‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 185 sur 432 · Ch. de Saint-Denis, 11. F., XX, p · texte numérisé non relu

Ch. de Saint-Denis, 11. F., XX, p

6. Il dit de Charles : « Tam eo tempore quo regentis gerebas officium quam eo quo recepisti regni Francie diadema et etiam in susceptione illius ubilibet astitit quam fideliter etiam in prestationibus homagiorum et aliis bonum ceteris exemplum prebendo se gessit... », A. Coulon, o. c., n° 349, ed. a

7. Chronographia, I, p. 231; Anc. Ch. de Flandres, A. F., XXII, p. 406.

8. A. Coulon, o. c., n° 349, 351, 358, 365, 503, 959, 973, etc.

DU

qui prouve qu'en apparence Charles servait le roi, mais qu’au fond on craignait une défection. Charles était retenu dans l'union avec le roi par la crainte des ligues en Anjou, mais d'autre part, voyant le roi faible, ayant contre lui la Bourgogne, la Champagne, l'Artois et la Flandre, soulevées par le comte de Flandre et par Robert d'Artois, il voulait vendre cet appui.

De là, à notre avis, cette attitude, incertaine en apparence, mais dont le but était très précis : que lui dit en effet Jean XXII, non pour le ramener dans le parti du roi, mais pour l'empêcher de le quitter? Le pape déclare accepter les raisons qu'il donne de son éloignement de l'entourage du roi !, mais les arguments dont il se sert pour le rapprocher du roi ne sont nullement politiques : après des appels aux sentiments d’un onele pour son neveu, il lui dit en propres termes : « Nous espérons, en effet, que le roi ouvrira les mains de sa largesse à tes besoins, et nous croyons pouvoir l’y amener par nos paternels conseils ? ». Et c'est là, en somme, comme on le voit constamment, le ben qui rattache Charles, criblé de dettes, et l’avouant d’ailleurs sans vergogne, à tous ceux qu'il eroit susceptible de les payer. Sous les rois précédents qu'il sentait forts, il s'était contenté de supplier : avec le nouveau roi, qui avait besoin de lui, il bouda la cour pour se faire payer plus cher son adhésion. Telle est toute l'explication des tergiversations qui ont rempli les années 1317 et 1318.

C'est dans ces conditions qu’eut lieu le sacre : la ville de Reims était fermée et gardée par des troupes imposantes ; sept pairs seulement (cinq pairs ecclésiastiques, Charles de Valois et la comtesse d'Artois) assistaient au sacre. Au grand scandale de tous”, Mahaut, seule pour représenter les pairs laïques, soutint

L. 14 août et 13 décembre 1317, A. Coulon, 0. c., n°s 351 et 358.

2. « Speramus enim quod rex et ipse tuis necessitabus manum liberali-

talis aperiet ad quod et nos, quasi ex nobis eum licet, ut credimus, ad id sincere paternis suasionibus inducemus.. », A. Coulon, o. c., n° 973. 3. Cont. de Nangis, H. F., XX, p. 617.

CHARLES DE VALOIS ET PHILIPPE V (re)

la couronne sur la tête de son gendre, dont le propre frère s'était enfui de la ville le matin même. Charles de Valois avait assisté au sacre ?, mais pourquoi n’avait-il pas porté la couronne ? M. Lehugeur nous semble tomber dans l’exagération, en voyant dans ce fait un défi?. Philippe V, que l’on sait si habile, auraitil vexé le seul pair laïque présent, surtout quand il faisait solliciter son appui par le pape ? L'imtiative du refus venait donc plutôt de Charles qui avait probablement soulevé quelque difficulté de protocole : il avait pu, par exemple, refuser d'admettre une femme à la pairie, puisqu'on ne les admettait pas à la royauté.

En tout cas, pour contre-balancer l'effet de ce sacre, le roi, bien reçu des bourgeois de Paris #, convoqua, en février 1317, une assemblée de prélats, barons, bourgeois et délégués de l'Université *. Tandis qu'Agnès protestait contre cette assemblée au nom de sa pupille, et réclamait le jugement des pairs 5, Philippe travaillait à se faire des adhérents ; il y réussit à merveille.

Les adversaires que pouvait rencontrer Philippe V étaient les royaux, les alliés et les Flamands : parmi les premiers, Louis

d'Evreux était toujours resté lié au roi qui lui avait accordé

4. Cont. de Nangis, ZI. F., XX, p. 617; Ch. Parisienne anonyme, XI, p. 26; après une véritable tentative de chantage, Lehugeur, 0. c,, p. 82. 2. Cont. de Nangis, H. F., XX, p. 617. Ch. était le 1# janvier au Vivieren-Brie, A. N., JJ 66, f° 37.

4. J. de Saint-Victor, ZI. F., XXI, p. 665; Ch. Parisienne anonyme, XI, p.28:

5. Viollet, o. c., p. 139; Lehugeur, o. c., p. 85. Cette dernière rendit une sentence en faveur du roi, thidem.

6. 10 avril 1317, Du Breuil, Style du Parlement, éd. Lot, p. 31; Jourdan, Index carlarum, p. 13; B. E. C., XLV, p. 74.

la pairie ! et de fortes augmentations domaniales ?. Charles de la Marche faisait une opposition d'autant plus inexplicable que l'exclusion des femmes pouvait lui être profitable *. Il cherchait sans doute un profit immédiat. Nous avons vu sa fuite brusque de Reims : depuis, il se tenait à l'écart, et Jean XXII conseillait au roi de le ramener à lui, par de bons offices et de bons procédés f. Ce fut ce qui arriva ?, et, le 17 mars, Charles de la Marche et Louis d'Évreux s'allièrent pour défendre les droits du fils aîné qui naîtrait de Philippe V6. C'était là prendre des précautions contre une usurpation plus grave que celle de Philippe V et en même temps contre une tentative de régence de Charles de Valois dans le cas de mort de Philippe. Charles de Valois, rallié au roi depuis longtemps, n'avait pas à figurer dans cet acte; mais il a probablement dù être froissé des préoccupations qui y perçaient.

Il faut voir dans cet acte une vengeance de Louis d'Évreux qui avait fiancé sa fille à Louis, fils du comte de Nevers 7, quand Charles offrit à Louis une de ses filles 8. Ce dernier mariage, projeté en 1308, avait été rompu, à cause de la révolte de Louis. Les pourparlers furent repris, Louis et Charles se rencontrèrent à Bonny-sur-Loire ?, le 28 février, et y renouvelèrent leurs conventions de 1308 10. Mais il fut décidé, le 1% mars, que Louis épouserait une des filles du troisième mariage de Charles, et non

Isabelle !!, Charles, s’engageait de plus, si le mariage ne se faisait

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