‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 214 sur 274 · Lettre de Laurent à Gerhardt, de fin · texte numérisé non relu

Lettre de Laurent à Gerhardt, de fin

Votre classification * est mauvaise ; poursuivez vos homologues et qu'ils servent à faire votre classification... Tirerez- vous jamais quelque chose de votre classification? Non^ rien, absolument rien, puisqu'il n'y a pas d'idée. Une classification doit offrir une série de rapports. Et je suis persuadé que, quel que soit le point de départ, on doit toujours arriver à des rapprochements intéressants, mais encore faut-il que ce point de départ soit une idée...

C'est dans une lettre de Laurent, du 12 février 1845, que se trouvent ces passages; aussi semble-t-il probable que Gerhardt se rendait aux avis de son ami en établissant une classification basée sur une idée, Tidée de l'homologie. Autant il était rebelle aux critiques violentes et injustes des envieux, autant il acceptait avec déférence celles de Laurent qu'il savait dictées par le seul amour de la science. Une lettre qu'il adresse à Cahours nous montre combien le jeune réformateur était heureux d*ètre entré en relations avec un maître comme Laurent, qui voulait bien discuter ses idées et collaborer avec lui aux progrès de la chimie:

Il faut absolument, écrit-il à Cahours*, que je vous fasse faire connaissance avec Laurent ; il faut le connaître pour lapprécier... C'est le meilleur garçon du monde, un peu chatouilleux à l'endroit des questions de priorité ; mais songez aussi combien on a fait de tort à cet homme, à lui qui devrait être à l'Institut! Quelle fameuse tête et quel piocheur ! Je suis tout fier qu'il ait voulu descendre jusqu'à moi ; je n'ai jamais vu un homme qui ait une telle abondance d'idées; ses lettres sont pour moi quelque chose de précieux : je les étudie comme un évangile.

Tandis que la plupart des chimistes se contentaient de donner aux corps des formules qui n'étaient que de simples traductions des résultats analytiques, Laurent et Gerhardt, épris d'idées générales, avaient essayé, chacun de son côté, de découvrir des règles qui permissent d'établir rigoureusement les formules des composés organiques. C'est par leurs efforts combinés qu'ils devaient atteindre le but proposé.

Laurent, dans son mémoire de 1843*, avait donné comme

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