Métaux secondaires
Métaux d acides.
1. Métaux primaires, hydrures d'acides (hydrure de beozoîle, acide chlorhydrique, acide cyanhydrique .
2. Métaux secondaires ou métalloïdes 'benzoïle, chlore, cyanogène).
Sels d'amides.
Benzamidate de mercure.
.Alcalamides.
Oxaniiide, élhyl-arétainide.
Ici vieunent se placer beaucoup de corps qui figurent déjà dans les autres classes : par exemple, les cyanures d'alcools, renfermant le radical de lacide cyanique et un radical d'alcool.
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de vapeur, les élhers neutres contiennent une, deux ou trois fois le radical d'alcool, suivant qu'ils correspondent à un acide noonobasiquc, bibasique ou tribasique.
Il étudie de même le type chlorhydrique qu'il divise en chlorures positifs et en chlorures négatifs, puis le type ammoniaque et le type hydrogène. En étudiant chacun de ces types, il indique leurs divisions, leurs modes de génération, leurs doubles décompositions, etc. C'est une classification complète dans laquelle on voit que Gerhardt range quelquefois les mêmes corps dans des groupes différents, en partant de ce principe qu'un même corps peut avoir plusieurs formules rationnelles; ainsi, après avoir considéré les aldéhydes comme des oxydes de radicaux hydrocarbonés, il les place aussi dans le type hydrogène comme étant des hydrures de radicaux acides.
Telle est cette quatrième partie du Traité de Gerhardt; comme nous venons de le voir, on y trouve exposées, mais quelquefois avec une rédaction un peu obscure, toutes les doctrines qu'il a mises au jour, soit seul, soit avec Laurent, en même temps qu'une classification de la chimie par fonctions.
Tout en présentant au monde scientifique un corps complet de doctrines originales, il donnait à la science un Traité complet de chimie organique qui fut pendant longtemps le vade !] mecum, le livre de laboratoire de tous les chimistes, qu'ils en ' acceptassent ou non les idées théoriques. j^
Malheureusement pour notre pays, c'est à l'étranger que les idées nouvelles s'introduisirent peu à peu, et qu'elles finirent, sauf de rares oppositions, par conquérir tous les esprits. En France, elles rencontrèrent une résistance acharnée qui s'explique en partie par les vices de notre organisation scientifique. Grâce à notre centralisation, les programmes d'enseignement sont rédigés au Ministère de l'instruction publique, et imposés aux professeurs. D'ordinaire, ils sont inspirés par quelque homme éminent, quelque grand maître ; à cette époque, pour la chimie, le grand maître était Dumas; aucun chercheur n'aurait pu se rendre indépendant de son autorité, aucun, quelle que fût la valeur de ses travaux, et Laurent et Gerhardt en sont des exemples, n'aurait pu obtenir une chaire sans l'approbation de Dumas. i
DOCTRINES DE GERHARDT GONTINl EES PAR WURTZ 433
Dumas n'est pas le seul coupable. Deville, expérimentateur! habile, mais esprit prudent, ennemi des idées générales, eut une influence non moins funeste en combattant les idées nouvelles à rÉcole Normale, pépinière de nos professeurs de Facultés et de Lycées. A TAcadémie des sciences, même hostilité; chez Regnault, qui avait pourtant proposé les nombres proportionnels thermiques et n'eut pas la volonté de les faire adopter; chez Balard, tout préoccupé de ses recherches sur les eaux mères des marais salants ; chez Frémy enfin, que Laurent et Gerhardt avaient si rudement combattu.
Wurtz, le premier en France, reprit le drapeau de Gerhardt, et dans ses mémoires, il ne tarda pas à adopter la théorie des types et les symboles de Laurent et (ierhardt, avec Theureuse modification introduite par Cannizzaro; mais il garda les notalions en équivalents dans' son f^n^^M^^Ti^nr^^nj jn«^qu'fn i8P^' * . s'il eût fait autrement, il eût été rappelé à Tordre par le Ministère de rinstruction publique. Ce n'est que lorsqu'il eut conquis sa haute situation qu'il rejeta l'ancienne notation et introduisit dans ses cours les notations et les types de Gerhardt, tels que ses doctrines avaient été développées et complétées peu à peu, par les doctrines de la valence des atomes et l'établisse- ' ment des formules de constitution.
Wurtz avec Friedel et ses autres disciples combattit avec énergie pour faire accepter des idées qui n'étaient plus discutées dans aucun autre pays ; malheureusement, il avait à lutter contre Deville et Frémy, pour qui les notations en équivalents, les formules dualistiques, étaient comme des dogmes religieux auxquels il était sacrilège de s'attaquer. Un adversaire plus sérieux fut Berthelot, dont l'esprit philosophique refusait d'admettre les hypothèses sur iÊsqj^lles étai L fpndda la théorie atomique. , Il est regrettable que Berthelot n'ait pas marché avec Wurtz; la science y aurait gagné des découvertes nouvelles, au lieu des discussions stériles qui ont occupé tant de séances de l'Académie, et où Wurtz apportait non seulement sa puissance de^ dialectique, mais encore des expériences d'une remarquable précision et d'une ingéniosité sans pareille.
1. M. Charles Delavaud, professeur aux Écoles de médecine navale, est le pre- il mier qui ait enseigné la Chimie avec la notation atomique et les théories nou- /|) veUes (1863).
Aujourd'hui, les vieilles notations, les vieilles doctrines, les formules dualistiques de Berzélius, enfin tout ce que Gerhard* avait combattu dès 1842, tout cet édifice suranné a disparu de
l'enseignement classique *.
Elle-môme, latttîéorie des types de Gerhardt, a vécuj, mais elle est le germe d'où soril sorties les théories actuelles, et en particulier la théorie de la valence des atomes; seules les idées auxquelles Gerhardt tenait le plus, celles qu'il émettait déjà de 1842 à 1844, les poids atomiques doublés pour le carbone, le soufre, Toxygène, lès formules rapportées à un môme volume de vapeur, la loi des nombres pairs, tout cela est devenu clasMque, et il a fallu près de cinquante ans pour que cette œuvre triomphât en France.
Ainsi peu à peu se sont développées les doctrines modernes, la théorie atomique^ comme on dit, dont Torigine est dans Tœuvre de Gerhardt, mais cette théorie, pas plus que les autres, n'est définitive. ^
« Chaque jour il se découvre des faits qu'elle peut encore expliquer et qu'elle a été impuissante à prévoir. Peut-être, au moment où elle brille du plus vif éclat, est-elle sur le point de se transformer... J'appelle de tous mes vœux l'homme de génie, le Lavoisier ou le Gerhardt auquel nous devrons cette transformatioi: qui rajeunira notre science en lui ouvrant de nouveaux horizons, et de môme les théories se succéderont d'âge en âge, renfermant à chaque éelosion nouvelle une plus grande part de vérité, et tendant par une marche régulière vers cette vérité absolue qu'elles ne sauraient jamais atteindre*, » - — ^
Tous les pays étrangers s'étaient ralliés aux doctrines de (ierhardt, tandis que les chimistes français, après avoir renoncé à la notation de Berzélius, conservaient les équivalents proposés par un chimiste allemand, Gmelin, qui les avait abandonnés lui-même quelques années après. Qu'il me soit permis de rappeler que les progrès de la chimie en Allemagne, tant au point de vue scientifique qu'au point de vue industriel, sont dus à
1. On ne comprend pas bien racharnemeat qae certains chimistes mettaieat à combaUre la théorie atomique. 11 y a dix-sept ans, un professeur nommé à une chaire d'une grande Ecole trouva une vive opposition parmi les membres da corps enseignant, ^^es colh^gues, et il faUut qu'il obtint Tautorisation du ministre pour faire son cours en notation atomique.
2. Théories et notations chimiques, par Ed. Grimaux, 1883, p. liO.