‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 189 sur 274 · DERNIER SÉJOUR DE GERHARDÏ A PARIS · texte numérisé non relu

DERNIER SÉJOUR DE GERHARDÏ A PARIS

sent en ce moment avec le plus grand empressement des villes moins richement dotées sous tous les rapports. Recevez, etc.

Signé : Delcasso.

La conception de ce Laboratoire académique a trouve de nos jours une réalisation pour ainsi dire littérale du programme d«» Gerhardt, notamment dans les instituts de chimie de Nancy et de Montpellier.

Il est bien évident qu'en centralisant dans chaque Académie, aujourd'hui chaque Université, les établissements et le matériel si dispendieux d'un laboratoire de chimie, ainsi que le personnel indispensable au nettoyage des Salles, entrelien et emmagasinage des matières, et à la préparation des cours, ou doit réaliser des économies notables sans diminuer en rien le domaine propre à chacun des professeurs des différentes Facultés.

Ce projet si activement élaboré, avec l'assentiment et même l'encouragement des autorités, ne devait pas avoir de suite; et dès l'année suivante ce beau feu s'affaissait, comme éteint; Gerhardt n'en entendit plus parler.

Les deux mois de séjour de Gerhardt à Paris se passèrent partie en compagnie de son ami Chancel, qui était venu le rejoindre de Montpellier, et avec lequel il poursuivit des recherches de laboratoire, partie en famille avec sa belle-mère, M"* Sanders, et son beau-frère, le D' Sanders, d'Edimbourg, venus h l'occasion de l'Exposition universelle de 1833.

Il trouva le temps de rédiger un grand mémoire sur les Amides, sur lequel Dumas lui promit de faire h bref délai un rapport h l'Institut.

Enfin, il fallut se résigner à quitter définitivement Paris, et, le 22 septembre au soir, Gerhardt emmenait toute sa famille par l'express de Strasbourg.

Dornior séjour de Gerhardt

à Paris.

Exposition

univcrs«llo

de lSr>:>.

Gerhardt avait loué un appartement situé au premier dans Retour avec une maison neuve imitant les constructions de Paris, au n° 34 à Strasbourg. de la rue des Bouchers, à quelques pas des deux portes

(l'Ausleriitz et de l'Hôpital. Cette demeure était k portée des promenades sur les remparts qu'il affectionnait, et où il allait souvent en famille, le soir, chercher quelques distractions à ses longues journées de travaux.

Parfois, surtout dans les débuts, il se prenait à devancer le groupe bruyant de ses enfants, en paraissant profondément absorbé, ne voyait plus leurs jeux et ne répondait pas à leur appel; tous respectaient alors religieusement cette méditation. Puis un éclair illuminait sa figure, la joie revenait avec les ébats auquels alors il redonnait de l'entrain. C'était le moment précis où il songeait à ses fameuses Généralités, Une poussée avait surgi, soudaine, impérieuse, il fallait la suivre; puis l'ayant dominée, asservie, précisée et notée, il revenait donner aux siens la joie de son animation.

Nous nous installons peu à peu ici, écrit-il, le 13 octobre, à Chancel, et je crois que nous nous y plairons. La vie est bien meilleur marché ici qu'à Paris et à Montpellier; bien des choses de première nécessité, comme des vivres, ne coûtent que le tiers ou la moitié, et la qualité est excellente.

Je me suis rais depuis une quinzaine à piocher mes GénéraliU^s; j'y prends goût et je crois que je ferai quelque chose qui vous plaira.

Nouvelles Mais cc travail ne devait pas se faire paisiblement. Par une

attaques , . , ...

deLiebig. sortc de ténacité vraiment extraordinaire, Liebig reprenait contre Gerhardt des attaques injurieuses toujours au sujet des éternels mellonures :

Je ne connaissais pas encore Tarticle de Liebig, répond-il à Chancel % mais je viens de me procurer le numéro de septembre et je Tai lu. C'est, comme vous dites, ignoble. Et songez que depuis mon entrevue avec Liebig, il y a deux ans, époque à laquelle il connaissait déjà ma deuxième livraison où se trouvent les mellonures (car nous en avons parlé), nous avons été en correspondance, et je n'ai pas publié une ligne sur la question. De plus, ce qui se trouve dans mon livre n'est que la reproduction des formules données en 1851 dans mes Comptes rendus I

Liebig est évidemment furieux du progrès qu'il voit faire aux

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