‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 209 sur 274 · lOO 0 = 16 C= 37, 5 G= 6 H= 6,25 H= i · texte numérisé non relu

lOO 0 = 16 C= 37, 5 G= 6 H= 6,25 H= i

2. Gerhardt employait le mot d'équivalent dans le sens de nombre proportionnel et non pas dans le sens de la notation en équivalents. 11 dira ainsi que l'équivalent de l'eau est 11*0* au lieu de H*0.

LES PREMIERS TRAVAUX DE GERHARDT 32i

même celui de l'eau est H*0', celui de l'ammoniaque Az»H*. Il formule alors sa première proposition.

Toute substance organique, en se décomposant sous Tinfluence d'un agent chimique, dégage les éléments de C*OS de H*0*, de Az^H*, ou un multiple de ces quantités; ces éléments se séparent ou de la substance seule, ou collectivement de la substance et de Tagent qui la décompose.

C*0*, H^O^, Az^lP, représentent, ajoute-t-il, des volumes égaux d'acide carbonique, de vapeur aqueuse ou d'ammoniaque.

Ainsi, il introduit dès lors dans la chimie l'idée qui nous parait aujourd'hui si simple et si indispensable de ramener les formulés de tous les corps volatils à un même volume de vapeur, de comparer ces corps sous une même grandeur.

De cette transformation de la formule de l'eau, il tire une conséquence plus grave, qui va lui permettre de combattre la constitution dualisti^ejles^acides. ^^

L/acide acétique, par exemple, était considéré comme résultant de l'union d'un acide acétique anhydre inconnu, C*H*0% et d'eau H*0; celte formule C'H*0*,U*0 était rapportée h quatre volumes de vapeur. Gerhardt, admettant que l'équivalent (nombre proportionnel) de l'eau soit H*0*, si l'acide acétique est C*H*0*, fait remarquer que l'acide acétique ne peut être considéré comme un acétate d'eau, puisqu'il ne renferme pas H*0% mais un demi-équivalent H*0.

En ramenant les formules des corps organiques h un même volume de vapeur, il double la formule de l'éther oxalique, et arrive à modifier celle de l'acide oxalique que l'on écrivait C*0',H*0 (G = 6), et dont il fait un acide bibasique en l'écrivant C*H*0' (4 volumes), formule qui, ramenée à deux volumes, et le carbone avec une valeur de douze, sera notre formule actuelle C*H*0*. A l'appui de cette nouvelle formule, il fait valoir que l'acide oxalique n'est pas volatil et qu'il est certainement plus complexe que Tacide formique, comme le montre Faction comparée de l'acide sulfurique, qui, avec le second, ne donne que dé l'oxyde de carbone et de l'eau, tandis qu'avec l'acide oxalique il se forme en plus de l'acide carbonique.

Ce sont déjà, on le voit, d'importantes conséquences qui découlent de la première proposition de Gerhardt, mais le jeune

réformateur va en déduire de plus importantes encore en modifiant les nombres proportionnels des corps simples.

Quand il compare les formures rapportées â quatre volumes de vapeur, O0\ C*0% H*0% il observe que jamais il ne s'y trouve une quantité d'oxygène inférieure à 0* ; aucune ne renferme un seul atome ou équivalent d'oxygène, ou un multiple de 0 par un nombre impair.

Il en conclut que le nombre proportionnel de Toxygène doit être doublé. Ici, il emploie un raisonnement assez obscur," car après avoir montré que la quantité d'eau qui s'élimine dans la réaction est H*0% formule dans laquelle H = 6,25 et 0 = 100, il raisonne avec H = 12,5, et dit que H étant 12,5, l'équivalent de l'oxygène doit être doublé et égal à 200 : dans les deux cas, le rapport est de 1 à 46.

Ce qui amène cette obscurité dans le raisonnement, c'est toujours l'emploi du mot équivalent, tantôt dans le simple sens de nombre proportionnel, tantôt dans son véritable sens, avec la notion d'équivalence. Gerhardt, sans qu'il le dise expressément, voulait combattre la notation HO, qui avec H = 12,5 faisait 0 égal à 100, H étant, d'après la définition, l'équivalent de l'hydrogène, c'est-à-dire la quantité qui se combine à 100 d'oxygène.

Dans la formule de Berzélius H*0 (H étant 6,25), H* ou le symbole barré H représente un équivalent. Il s'ensuit que si l'on fait dans H*0 la valeur de H égale à 12,5, H* représente un équivalent s'unissant à 200 d'oxygène ; c'est ce qui faisait dire h Gerhardt que l'équivalent de l'oxygène doit être représenté par 200, si l'on représente celui de l'hydrogène par 12,5.

Malgré ce qu'il y a de difficile à saisir dans cette partie du raisonnement de Gerhardt, il n'en est pas moins vrai qu'il va arriver h fixer la véritable formule de l'eau, et à la ramener à deux volumes de vapeur, en s'efforçant de concilier les théories des équivalents, des atomes et des volumes.

L'équivalent de Teau, tel qu'il faut dorénavant Tadmettre, fait disparaître certaines anomalies bizarres qui existent entre la théorie des volumes, la théorie atomique, et la théorie des équivalents. En effet, d'après les deux premières, Teau se compose de 2 volumes d'hydrogène; la théorie des équivalents, au contraire, dit que Teau se compose d'équivalents égaux d'oxygène et d'hydrogène, de sorte que

1 volume ou atome d'oxygène correspond à 1 équivalent d'oxygène, tandis que 2 volumes ou atomes d'hydrogène ne correspondent aussi qu'à i équivalent d'hydrogène. Nous disons que l'eau renferme

2 équivalents, ou atomes, ou volumes d'hydrogène et 1 équivalent, ou atome, ou volume d'oxygène : sa formule doit ôtre H^O, H étant 12,5 et 0 étant 200.

Remarquons de nouveau que dans les phrases précédentes, le niot éguivalent, employé dans le sens de nombre proportionnel, est détourné de son sens véritable, de sa définition, puisqu'on admettait que l'équivalent d'un corps est la quantité de ce corps qui s'unit à 100 d'oxygène pour fournir un protoxydc ; le vrai équivalent de l'hydrogène dans ce cas est 12,5, et, d'après ce principe, la formule de l'eau sera HO ou H*0*. Aussi Gerhardt ne pouvait contenter les partisans de la notation en équivalents, puisqu'il ne tenait aucun compte de sa base môme, le principe de l'équivalence.

De l'emploi malheureux de ce mot, résulte donc une certaine obscurité dans le langage de Gerhardt, ce qui ne l'empêche pas d'arriver à la vérité.

Somme toute, il revenait à la formule de Berzélius, 11*0, avec cette différence qu'il donne pour nombre proportionnel de l'eau la valeur 225, au lieu de 112,5, que lui assignait le chimiste suédois; il en double ce que nous appelons aujourd'hui le poids moléculaire. Berzélius faisait l'hydrogène égal h 6,5, Toxygènc à 100; Gerhardt donne 12,5 pour poids de l'hydrogène et 200 pour celui de l'oxygène. En d'autres termes, Berzélius représentait H par 0,5 et 0 par 8; Gerhardt représente H par 1 et O par 16; les rapports sont les mômes, mais la formule de Gerhardt 11*0 correspond h une quantité double de celle de Berzélius.

Le réformateur est ensuite amené par des raisonnements analogues à modifier le nombre proportionnel du carbone. Berzélius et Liebig le faisaient égal à 75 (0 = 100) ou 12 si O = 16 ; Dumas lui donnait une valeur de 37,5 (0 = 100) ou 6 si Toxygène est égal à 16. Tous les chimistes français, h peu d'exceptions près, avaient adopté la notation de Dumas. C'est h cette dernière notation que correspond la formule C*0* de Tacide carbonique; dans cette formule, comme dans celles de

tous les corps organiques rapportés à 4 volumes de vapeur, le nombre des équivalents de carbone est divisible par 4 ; il s'ensuit donc que si Ton fait Thydrogène égal à 12,5, l'équivalent du carbone est quatre fois plus grand que ne l'admettait Dumas, ou deux fois plus grand que ne le voulaient Berzélius et Liebig. Il doit être 150, le nombre proportionnel de Toxygène étant 200.

La formule C*0* devient donc CO*, dans laquelle (l'hydrogène étant 12,5) l'oxygène est égal à 200 et le carbone à 150; c'est-à-dire le nombre proportionnel de l'hydrogène étant 1, celui de Toxygène est de 46, et celui du carbone de 12. La même raison fait écrire Toxyde de carbone CO. Ce sont encore les formules de Berzélius, mais rapportées à une valeur double. Pour Berzélius, le nombre proportionnel rapporté à 0 = 100 est de 175 pour l'oxyde de carbone (75 de carbone plus 100 d'oxygène). Avec Gerhardt, ce nombre proportionnel est de 350 ( 1 50 de carbone plus 200 d'oxygène) :

Les nombres admis aujourd'hui pour exprimer l'équivalent de Toxygène, du soufre, du sélénium et du charbon sont moitié trop faibles, dit Gerhardt, comparativement à ceux qui représentent l'équivalent de l'hydrogène, de quelques métaux, du chlore, du brome, de l'azote, etc.

On voit qu'il s'attaque ici directement à la notation en équivalents, qui représentait ces équivalents par les chiflTres :

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