‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 30 sur 432 · Muntaner, p · texte numérisé non relu

Muntaner, p

de suite la Sicile qu’il laissait à Frédéric, troisième fils de Pierre d'Aragon, et vint se faire couronner roi, en s’engageant solennellement à ne pas séparer Majorque de la couronne !. Le pape se montra assez bien disposé pour la paix : il accorda des décimes”, mais il conseilla à Philippe IV de ne pas profiter du changement de règne pour recommencer la guerre *, et demanda à Charles, encore qualifié roi d'Aragon, un sauf-conduit pour les envoyés de Jacques d'Aragon. :

Toutefois, Charles sembla, en cette année 1292, vouloir entrer en possession de son royaume, ou du moins, par des tentatives activement poussées, inquiéter le roi d'Aragon, et l’amener à rendre Majorque et la Sicile. Le 15 janvier, Pierre Cornelli et ses fils se déclarèrent vassaux de Philippe IV, et promirent de servir « Monseigneur Charles », frère dudit Philippe, jusqu’à la Saint- Michel, sans solde, en Aragon, Navarre et Catalogne, contre Jacques, roi d'Aragon, à la réquisition du roi et du gouverneur de Navarre 5; le 2 novembre, le reste de la famille, en échange d'un prêt de 2.000 L. fait par le roi de France, ratifia ces conventions, et prit les mêmes engagements 6. Le 13 octobre, Charles, en s’intitulant toujours roi d'Aragon, donna pouvoir à Eustache de Conflans, gouverneur de Navarre, et à J. de Burlas, de recevoir en son nom les hommages de ses sujets d'Aragon, d'occuper les places qui se rendraient, d'accorder le pardon des torts faits tant à son père qu’à lui-même et de confirmer les privilèges et usages 7 : tout cela ne fut sans doute qu’une manifestation peu sérieuse.

Cette même année $ mourut le cardinal Cholet qui avait été si

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