Lettre du D^ Kern à Gerhardt, du 2*2 septembre I8ji
Gerhardt alla voir M. Flourens, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, comme pour le consulter : Quoi! nous quitter^ sécria-t'il^ quand la première place vacante à finstilut est pour vous! car qui peut concourir avec vous? Et Taimable secrétaire donnait force arguments mêlés d'éloges pour le dissuader de donner suite h cette offre.
Gerhardt se décida d'attendre le retour des vacances, lorsque les sommités comme Dumas, Thenard, Pelouze, etc., seraient rentrées, et, sur le conseil de Chancel, pour gagner du temps, il fit une demande au gouvernement pour obtenir Tautorisation d'accepter une position à l'étranger.
^S'fhafref Cette demande avait surtout pour but d'exposer sa situation à Strasbourg, j^^^^ yç^x dcs hautes autorités : l'Institut ne pouvait pas manquer d'être informé et peut-être les quelques amis de Gerhardt qu'il y comptait feraient-ils un effort pour mettre un terme k l'injustice sous laquelle il menaçait de succomber. En effet, peu de temps après, au commencement de novembre, Dumas, rencontrant Gerhardt dans le couloir de l'Institut, vint à lui avec les démonstrations d'intérêt les plus chaudes , lui annoncer que deux chaires de chimie étaient vacantes h l'Académie et h l'Ecole de pharmacie de Strasbourg, qu'elles étaient pour lui, que la situation dans cette ville était magnifique, les laboratoires excellents, très suivis de nombreux élèves, dans une région éminemment propre à un brillant enseignement, que Gerhardt, rentré dans sa ville natale, y prendrait une haute situation, il formerait le trait d'union de la science entre la France et l'Allemagne, etc., etc.
Gerhardt demanda quelque temps pour réfléchir. Dumas revint k la charge et présenta sous les couleurs les plus vives les avantages de la situation, si bien qu'en définitive Gerhardt promit son acceptation.
A quelques jours de là, Dumas, le rencontrant de nouveau à rinstitut, lui tint un long discours sur ce que le ministre Fortoul n'était pas partisan de cumuler les^ deux chaires sur la tête d'un seul professeur, que les choses n'iraient pas toutes seules si Gerhardt insistait, et qu'après tout les avantages moraux ne seraient pas bien différents, ni sa situation scientifique dimi-