‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 114 sur 274 · RÉVOLUTION DU 24 FÉVRIER · texte numérisé non relu

RÉVOLUTION DU 24 FÉVRIER

Leur gouvernement excitait le soupçon, Tenvie, le mépris, bref toutes les passions sordides, excepté la crainte. Il ne pouvait durer... »

Faute de concessions opportunes, dont une des moins utiles n'était pas V adjonction des capacités dans le pays légal, Guizot laissa perdre une forme de gouvernement où l'évolution du progrès était cependant possible, comme le démontre la constitution anglaise qui en était le modèle, et où la France eût sans doute fait l'économie de la rude épreuve de 1870.

« La déj)êche * annonçant la proclamation de la République a été accueillie, dit le National du 1" mars 1848, avec ivresse à Montpellier.

« Le comité électoral de l'opposition s'est adjoint quelques citoyens et a nommé une Commission départementale', qui a pris les rênes de l'administration des mains de M. Mallac, préfet, et donné lecture, du balcon de l'Hôtel de ville, de la dépêche du gouvernement provisoire. Les cris de : Vive la République! ont été poussés par des milliers de voix. »

Cet immense cri d'allégresse dans les masses était le résultat des éloges les plus dithyrambiques du nouveau régime. A côté des naïfs qui crurent de bonne foi à la venue d'un âge de justice, d'équité, de bonheur, disons le mot, il y eut les habiles qui, surpris et peut-être attérés tout d'abord, se ressaisirent ensuite et se rallièrent ostensiblement, acclamant la République plus haut et plus fort que les autres, soit qu'ils donnassent des gages pour rester en place, soit qu'ils cherchassent la popularité pour en acquérir.

A Montpellier, la joie publique se manifesta par une grande fête sur le Champ de Mars, pendant la journée du dimanche •j mars 1848.

w Cent-un coups de canon* annoncent la solennité du jour. A midi, les autorités constituées et les fonctionnaires de tous les ordres se sont réunis à la préfecture; la garde nationale, plusieurs compagnies du génie et de la ligne formaient la haie,

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