais qu'allait faire Charles de Valois? Jusque-là, il avait prêté son appui au régent, au moins dans les affaires importantes : ce que suflisent à prouver les récits des historiens parisiens contemporains #, la version officielle ?, et enfin les déclarations de Jean XXII6. Mais il y a une part de vérité chez les chroniqueurs ? qui soutiennent le contraire : Charles a dû certainement feindre parfois contre Philippe une mauvaise humeur qu'ils ont exagérée dans leurs récits. L’attitude véritable nous est expliquée par une série de bulles contenues dans les registres de Jean XXII, et qui n'ont pas encore été utilisées : on y voit le pape supplier sans cesse Charles de ne pas refuser au roi l’appui prêté par lui tant pendant la régence qu'après le sacre 8 : ce
Servois, 0. c., p. 5#; Lehugeur, o. c., p. 79-81. Lehugeur, 0. c., p. 81.
Servois, 0. c., p. 67; Lehugeur, o. c., p. 81. Geoffroi de Paris, A. F., XXI,, p. 164.