Ibidem
5. Karl Hillebrand, o. c., p. 111 ; I. del Lungo, o. c., p. 190-197.
J. Pgrir, — Charles de Valois. 5
Charles envoya à Florence Guillaume du Perche, son chancelier ! ; il fut reçu par la Seigneurie, et fit plaider sa cause par un avocat de Volterra qu'il avait amené. Celui-ci dit que le sang royal de France était venu en Toscane pour faire la paix au nom du Saint-Siège, qu'il aimait la ville, et qu'on pouvait se fier en l'honneur de sa race pour être certain qu'il resterait juste et impartial. Plusieurs citoyens se précipitèrent alors pour parler, mais la Sergneurie le leur interdit : toutefois, il était évident que le parti guelfe l’emportait par le nombre et l’exaltation ?. Le Conseil consulta les soixante-douze métiers : tous, sauf les bouchers, déclarèrent que Charles devait être reçu avec les honneurs dus à un si noble seigneur. En conséquence, on promit à ses ambassadeurs de le recevoir, mais il devait s’engager, par une lettre scellée de son sceau, à respecter les usages et privilèges de la ville*. Dino ajoute ici que l’on demanda à Charles de ne pas faire son entrée le 1er novembre, jour de fête, où le peuple goûtait le vin nouveau, mais le dimanche suivant, 5 novembre, où les esprits seraient apaisés#. Si cette promesse fut faite, elle ne fut pas tenue; quant à la promesse de respecter les coutumes de la ville, et de n'y exercer aucune juridiction, Dino est formel à ce sujet : 1l la vit, la fit copier, et demanda à Charles de Valois si elle avait été écrite avec son assentiment : Charles répondit que oui, mais que ceux qui le conduisaient l'avaient amené de Sienne comme par force, et lui avaient donné 17.000 florins ; quant à lui, comme il craignait la colère des Toscans, il ne voulait avancer que prudemment, mais les Guelfes lui avaient tenu toutes sortes de discours pour l'exciter?. Charles de Valois, en effet, dans toute cette affaire de Florence, laissa agir le parti que le pape l'avait
1. V. sa biographie ci-dessous (Appendice C). — « Uomo disleale e cattivo quantunque in apparenza paresse buono e benigno », Dino, II, p. 146.