‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 225 sur 274 · MÉMOIRE SUR LA BASICITÉ DES ACIDES · texte numérisé non relu

MÉMOIRE SUR LA BASICITÉ DES ACIDES

prévoir ces isoméries. Aucune ne permettait de classer les corps en mettant en lumière leur filiation, leurs analogies, leurs ressemblances, leurs métamorphoses sous Tinfluence des réactifs.

Nous n'avons voulu donner dans cette notice, disent-ils en terminant, qu'un exposé des principes qui nous guident depuis longtemps dans nos recherches et les opposer en quelque sorte à Fespèce de manifeste publié récemment par le Journal de Giessen. L'avenir prononcera entre nous, et prouvera de quel côté est la vérité.

Ou nous a reproché avec une sorte de dédain de faire de Valgèbrp chimique ; nous acceptons le mot avec satisfaction, car nous croyons que les véritables progrès de la chimie ne consistent pas à multiplier des faits et des expériences sans lien, mais à constater des analogies, à les généraliser par des formules et à trouver ainsi des lois dont la connaissance seule permet de prévoir avec certitude les phénomènes.

Peu après, Gerhardt publia un nouveau mémoire théorique Mémoire sur la svr la basicité des acides» des acides

Quels principes invoquer pour déterminer cette basicité? Tout d'abord, il faut écarter la notation en équivalents et le principe de Téquivalence, puisque, par définition, la formule de Tacide est établie d'après la quantité qui sature un équivalent de base. Il faut donc raisonner sur la molécule, comme Tavaient compris les partisans de la théorie atomique de Berzélius; mais, autre difficulté, sur quelles bases s'appuyer pour fixer le poids moléculaire? Certes, on doit rapporter la molécule à une même unité, le poids de la molécule d'eau pesant 18 et représentée par H*0, et c'est en prenant cette unité de molécule et rapportant les corps à ce même volume que Gerhardt a si heureusement modifié les formules de la chimie, mais ici une difficulté d'un autre ordre se présente à l'esprit de Gerhardt. Presque tous les corps peuvent en effet se représenter par deux volumes, mais tous sont-ils dans ce cas? Ne peut-il y avoir des molécules correspondant à quatre volumes, et des exemples se présentent à ses yeux, comme le perchlorure de phosphore PhCl*, le chlorhydrate d'ammoniaque AzH*Cl, dont les formules ne sont pas divisibles par deux, et dont la vapeur occupe un volume double de celui de la vapeur d'une molécule d'eau H^O ;

à ce moment, où Ton ignorait que les corps se décomposent en se vaporisant, il y avait là des faits certains qui empêchaient de prendre d'une façon certaine les densités de vapeur comme moyen sûr de fixer le poids moléculaire.

L'analyse des sels suffira- t-elle? Non, puisqu'il existe un biacétate de potasse, combinaison d'acide acétique et d'acétate de potasse, mais qui pourrait aussi faire croire que l'acide acétique est un acide bibasique au même titre que l'acide sulfurique donnant un sel acide et un sel neutre; l'instabilité du biacétate de potasse néanmoins le sépare du bisulfate de potasse :

La difficulté est toujours de démontrer si la molécule des sels acides est formée par la molécule de l'acide ayant partiellement échangé son hydrogène pour du métal ^ ou si elle est formée par la juxtaposition de la molécide de l'acide et de la molécule du sel neutre.

Pour certains acides, l'indivisibilité de la formule à laquelle mènent les analyses suffit à en faire connaître la basicité, tel l'acide phosphorique qui ne peut avoir un poids moléculaire inférieur à celui que représente la formule PhO*IP, et l'élude de ses sels montre qu'il est tribasique, comme Ta fait voir Graham.

La formation d'anhydrides pour l'acide sulfurique, l'acide phosphorique, l'acide succinique, est une preuve en faveur de leur polybasicité, et si les acides homologues de la série formique ne fournissent pas d'anhydrides, c'est qu'ils sont monobasiques. Preuve insuffisante aux yeux de ses adversaires, puisque Deville vient de découvrir l'anhydride azotique AzO* (en équivalents); mais Gerhardt n'est pas arrêté par ce fait; il l'interprète autrement, et il devait bientôt donner une preuve éclatante de son interprétation; pour lui, l'anhydride azotique vient de deux molécules d'acide azotique, et dans sa notation doit être écrit Az*0« ; 2( AzO'H) — U«0 = Az«0».

L'étude des amides et des éthers lui permet seule de trouver un point d'appui solide pour fixer la basicité des acides.

Les acides monobasiques sont ceux qui, avec une molécule d'alcool, donnent un éther neutre, et, avec une molécule d'ammoniaque, une amide neutre. Les acides polybasiqucs donnent avec une seule molécule d'alcool un éther acide, et deux mole-

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