‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 175 sur 274 · Lettre de Gerhardt à Chancel, du 6 décembre · texte numérisé non relu

Lettre de Gerhardt à Chancel, du 6 décembre

3. Uq autre traducteur s'était offert à Gerhardt, qui devait devenir un des plus grands continuateurs de son œuvre.

Le D*" Rekulé, par lettre en date du 20 novembre 1853, en envoyant à Gerhardt la copie d'un mémoire sur la nicotine comyne hommage de respect et petit signe de reconnaissance de Vaccueil cordial reçu lors de son séjour à Paris^ lui exprimait son étonnement d'apprendre la publication de son Ti^aité alors qu'il l'avait vu si occupé de recherches de laboratoire, et lui offrait de le traduire si, pour l'encourager, Gerhardt s'arrangeait de manière que l'édition allemande parût en même temps que la française.

écrit une lettre un peu verte dont j ai la copie*. Liebig pense qu'un arrangement est immanquable; il croit que mon livre aura en Allemagne un succès bien plus grand qu'en France.

Demain matin, à six heures, je partirai pour Leipzig, où je compte trouver de tes nouvelles; je traverserai en passant Nuremberg, où habite mon traducteur. Le convoi s'y arrêtant une heure, j'ai écrit aujourd'hui à Wagner pour lui signifier mon ultimatum, et pour l'engager, s'il accepte, à se trouver sur le passage du convoi.

Je ne dînerai pas chez Liebig, car il a chez lui, très gravement malade, une jeune personne de Liverpool qui est en visite chez sa fille.

La bière de Bavière est excellente, mais la cuisine est affreuse. Deux ou tr is degrés au-dessous de zéro et de la neige sont aussi des conditions très peu agréables pour un oiseau de passage...

Leipzig, 16 décembre 1853.

Mes affaires sont terminées à mon entière satisfaction. Je viens de signer le traité avec l'éditeur allemand, et ce traité m est même plus avantageux que celui que j'ai avec Didot, pour la deuxième édition du moins...

J'ai reçu d'Erdmann l'accueil le plus cordial. Toute la famille m'a sauté au cou; c'a été une véritable fête... Demain soir dimanche, je quitte Leipzig pour retourner à Paris par Francfort. Je compte m'arrêter un jour à Giessen, en passant. J'y arriverai lundi soir pour y coucher, et je repartirai pour Paris mardi soir ou mercredi matin.

Rentré k Paris, Gerhardt apprenait ii Liebig Tissue heureuse de ses négociations, facilitées d'un autre côté par la concurrence de deux autres libraires qui avaient aussi publié Tannonce d'autres traductions de ^ouvrage^

Il n'est pas possible de ne pas être frappé de celte visite en Allemagne, où Gerhardt revit avec émotion les maîtres de sa jeunesse, h trente-deux mois seulement du jour où devait éclater la nouvelle de sa disparition de la scène du monde.

Page 1