‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 353 sur 432 · B. N., fr. 5284, f° 49 r° (A ppendice D · texte numérisé non relu

B. N., fr. 5284, f° 49 r° (A ppendice D

De N. ti nonTee £ Ibid B. N., N. acq. lat., 608, fol. 194 vo.

6, Ordonnances, II, p. 430,

de modération étaient considérés comme nuls par des agents trop zélés. Enfin il est évident que les libertés concédées étaient souvent vendues, et que c'était surtout par achat que justice était obtenue. Il n’y avait done aucune différence pour les vassaux, entre la domination du comte et celle du roi : nous avons fait remarquer en passant combien, dans leur organisation, elles étaient étroitement calquées l’une sur l’autre, et combien le passage d'agents d'un service à l’autre créait de solidarité entre les serviteurs du roi et ceux de son frère, C’est ce qui explique pourquoi le mouvement des ligues de 1314 a été dirigé en grande partie contre les apanagés, aussi tyranniques et moins forts que le roi.

A cette époque, jamais les apanagés ne se sont appuyés sur leurs vassaux contre le roi, dont ils étaient, au contraire, les plus zélés serviteurs. L'attitude des descendants de Jean II, qui s'explique par l'extension de leurs domaines hors de France, a dénaturé le rôle de l’apanage. Au début du xiv° siècle, l’apanage était un moyen de doter les cadets, mais aussi un excellent instrument de compression et d’unification. Le prince apanagé habituait ses vassaux aux procédés et aux formes du gouvernement royal : bien plus, ses agents éloignant plus encore du roi, sans supprimer les abus des agents royaux contre lesquels le comte était impuissant, devaient faire désirer une annexion définitive. L'apanage est devenu un danger quand il a été tourné contre le roi; mais sous Philippe le Bel aucun seigneur n'osait remuer ; les apanagés, qui lui devaient tout, et continuaient à attendre beaucoup de lui, étaient ses meilleurs serviteurs. Robert d'Artois, mort à Courtrai, le duc de Bourgogne, le comte d'Évreux et enfin Charles de Valois étaient les chefs des armées et les conseillers du roi, aussi étendaient-ils partout l'influence de la dynastie, et par conséquent de son chef.

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