CHANCEL SUCCESSEUR DE GERHAHDT
En voici des extraits :
Demande : On dit que vous ôles le frère de Napoléon Cliancel, que vous partagez toutes ses opinions politiques, que vous avez pris part aux événements de 18i8?
Réponse : Non seulement je ne suis pas le frère de Napoléon r.hancel, non seulement il n'existe aucune parenté, môme la plus éloignée, entre lui et moi, mais bien plus, quoique du même département, je ne 1(» connais en aucune façon. Quant aux événements de 1848, je n'y ai pris d'autre part que celle (le spectateur, comme tout le monde.
Demande : On vous accuse de vous être trouvé à la tète des «Mivahisseurs de l'Assemblée au 15 mai?
Réponse: La chose est matériellement impossible, attendu <iuc ce jour-là, 15 mai 1818, je me mariais en Poméranie.
Demande : Comment et à quelle époque avez-vous fait la cmnaissance de M. (îerhardt?
Réponse: Je l'ai connu par des relations scientifiques à Paris, surtout par l'intermédiaire de M. Laurent, longtemps avant les événements de février.
Demande : Où logiez-vous à l'époque de la Révolution?
Réponse : Dans les bâtiments de TEcole des Mines.
Demande : Faisiez-vous partie de la garde nationale?
Réponse: Oui.
Demande: De quelle légion?
Réponse: De la 12% où se trouve l'Ecole des Mines.
M. Lesieur fait observer qu'il est malheureux d'avoir fait partie d'une pareille légion, qui avait fait le IS mai.
Demande: Aviez-vous un grade dans la garde nationale ou vous êtes-vous porté candidat pour en avoir un ?
Réponse: J'ai toujours été simple garde national, et n'ai Jamais demandé aucun grade.
M. Lesieur fait observer que c'est là une circonstance heureuse, puisqu à cette époque il suffisait de promettre de jeter l'Assemblée par les fenêtres pour être nommé officier.
Le susdit bureaucrate termine cet interrogatoire en disant a (^hancel qu'il trouvait dans ses réponses une certaine hésitation^ qu'il n'était pas convaincu que lui, Chancel, n'avait quelque faute politique à s<^ reprocher, que c'était cependant néces-
LA VIE DE CHAULES GEHHARDT
avait h nommer un
saire pour le ministie de savoir s'il véritable ami de Tordre.
L'autorité tint parole. Le ministre de Tlntérieur fit faire une enquête approfondie par des agents secrets au service du préfet de rilérault*. Enfin, après environ une année d'attente, lo 25 février 18S2, (^hancel fut nommé titulaire de la chaire do chimie en remplacement de Gerhardt.
l4i maladie
de Laurent
s'aggrave.
Ses derDÎers
travaux.
Pendant que Gerhardl organisait son laboratoire et travaillait avec une ardeur nouvelle h ses cours, son pauvre ami Laurent allait chercher dans le pays de sa femme, h Luxembourg, le grand air et le repos dont ses poumons avaient tant besoin. Son sort commençait à être connu des savants de l'Europe, et ce n'était qu'un cri contre un tel abandon.
J espère recevoir bientôt de meilleures nouvelles de Laurent, que j'estime beaucoup, écrivait Erdmann*, bien qu'il ne m'ait pa.s toujours témoigné de ramitié. 11 est vraiment déplorable que Toa no donne pas une position sortable à un homme d'un tel talent. J'en ai à peine cru mes yeux lorsque j'ai lu qu'il n'avait pas de laboratoire. Ckîla n'honore pas les gros bonnets de Paris...
J'ai reçu, il y a déjà quelques mois, écrit Williamson ', une lettre de Laurent, et tout récemment la visite d'un de ses amis, M. Kramer. Il paraît qu'il va bien mal. Mais sitôt que je reviens à ce sujet j\ prouve une vraie horreur de ses oppresseurs.
Du même*: J'ai eu l'autre jour une visite de M. Rousseau, qui me dit du mal de la santé de Laurent. C'est vraiment bien triste qu'un tel homme se meure de la sorte !...
A l'automne, Laurent ne put pas rester à Luxembourg, il dut revenir h petites journées, rappelé du reste parce qu'il était menacé de perdre l'intégralité de son traitement. Chose triste à dire, on spéculait sur sa santé, sa place était guettée honteusement. Ne venait-on pas de nommer le fils de Dumas comme