Dino, I, p. 157; Villani, Muratori, XII, c
gagnera, mais péché et honte d'autant plus lourds qu'il estima plus légèrement ses torts ! ».
La trêve ne dura guère que quatre jours : pendant ce temps, Charles de Valois vit ses forces, composées au début de S00 hommes d'armes, se grossir des contingents de Lucques, de Pérouse, de Sienne et des environs, qui les portèrent à 1.200 hommes d'armes ?. Les prieurs avaient élu pour garder la ville quarante citoyens pris dans les deux partis; mais on se disputait à Florence, tant au conseil que sur la place publique, sur les affaires de la ville et sur les intentions du pape, pendant que des intrigues et des trahisons préparaient la chute des Gibelins 5. Charles de Valois avait invité les magistrats à venir dîner chez lui : leur serment leur interdisait de sortir de la cité; toutefois, pour le bien public, ils se décidèrent à envoyer trois d'entre eux au palais Frescobaldi, près du pont de Santa-Trinita, habité par Charles; les autres restèrent dans le Palais #. Malgré les rapports courtois, l'inquiétude régnait dans la ville, et Dino en rapporte l'écho. La trahison faisait son œuvre, et les prieurs trouvèrent vingt soldats qui devaient recevoir mille florins pour tuer ceux qu'on leur désignerait ?. Les Gibelins, sans argent ni troupes, se virent réduits à la dernière extrémité, bien que possédant encore les magistratures de la ville.
Les Guelfes gardaient de moins en moins de mesure en présence de cette faiblesse de leurs adversaires; mais, pour être sûrs de dominer la ville, ils désiraient rappeler les bannis. Dans le but de posséder les portes de la ville, Mouche conseilla à Charles de Valois de demander le droit de garder les portes de l'Oltrarno ; on lui en refusa les clefs, mais en permettant