II = 12,5 H
Cl = 35,5 Cl = 35,5
Ces conclusions aussi justes que hardies permettront à Gerhardt de corriger les formules d'un nombre considérable de composés organiques, adoptées sans contrôle suffisant :
Je déclare fausses, dit-il, toutes les formules chimiques écrites d'après la notation généralement reçue, lorsque le carbone n'y est pas divisible par 4 (C étant 37,5) ou par 2 (C étant 75), ou hien lorsque^ l'oxygène y est en nombre impair.
De plus, j'affirme que les formules qui expriment Téquivalent des corps exempts d'azote doivent renfermer un nombre pair d'équivalents d'oxygène.
Si un principe chimique est azoté, l'hydrogène qu'il contient peut s'y trouver en nombre impair d'équivalents, puisque l'ammoniaque elle-même, source de l'azote dans les végétaux, renferme un nombre impair d'équivalents d'hydrogène.
C'est dans ces affirmations, dans la comparaison des formules ramenées à un même volume de vapeur, que réside surtout l'importance de ce mémoire, mais le jeune réformateur émet aussi des propositions générales sur la production des espèces chimiques, propositions qui n'ont rien perdu de leur intérêt.
La formation des corps par pyrogénation comme celle de l'acétone est exprimée dans les termes suivants :
Deuxième proposition, — Lorsqu'une substance organique placée dans des conditions décomposantes présente une décomposition telle que ses éléments ne peuvent satisfaire à la loi de dédoublement (contenue dans la première proposition), deux, trois ou plusieurs équivalents de cette substance s'unissent pour produire C*0*, H*0* ou Az*H' ou un multiple de ces quantités, tandis que les éléments restants demeurent en combinaison.
Ainsi, dans la production de l'acétone parla distillation sèche de l'acétate de chaux, deux équivalents se décomposent pour donner l'acide carbonique qui reste uni à la chaux.
Enfin, Gerhardt émet une troisième proposition relative h la combinaison des corps, en disant :
Troisième proposition. — Lorsqu'une substance organique en décompose une autre également organique, de manière qu'une partie de leurs éléments reste en combinaison, il y a élimination de H*CP, C*0*, AzMl*, ou d'un multiple de ces quantités en môme temps que les résidus donneront ces combinaisons.
C'est là sa théorie des résidus ou des corps copules^ à l'aide de laquelle il représente les éthers comme formés par l'union de deux résidus, l'un fourni par l'alcool dont une partie de rhydrogène a été enlevée par l'oxygène de l'acide, l'autre venant de Tacide qui a perdu une partie de son oxygène. Avec Taide
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de celte théorie, Chancel, un des premiers disciples deGerhardt, donnera plus tard une première formule rationnelle de Tacétone, dans laquelle il admettra un résidu de l'alcool méthylique et un résidu de Tacide acétique.
Dans ce même mémoire, Gerhardt combat la formule de Téther admise alors et qui représentait de Talcool déshydraté, lîiirnas faisait de Téther un monohydratc d'éthylène et de Talcool un dihydrate. Gerhardt, au contraire, double la formule de Téther en la ramenant à un même volume de vapeur que Talcool; il en conclut que Téther résulte de Tunion de deux équivalents d'alcool avec perte d'eau, tandis que le gaz oléfiant résulte de la déshydratation d'un seul équivalent d'alcool.
Ainsi, en ramenant toutes les formules à un même volume de vapeur, il éclaire d'une lumière nouvelle la genèse des corps organiques.
On est étonné en lisant ce mémoire de la netteté des conclusions qui, après plus de cinquante années, sont enfin entrées dans la science : dès 1842, il a modifié les nombres proportionnels et adopté des chiffres qui sont, sauf pour quelques métaux, ceux que nous adoptons aujourd'hui; il a comparé les corps sous uu.jnême volume de vapeur, il a montré que dans Tés^cides monobasiques il n'y a pas d'eau toute formée, et qu'il *n'y a pas lieu d'admettre dans les sels la présence de prétendus acides anliydres, comme l'acide azotique AzH)% l'acide acétique C*HH)'; il renverse hardiment la théorie de la constitution dualistique des sels.
Aussi, tout heureux de ces découvertes, qui changent entièrement l'état de la chimie organique, plein de foi dans son œuvre, avec sa fougue, son enthousiasme de jeunesse, Gerhardt conclut hardiment en ces termes :
Le raisonnement, d'accord avec rexpérience, m'a conduit à cette occasion à prouver :
1° Que l'équivalent de lacide carbonique, tel que Tadmettent les chimistes, est faux et doit être doublé de manière à correspondre à quatre volumes de gaz = C*0* ;
2° Que l'équivalent du carbone est faux et doit être porté à 150 = C*;
3** Que Téquivalent de Teau est faux et doit être porté à 225 = 11*0- == 4 volumes de vapeur;
4** Que l'équivalent de Toxygène est faux, comparativement à celui de riiydrogène, le dernier pesant 12,5, celui de l'oxygène pèse 200;
5° Que Téquivalent du soufre, du sélénium, ainsi que de leurs composés, est de moitié trop faible comparativement à celui de l'hydrogène ;
6° Que l'équivalent d'un grand nombre d'oxydes métalliques doit être doublé ;
7*^ Que la théorie électro-chimique ne s'accorde pas avec les équivalents chimiques, et que la théorie des types de Dumas est seule admissible aujourd'hui.
C'est en ces mêmes termes que furent énoncées les conclusions de la courte note présentée à T Académie. On comprend que ces audacieuses affirmations aient soulevé Tindignation et même la colère des vieux maîtres, attachés aux croyances de leur jeunesse, surtout à la théorie dualistique de la constitution des sels, qui avait son origine dans les travaux de Lavoisier. Berzélius,plus directement visé par Tattaque directe à la théorie électro-chimique, ne se donna pas la peine de discuter les vues du réformateur; dans son Rapport annuel^ il en parle en quelques lignes dédaigneuses :
M. Gerhardt, dit-il, adopte une méthode très commode pour faire des théories dont le principal avantage consiste à déclarer comme erronés tous les faits connus qui ne s'accordent pas avec la théorie qu'il avance*.
Il était dangereux de s'attaquer à la théorie électro-chimique de Berzélius.
Gerhardt exposa les mêmes idées théoriques dans un mémoire plus abrégé publié dans les Annales du mois de février 1843* : Tout le fond du mémoire est le même, mais sur le conseil de ses amis, il en modéra la forme; il ne dit plus : Il est faux que,,, J affirme que..,; il adoucit l'expression en disant : Dans toutes les formules, le carbone doit être divisible,.. Les formules doivent être...
1. Gerhardt avsdt déjà eu le tbrt aux yeux de Berzélius de considérer ses recherches faites avec Cahours sur Tessence de cumin, comme apportant un appui à la théorie des types : « Est-ce que cette théorie, avait dit Berzélius à ce sujet, ne provient pas à la fois d'une intelUgeDce bornée et de Tiasolence qui souvent se suivent de près? »