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LA THÉORIE DES TYPES LES ANHYDRIDES D'ACIDES

Gerhardt, avons-nous dit, en combattant les doctrines i^s anhvdrido» dualistiques , avait nié la possibilité d'obtenir des acides anhydres dans la série des acides monobasiques ; l'acide acétique, à l'époque où il émettait cette opinion, était représenté par la formule équivalente C*U*0*,HO (C = 6, 0 =8).

Un tel acide ne pouvait, pour Gerhardt, donner un anhydride par perte d'eau, puisque la formule de l'eau rapportée au même volume de vapeur que l'acide acétique C*H*0%IIO est H«0% et non HO. Or, dans la formule dualistique de l'acide acétique, il n'y a pas un équivalent d'eau H*0*, mais seulement HO ; il y a donc impossibilité d'isoler un anhydride C*H'0' (en équivalents) occupant le même volume de vapeur que son acide. La découverte de Tanhydride azotique AzO% réalisée par Henri Deville, semblait donc en contradiction avec les vues de Gerhardt; pour les dualistes, l'acide était AzO%HO, et l'anhydride AzO*.

Nous venons de voir que cette découverte n'avait pas troublé Gerhardt qui en avait donné de suite l'interprétation. Si AzO%HO représente deux volumes, l'anhydride de AzO* n'en représente qu'un; pour comparer l'anhydride à l'acide, il faut doubler la formule, l'écrire Az*0*® (en équivalents Az = 14, 0 = 8) ou Az'O» avec la notation de Gerhardt (0=16), formule qui correspond au même volume que AzO'H, et qui montre que cet anhydride en fixant H*0, donne deux molécules d'acide AzO'H.

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L'anhydride azotique rapporté à Feau devient : A 0« ( ^' et Tacide azotique ' ,, i 0. Pour la première fois, Gerhardt emploie des formules typiques,

telles qu 'il les exposera plus tard , il n'écrit plus Talcool 0 \ ,^

comme il le faisait récemment en le considérant comme un homologue de l'hydrogène ; il en fait un produit de substitution

de l'eau 11*0 par le résidu éthyle, et Técrit 0 j „

Il semble ainsi reprendre les radicaux de Liebig, mais avec

cette distinction que, pour Liebig, le groupe Oïl* est un radical

isolable analogue à un métal, dont l'oxyde est l'éther (OI1*,0)

(C=6, 0=8), et l'alcool un hydrate d'oxyde C*IPO,IIO. Pour

Gerhardt, c'est un résidu de carbure C*H% résidu qui remplace

un atome d'hydrogène de IPO dans l'alcool, et deux atomes

dans l'éther, de même que le potassium les remplace dans la

K ) potasse ^1 V 0 et l'oxyde de potassium K*0, formules qui sont

dues à Laurent.

AzO' ) Gerhardt écrit donc l'anhydride de Deville ^. ' ^ > 0, l'acide

AzO* ) azotique ,, > 0. D'un autre côté, les belles découvertes de

Williamson ayant donné la preuve de la véritable formule de l'éther, et fait connaître les éthers simples, il s'ensuivait que les éthers à acides devaient ôtre représentés par des formules où l'hydrogène de l'eau est remplacé par un groupe oxygéné et par un groupe carboné, de telle sorte que l'azotate d'éthyle

devait être écrit ^^^^ i 0, l'acide azotique étant „ > 0,

et l'alcool ' f 0. Ces conceptions se trouvent en germe

dans l'œuvre de Gerhardt, qui avait déjà donné la constitution des radicaux et prévu les radicaux mixtes réalisés plus tard par Wurtz. C'est, me paraît-il, de l'ensemble des considérations précédentes que sortit la découverte des acides anhydres, que Gerhardt réalisa dans les derniers mois de 1851 et le commencement de 1852.

Elle fit le sujet d'un premier mémoire lu à l'Académie le 27 mai 1832, mais, dès le S avril, Gerhardt en avait fait la confidence à son ami Chancel, celui qui, de ses disciples, était entré le plus avant dans sa pensée.

Cette lettre mérite d'être citée * :

Ecole de chimie pratique, rue Monsieur-le- Prince y 29,

Paris, 5 avril 1852.

Mon cher ami,

(NO") L acide nitrique étant u 0, l'acide nitrique anhydre devient

/\n* ^' ^^^ conséquent Tacide benzoïque ^ „ ^ 0 ; il faut trouver

/r^iPoi ' corps est fait. Il faut aussi trouver \^ç.%J 0, corps

neutre, qui ne soit pas l'acide nitro-benzoïque. Or, il est encore fait.

On doit de même avoir L,,T3rk\ ^^ etc., etc. (Ci H Uj

Tout cela et beaucoup d'autres choses sont faites par votre serviteur.

Lez acides monobasiques sont de l'eau dans laquelle H est remplacé par un groupe complexe : ils sont des alcools.

Voici comment on opère : prenez équivalents égaux de chlorure de benzoïle et de benzoate de potasse bien desséché ; chauffez à 120 ou à 130**; le sel se dissout; à quelques degrés au-dessus, crac, il se sépare du chlorure de K, et vous avez le plus beau corps cristallisable extrêmement fusible, neutre, lequel, bouilli avec de l'eau ou potasse régénère de Tacide benzoïque; avec de l'alcool, donne de Féther benzoïque; avec de l'ammoniaque, donne la benzamide.

Prenez maintenant, en place du benzoate, de loxalate, du nitrate, du sulfocyanure, etc., crac, crac, tout cela va comme sur des roulettes, corps neutres, très fusibles et cristallisables, fixant IPO par rébullition pour régénérer l'acide + Tacide

(l'alcool).

1, Nous avons donné le fac-similé de cette lettre dans la première partie de ce livre, mais il nous a semblé nécessaire de la reproduire en partie dans ce chapitre où nous traitons des anhydrides d'acides.

On voit qu'ici Gerhardt compare les anhydrides d'acides, le benzoate de benzoyle, au benzoate d'éthyle. Il continue :

Donc :

Et

Et

Et

Bz

Bz

Bz

Les éthers, les alcools, les acides, la potasse, ne sont que de Teau.

... Les acides bibasiques sont deux molécules d'eau H*0* dans lesquelles la moitié de II est remplacée par un groupe complexe.

Les acides tribasiques sont trois molécules d'eau 11*0' dans lesquelles la moitié de H est remplacée.

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