TRADUCTION ANGLAISE DU TRAITÉ
Celle revue suprême des personnages du début de sa vie, auxquels il apporte, à Tun son affectueuse tendresse, — à celui qui, dans ses lettres, s'appelait son père nourncier; — à Tautre sa loyale main tendue, malgré quTTeût été un instant assez méconnu pour être publiquement vilipendé par lui, cette revue semble Tavertissement obligé du dernier acte dans le drame de cette vie si laborieusemeut remplie.
Du moins rentrait-il après avoir eu la vive jouissance du contraste de sa situation d'alors et de la perspective du chemin parcouru depuis dans la science, chemin dont il avait plus que tout autre contribué à niveler les aspérités, combler les lacunes, débarrasser les obstacles, et dans les bordures duquel il avait percé des jours sur des vues nouvelles ou laissé entrevoir de lointains horizons.
L'Allemagne n'était pas seule à vouloir posséder en sa langue le Traité de Gerhardt. Le mouvement scientifique nouveau avait été suivi en Angleterre, noiamment par Williamson, avec une sympathie non équivoque, et sans cet esprit d'àpre jalousie qui l'avait accueilli dans les débuts en Allemagne comme en France.
La Société royale de Londres semblait, d'ailleurs, mettre de la coquetterie à recevoir les savants franc^ais, car c'était l'époque où l'esprit public de ce pays, pris d'une sorte d'engouement pour l'alliance française, était naturellement porté à favoriser les relations professionnelles.
Les marques de cet esprit amical qui fait si tristement contraste avec la raideur des savants de notre pays sont bien apparentes dans la lettre suivante de Gerhardt k AVilliamson, du 24 juin 1833 :
J'ai vu l'autre jour M. Ville* à son retour d'Angleterre : il m'a parlé avec enthousiasme de l'excellent accueil que vous lui avez fait, vous
Traduction anglaise du
Traité de Gerhardt par Odling.
1. Georges Ville, né à Pont-Suiot-Esprit (Gard), le 2i mars 182i, mort le 22 février 1891 à Paris. Entré foi t jeune comme préparateur dans une pharmacie à Lyon (1838), il étudia la chimie et fut reçu premier au concours d'internat de pharmacie à Paris. Elève de Regnaull, il s'adonna à la chimie végétale et fit faire des progrés considérables à cette science, notamment par ses belles démonstrations aux champs d'expériences de Vincennes. L'agriculture lui doit plus qu'à
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et vos confrères, ce qui ne me surprend nullement : il m'a aussi fait part des paroles luenveillantes qui ont été dites sur mon compte dans vos réunions.
Ce dernier point, je dois le dire, me cause un bien vif plaisir, et je vous en exprime toute ma reconnaissance. J'ai bien besoin de ces encouragements, car, vous le savez, ils me manquent entièrement ici. M. Ville se trouve, d ailleurs, dans une situation semblable*. 11 n'a pas pu obtenir encore de rapport sur son travail parce que celui-ci contrarie certaines sommités de Tlnstitut. Je connais depuis longtemps les appareils de Ville, je connais aussi sa manière de travailler, et je fais le plus grand cas de ses expériences. Jamais on n'en a fait sur la végétation ni d'aussi bonnes ni d'aussi étendues.
Je suis cbarmé qu'il ait trouvé en Angleterre des appréciations plus éclairées que chez nous.
Aussi dès que le premier fascicule du Traita de Gerhardl parut, roçut-il à Londres un accueil tlatleur*, et le chimiste Odling fit-il exprès le voyage de Paris pour obtenir raulorisation de le traduire en anglais.
J'ai chargé l'ami Odling de mille compliments pour vous, écrit-il le 2 janvier 185i, à Williamson. Il vous dira que je suis toujours fort occupé de mon livre, et que nous nous sommes entendus sur la traduction qu'il compte faire. Je m'en rapporte entièrement à vous ({uant à la question des droits d'auteur dont je n'ai fixé le chiffre ((ue provisoirement, étant tout disposé à accepter les modifications que vous jugerez convenables... Si vous me placez îivantageusement l'édition anglaise, je compte bien venir vous serrer la main à Londres.
('e voyage était, en elTet, l'objet de son vif désir, Williamson
tout autre les méthodes rationnelles d'emploi des engrais et des procédés scientifiques de culture, développés avec talent dans ses cours au Muséum, où il n'a cessé de professer depuis le 4 mars 1857.
1. Dans une autre lettre de Gerhardt à Williamson, Gerhardt revient encore sur les mérites de M. Ville : « Je suis bien enchanté que vous n'ayez pas oublié Ville, car il a gardé de vous un souvenir excellent, et nous avons très souvent parlé de vous dans nos entretiens. Pour moi, je souhaite de tout mon cœur qu'il reçoive de l'Angleterre, pour ses travaux, les témoignages d'estime qu'il mérite à un haut degré. Ville appartient à cette catégorie de jeunes savants dont la jalousie et la malveillance cherchent à arrêter la carrière, ce qui serait d*autant plus fâcheux que, par sa position. Ville est en mesure de nous rendre service à tous. D'ailleurs, vous avez pu voir vous-même que ses travaux ne sont pas une œuvre improvisée; pour mon compte, je ne saurais vous en dire trop de bien. - (8 novembre 1853.)