C A R O L I NE
Je suis perdue.
VER.NEUÎL
Si vous étiez, k ma place , vous p vous me demandez ?
Charles.
Si vous étiez a^la mb-ane, vous conduinez-vous autrement? Képareriez-vous une faute par un crime? Vous laisseriez-vous intimider par de vaines menaces ?
Ver n e u I l père.
Ainsi donc ces menaces, loin de vous ramener a Votre devoir, irriîent un caractère fougeux , qni , dès ionp--tems ne conrioît plus de frein ? Charles, Charles, ce moment est le dernier qui vous reste vous en profiterez, si vos pas-, sions vous permettefit encore de rélléciîir.
J’ai résisté h vos larmes, jugez, mon père , si rien peuÊ m’ébranler,
VernnuîL père.
C’en est assez, je me montrerai aussi inliéxible que Je barbare, que rien ne peut amollir. Je le romprai , n’en doutes pas J ce nœud frivole que vous révérez 3 et que je méprisé^
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Aujourd^ui , aujourd’hui même, vos juges et les miens en^p tendront mes plaintes, et ils n’y seront pas insensibles. Caroline à part.
Il ne me reste que ce parti, et je suis décidé ( â Fer^ "neuil père.^ Epargnez-vous , Monsieur, une démarche inutile. C’est assez du mépris que vous ipe marquez, sans y ajouter lin éclat déshonorant pour tous trois. La loi parle en votre faveur, prohtez-ea sans l’inyoquer. Victime innocente , je •4Tie soumets, je me résigne au coup qui me menace. «d’armer le père contre le fils ^ je m’iniinoierai pour les réunir. Jamais l’aniôur ne me paria aussi haut en faveur de Charles qu’au moment où je le perds à jamais. Mais je lui impose silence, i’étouide ses plaintes et ses regrets. Charles étoit mon ép ux, le pouvois , je devois le croire. Je vous le rends. Monsieur,
est libre , et du moins vous ne l’arracherez pas de mes jjras,
Charles.
Caroline , que fais-tu ?
Caroline.
Ce que je dois. G’ést pour toi que j’ai abandonné mes parens et ma patrie, c’e.st pour toi que j’ai supporté la misère, je t’immole a présent ma répiiLation, ( à VerneuiL père, j Voilà le dernier de mes sacrifices. Monsieur, la mesure de l’infortune est comblée. Malheureuse de n’avoir'plus rien à ( ffrir à l’amantque j’adorai, et à l’époux qu’il faut que j’abandonne.
V E R N E U I L père à part.
Oue sa douleur est touchante ! pourquoi faut-il...
Charles.
iN’atteste pas l’amour. Il ne connut jamais ces sacrifices aC freux, dictés par la crainte, arrachés par la force. Si t:ja cœur , comme le mien...
Caroline.
Arrête , n’ajoute pa§ h l’horreur de ma situation. ËIi ! ne $ens-tu pas , ingrat, que l’état humiliant oii je me réduis pour toi, est la preuve la plus forte que je puisse* te donner de inon amour? (^ue l’amour seul est capable de ce dévouement absolu, de ce courage surnaturel , qui te rendent à toi-même et à ton père? 'Loi, qui ailois calomnier mon cœur, je mépriserois le tien, si lu doutois de ce qu’il m’en coûte pour remplir cet horrible «ieroir. ' " '
Il A Z I L E à V ernsuil père.
•jEt tout ça ii’volis émut pas. C’est incompréhensible.
V E R 'n E ü I L père , à Caroline.
Je commence à vous connoître et à yous apprécier. Votre délicatesse ne sera pas sans récompense. Je' me charge d® ■^otre bien-être , j’éieverai l’enfant malheureux...
Vous me connoissez , dites-vous, et vous croyez que içceyerai vos bieüfaiU ^ que je you^^ confierai lîia CécUq \
Moi , ')e melti'ois uu prix à mon lif-irieur, je livrerois mon à celui qui lui arrache son père : C’est alors que méritei^i'^ îiion sort. ÎNon, Monsieur, seule ignorée et pauvre, mais (Coiirugense et paLente, je ne devrai rien qu’à mon travail» J’éieverai mon entant dans cetle heureuse obscurité où i’oa cultive encore les vertus de la nature. Il apprendra de moà. à souîFrir s.ms ae plaindre^ à pardonner h .ses oppresseurs, et si je suis condamnée a pleurer sa naissance^ je vivrai pour répai er ma faute , et je mourrai sans remords, (ùù'/e sork)