‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 221 sur 274 · MÉMOIRE THÉORIQUE DE GERHAUDT ET CHANCEL · texte numérisé non relu

MÉMOIRE THÉORIQUE DE GERHAUDT ET CHANCEL

Devant cette indifférence et cette hostilité erénérale, Gerhardt Mémoire sur u

^ constitution des

n'en continue pas moins la lutte ; il multiplie ses efforts sans composés

*^ ' r ^ organiques; les

une heure de découragement; c'est ainsi qu'en 1831, il publie, ^fo^Sfos en collaboration avec Chancel, un important mémoire de typiques. théorie qui mérite une analyse complète *. Il renferme de remarquables prévisions et une première ébauche de la théorie des types, à qui devait être réservée une si brillante fortune : nous pouvons ainsi assister au travail naissant de sa pensée, et montrer comment il arriva peu à peu à élever Tédilice qu'il devait laisser en mourant, et qu'une vie plus longue lui aurait permis d'étendre et de comploter.

Les auteurs commencent par établir que le dualisme, appliqué d'abord aux réactions de la chimie minérale, est une hypothèse absolument impossible en chimie organique sans l'application d'hypothèses nouvelles. Ils reprochent à cette doctrine sa prétention de vouloir établir des formules rationnelles en représentant les positions des atomes ou des groupes d atomes dans les molécules, supposant par exemple, dans l'azotate de soude, Texistence du groupe AzO% et du groupe NaO, acide azotique anhydre et oxyde de sodium juxtaposés. C'est ce que disait Gerhardt en 18ii, quand dans son Précis^ il préconisait les formules brutes, les formules unes, mais son esprit avait marché depuis. Les critiques sévères de Laurent lui avaient montré que des formules brutes étaient impuissantes à faire progresser la science, et qu'il y avait autre chose à trouver entre les formules dualistiques et les formules brutes. Depuis longtemps déjà il avait renoncé aux formules brutes, en introduisant ses formules à résidus, celle de la nitrobenzine par exemple avec un résidu du phène C*H* et un résidu de l'acide azotique, et distinguant, ainsi que nous l'avons déjà vu, ses résidus des radicaux que Liebig et son école croyaient isolables.

L'idée de Gerhardt, c'est qu'aucune formule ne peut donner la vraie constitution des corps. Elle ne peut rappeler qu'un certain nombre de métamorphoses: A notre avis ^ il faut complètement modifier nos idées sur la constitution des corps^ et admettre

1. Sur la constitution des composés or^^aniques (Comptes rendus de Gerhardt, 1851, p. 63), dans Revue scienti/iquef T. XLI, mars et avril.

qiion ne peut exprimer par des formules qu'une constitution relative j et non un arrangement absolu des atomes dans le sens de la théorie électro-chimiqtie.

Les formules qu'il voulait adopter seraient des sortes d'équations destinées à représenter la genèse et les métamorphoses des corps, mais comme il faudrait autant d'équations que de métamorphoses, il choisira pour équation celle qui est générale et s'applique h un grand nombre de corps ; ainsi les équations des éthers et des amides seront analogues; dans les deux cas, les corps s'unissent molécule à molécule avec élimination d'une môme quantité d'eau :

oiw + c^B^o = c*iPO« — n«o

acide alcool. éther

acéUque. acélique.

C'H«0« + AzII«=C'H'AzO — ll'O

acide ammo- acétamide.

acétique, niaque.

Ces équations indiquent la genèse de l'éther acétique et de l'acétamidc et montrent que ces derniers, en reprenant les éléments de l'eau, reproduisent leurs générateurs.

Qu'il contracte ces équations, il obtient ce qu'il appelle des formules synoptiques, dont il donne un tableau comparé aux formules dualistiques de Berzélius : le carbovinate d'ammoniaque, par exemple, sera en formule synoptique :

ii.C'n^-'O

Page 1