‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 213 sur 274 · Gregory à Gerhardt, 15 juillet · texte numérisé non relu

Gregory à Gerhardt, 15 juillet

3. L*origine de cette animosité de Millon nous est expliquée dans une lettre de Payen à Gerhardt. Ce dernier, causaot avec Payen, ami de Millon, fit Téloge de celui-ci et ajouta que dans le dernier mémoire de Millon, il avait quelque chose à lui reprocher, et qu*à la première occasion il lui en parlerait. Ces paroles, répétées à Millon, excitèrent sa colère; il écrivit une lettre injurieuse i Gerhardt. Ce dernier la transmit à Payen, qui en fut très indigné, s'excusa auprès de Gerhardt, et lui transmit copie de la lettre de reproches qu'il envoyait à ce sujet à Millon, et dont voici quelques passages : « M. Gerhardt de Montpellier m'envoie copie 4'une lettre que vous lui avez adressée, le 10 courant; j'en suis extrêmement peiné pour vous et pour moi ; pour vous, parce que je ne connaissais jusqu'à présent qu'un seul chimiste qui pût écrire de pareilles choses; pour moi, parce qu'elles feraient supposer que je vous ai rapporté des paroles tout autres que

En France, un homme de génie seul, Laurent, avait compris rimportiince des idées de Gerhardt. Comment débutèrent leurs relations amicales, il est impossible de le dire; les premières lettres échangées entre eux n'ont pas été conservées, mais il est probable que les premiers pas furent faits par Laurent ; dans un mémoire écrit en 18io, il dit :

11 y a quelques années, M. Gerhardt fit la critique d'un de mes travaux. Je reconnus qu'il avait raison. Alors j'examinai avec soin ses équivalents, je lui lis quelques objections. M. Gerhardt y répondit de manière à ébranler mes opinions ; je lui écrivis que, malgré les critiques qu'il avait dirigées contre moi, je reconnaissais la justesse de ses vues, et les adoptai.

Ceci doit s'être passé au commencement de 1844, car dès le mois de juillet de cette année nous voyons que leur correspondance est déjà intime et qu'ils ont pris Thabitude de se communiquer leurs travaux et leurs idées. Ainsi, après Texposé des idées de Gerhardt sur les formules rationnelles et les formules brutes, Laurent lui reproche de donner la préférence exclusivement aux premières, et cependant d'employer quelquefois les secondes en écrivant la nitrobenzine C*II% AzO' dans laquelle il garde le groupement AzO% résidu de Tacide azotique.

Dites que les arrangements de Berzélius, de Davy *, etc., ne vous satisfont pas, mais ne regrettez pas toute tentative qui a pour but de déterminer cet arrangement puisque malgré vous, il vous domine dans une foule de cas...

... Vous avez tort* et raison sur les formules; celles qui sont admises ne peuvent plus aller. D'un autre côté, les formules brutes sont aussi mauvaises. Vous-même, vous ne pouvez pas vous en tirer.

Laurent critique aussi sévèrement la classification :

celles que Je vous ai rapportées en effet... Je suis à chercher comment ce simple récit a pu motiver une lettre que je ne peux qualiûer et qu'aucune raison, quelque grave qu'elle soit, ne pourrait excuser. J'ai déjà eu trop souvent ToccasioQ d'apprécier toute la noblesse et toute la loyauté du caractère de M. Gerhardt pour ne pas vous féliciter que cette lettre qui pourrait tant vous nuire soit entre ses mains plutôt qu'entre celles de tout autre. » Cette mercuriale de Payen fut sans effet sur Millon, qui ne parla plus de l'œuvre de Gerhardt qu'en termes haineux.

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