Dino, IT, p. 152; I. del Lungo, o. c., p
chargé de rétablir au pouvoir; mais, tout en lui prêtant l'appui de ses troupes, il resta toujours indifférent à cette cause qui ne l'intéressait pas.
Dino, alors prieur, essaya de faire la paix entre ses concitoyens pour présenter au prince étranger une ville unie, Il rassembla les citoyens au baptistère et leur dit : « C’est ici que vous avez tous été baptisés, vous devez donc vous aimer comme des frères, d’abord pour cela, et aussi parce que vous possédez la plus noble cité du monde; jurez donc sur les Évangiles une paix éternelle entre vous ! ». Ce serment prêté par acclamations ne fut pas respecté, et Dino le constate : les citoyens les plus émus furent les premiers à contribuer à la perte de la ville, il en rougit pour eux et sa cité, et verse d’abondantes larmes en songeant au nombre d’âmes damnées pour avoir violé ce serment.
Charles de Valois, parti de Sienne où il laissait Catherine de Courtenay, passa par Staggia?, château appartenant à Biche et à Mouche qui l’accompagnaient, et arriva enfin à Florence le mercredi 1% novembre 1301, dans la matinée’. Le peuple vint au devant de lui en procession. Charles arrivait avec des apparences pacifiques, et ses soldats entraient l'épée au fourreau, mais ce ne fut qu'une heure d’illusion, et peu après furent justifiées les imprécations que Dante met dans la bouche d'Hugues Capet : « Bientôt viendra un autre Charles hors de France, pour mieux faire connaître et lui et les siens, c'est sans armes qu'il sera, mais armé seulement de la lance dont frappa Judas ; de sa pointe il frappera Florence au ventre; aucune terre il n'en