‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 29 sur 432 · janvier 1290, Rymer, [5, p · texte numérisé non relu

janvier 1290, Rymer, [5, p

5. Perpignan, 12 février, Rymer, [#, p. 62-6. Le 18 janvier, Alphonse s’excusait de ne pouvoir envoyer ses ambassadeurs à Perpignan, Rymer, B, p. 62.

6. 23 mai, bulle de commission ; 9 avril, notification à Charles, roi d’Aragon, Reg. de Nicolas IV, p. 626.

7. Philippe le Bel avait envoyé des sauf-conduits pour les envoyés de Sicile et d'Aragon, Arch. Bouches-du-Rhône, B 389.

8. A. N., J 164%, n° 55; J 587 n° 146; Muntaner, p. 384-5; Gesta comitum Barcinonensium (Marca Hispanica), ©. 571.

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J, Perir. — Charles de Valois. 2

en dot les comtés d'Anjou et du Maine, en échange de la renonciation aux royaumes d'Aragon et de Valence et au comté de Barcelone. Charles de Valois lâchait, dans ces conditions, l’ombre pour la proie, et ne pouvait pas, quoiqu’on en ait dit, être opposé à un semblable projet !. Aussi, tout marcha-t-il à souhait : le pape envoya les bulles de dispense dès le 24 mars 1290 ?, le mariage fut célébré à Corbeil le 16 août suivant*, et le contrat promulgué solennellement à Senlis, le 18, par le roi de Sicile #. Les clauses étaient celles-ci : si Charles renonçait à l’'Aragon et épousait Marguerite, l’Anjou et le Maine lui appartiendraient, ainsi qu'à sa postérité légitime, même née d'une autre épouse, comme s’il avait eu ces comtés de ses propres parents ; si Charles mourait sans enfants, avant Marguerite, celle-ci en garderait l’'usufruit, et les comtés reviendraient à sa mort à la couronne

4. Toutefois Nostradamus raconte à ce sujet l’anecdote suivante : « Charles de Valois qui devoit succéder au sceptre de France, étoit destiné pour estre mary de Clémence (son véritable nom est Marguerite, il confond avec la femme de Louis X), fille de Charles. Hyménée qui luy estoit assez agréable ; mais parce qu’il redoutoit quelque deffaict en ceste princesse comme si d’un père clochant devoit naistre enfant voyteux, on dit qu'il la fit visiter. Ceste princesse ayant une chemise de crespe tres fin et tres délié, à travers la tissure duquel on voyoit fort clairement toutes les parties de son corps et la teinture de sa peau, se mit d’une si merveilleuse grace a la despouiller et a se montrer toute nue, en proférant ces paroles : « Il ne sera jamais dit que pour une simple chemise je perde le sceptre de France », que cest acte fut estimé louable, généreux, héroïque et vrayement digne du courage d'une femme, qui ne tenant que du royal se recognoissait l’une des plus belles et mieux formées princesses de son temps. » Nostradamus, postérieur de plus de deux siècles aux événements, ne nous fournit aucune référence au sujet de cette anecdote dont le commentaire a été fait par M. Paul Meyer, Guillaume de la Barre..., p. 23-26.

2. A. N.,J 435, n° 7; Arch. Bouches-du-Rhône, B 389; Reg. de Nicolas IV, p. 1012. — Tous deux étaient arrière-petits-enfants de Louis VIII.

3. Nangis, 1. F., XX, p. 574; Ch. de Saint-Denis, XX, p. 6517; Gérard de Frachet, XXI, p. 10. Coïncidence curieuse : le 3 juin de la même année, le pape interdisait à Robert d'Artois, récent de Sicile, de marier avec le fils d’Andronic Paléologue, Catherine de Courtenay, qui sera la seconde femme de Charles de Valois, Rayn., XIV, p. 36.

4, A. N., J 410, n° 4 et 5; J 511, n° 7; B. N.; fr. 23164, fo 3 Dumont, Corps diplomatique, I!, p. 420; Martène, Thesaurus, 1, c. 1236.

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de France, même si elle avait des enfants d’un autre mariage. Si Charles de Valois ne renonçait pas à l’Aragon, il n'y aurait de changé que le retour de ces comtés à la couronne de Sicile, en cas de mort sans enfants de Charles et de Marguerite; enfin le roi de Sicile, qui se réservait l’aide pour le rachat de sa liberté, devait s'occuper de décharger les deux comtés, sur le produit de cette aide, des douaires de sa mère et de sa femme.

Ces conditions étaient magnifiques pour Charles de Valois, et pour la maison capétienne en général. Pour faciliter la conclusion de ce traité, Philippe donna Avignon au roi de Sicile ! à titre d'indemnité pour le lourd sacrifice auquel il avait dû consentir.

Mais il ne faudrait pas croire que pour autant Charles ait renoncé tout de suite à l’Aragon; le roi de Sicile n'avait pas obtenu son désistement, comme le montrent les stipulations du contrat ? qui prévoient la possibilité du contraire dans le cas où les difficultés au sujet de Majorque et de la Sicile resteraient pendantes. Charles de Valois, tout en entrant immédiatement en possession des comtés d'Anjou et du Maine*, garda son titre de roi d'Aragon, et, de part et d’autre on feignit de s'armer. Quant à Charles, il était sûr désormais de retirer un beau profit de l’affaire ; il avait, comme on dit, retiré son épingle du jeu. Une entrevue d’Alphonse et de Charles IT n’aboutit à aucun résultat, car le roi d'Aragon, après s'être soumis au jugement du pape, se dédit. Mais sa mort, arrivée en 1291, amena une détente ? : Jacques, son frère, quitta

4. Ce don était d'avance promis : « Quod cum nos per conventiones habitas inter nos ex una parte et magnificum principem... » Arch. Bouches-du-Rhône, B 390 et BB 2; Castrucci, Istoria della cilla d'Avignone, I, p. 153.

2. Quittance donnée en 1290 par Charles de Valois à Charles IT des archives des comtés d'Anjou et du Maine, Arch. Bouches-du-Rhône, B

3. Le 6 décembre 1290, Marguerite, veuve de Charles I°", renonça à son douaire moyennant une rente de #.000 1. sur le Temple, Armand Bellié, Recherches historiques sur le Maine (Le Mans, 1875, in-8), p. 1-22.

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