SCENE I Yi
LES P R É C É D E N S ÿ C H A R L E Si
B A Z I L E ; entraînant Charles rers son père.
3uJ E v’ià ; Monsieur 5 repoussez -le si vous en aIreK 1#
Courage.
C H A R t E S , se jeltant aux pieds de son pèrel
Mon père î .
VerneÙil père 5 èe cacliant le Hsa^el
Lüissez-moi, laissez-moi.
V ous me rejetiez de votre sein ! Mon père ^ qüé Vous ài-jë fais ? , ^
V E R N Ê Ü I L père j; se fefournafit vêts son fils.
Ce que tu m’a fait, cruel enfant, tu oses me le demander? Dans quel état je le revois!.,., portant les livrées delà mi-f éère , manquant de tout , peut-être, ^ Ali 1 Charles! Charles!
Mon père ^ mon digne père ! ,
VerneuÎE père:
Viens-tu Uggraver mes chagrins, ou viens-tu les êlFàcèr I* .Mon cœur saigne en te revoyant, le n© peux supporter cef aspect, qui me tue. Tu me connoîs , ingrat dis Un mot; et mes bras te sont ouvertE.
Ordonnez; mon père. Je vous rèspècte, je fais plus, jd Vous aime tendrement. Il ïri’est aifreux de vivre loin de Vous,? Oue ne ferois-je pas pour regagner votre tendresse? Or-^ donnez, ordonnez. Je suis prêt à voüs sacrifier tout , toüt^ excepté la naturè et Phonneur,
y. E R N E U Ï'L père. , ■ ,
Charles , tu vois ma foibîesse : j’aurois voulu te la cacher en vaîrrj J^ai imposé silence à ton frère , j’ai résisté à ton ami ; mais mes' forces sont épuisées, et jè me montre tel que jè suis. Je ressens à*2 îa-foistes douleurs et mes peines ; leur réunion est trop forte ^ je ne puis la soutenir. Mon ami, ayes pitié de ma viellesse^ ne me fais pas descendre au tombeau avant le tems , in’oblige pas à m’armer contre, mon sang^ à faire retentit les tribunaux de mes plaintes , a t’accabler enfin, quand tu peuij te rendre encore. Vois mes Wnies ^ elles çoulent devant tqij
et je n’^ea mugis point. C’est un tribut que m’arrache la nature , et tu n’y seras pas insensibîe.
Charles.
Malheureux! qu’ai-je fait? J’ai porté la mort dans le sein inon père. Mon père , pardonnez-moi.
V E R ET E U I L père.
Ah! qu’ai-je dçsiré ^ quq de pouvoir t’absoudre ?
iJ A Z I L E,
VoLis le voyez , m’s amis ; dans ce monde i’n’sagit que d® «’enlendre.
; Charles.
Livrez-vous a toute votre bonté ^ mon père , reconnoissejÿ *aa femme , adoptez mon enfant.
V E R N E U î L père^ se détournant, ■
Je ne le puis ^ je ne le puis.
Charles.
Vous. le ferez., midn père, .si je vous suis cher encore,,
V E R N E U I L pere.
Charles^ tu veux abuser de mon état, me contraindre s line démarche ^qiie. je rétracterois dès que je serois rendu h moi-même? Oueile est donc la tyrannie des passions , quelle est donc leur.yioience ^ si elles nous égarent ainsi, i . .. , C h^AR L E.S. (■*)
- Oui;, mes passions m’ont égaré , mon père , j’en fais l’aveiî devant vous'. Mais elles m'égarerent b un âge où on ne connoît pas le danger. Elles nj’ég.arèrent quand j’osai adresser à Caroline les premiers vœux de cet amour que vous avez condamné, Toilk mon unique faute, laseuledont je puisse me repentir. Mais une enfant, arrachée à ses parens^ entraînée dans une terre étrangère , des; sermens que vous avez prescrits , mais que î’aCprononcé dans toute la fqrvçur de mon ame, mon exactitude à les observer, ma, constance envers mon épouse, me. tendresse envers mon enfant , sont-çe là des liens frivoles que 3e respect filial doive annuller,que votre sévérité puisse rompre? yeus m’ordonnez d’être enfant soumis , et vous me défendez d’être père î II faut admettre tous les devoirs du sang ou les rejetter tous également. Foibles et innocentes créatures , '' dont l’une s’est confiée k moi, dont l’autre me doit l’existence je tiens à vous plus qu’a la vie, et jamais je ne vous abandonnerai, j’en atteste le ciel , ce ciel, témoin de mes promesses. Que ses malédictions m’accablent, que sa main toutepuissante s’appesantisse sur moi , si des préjugés l’emportent sur l’honneur, et si la tyrannie fait taire la nature.
(*) 'Pendant ce cou-plet ^ Pazile sOTt^ amène Caroline^ etjm Reconduit à. Iq 3]\ 4^ scène Fr
Ve
ALHEUREUX! qu’as-tu
un père qui va au-devant de toi , qui ne profère que des paroles de paix, qui la porte dans son sein, et qui veut la faire passer.dans le tien. Scds^u que j’ai f.dt tout ce que tu pouvois attendre d’un pere indulgent et sensible , que le mépris de mes bontés va rallumer les sehtimens de vengeance que je voulois étoulier? Ne crains-tu pas, fil» ingrat et dénaturé, que la malédiction du ci'^i, cette malédiction que tu as ne soit précédée de la mienne ?
Car-OLi N E, â part.
Ah î malheureuse I