‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 243 sur 274 · GERHARDT A LIEBIG · texte numérisé non relu

GERHARDT A LIEBIG

Lorsqu'on ajoute de Tacétate de plomb tribasiqûe à une solution de succinate de soude ou d'ammoniaque, de manière que ce dernier reste en excès, et en faisant bouillir le mélange, on obtient un précipité blanc qui, à une certaine époque de Tébullition, devient glutineux et se laisse tirer en fils très longs, comme de la résine.

Au bout de quelque temps, ce composé perd sa consistance résinoïde, devient très cassant et s attache fortement aux parois de la capsule.

Il contient 79,i — 79,2 d'oxyde de plomb. Le calcul donne 78,6. L'analyse a conduit à la formule (à 100 degrés et à 240 degrés) :

C«H«0^3PbO.

Le sel d'argent ne perd pas d'eau sans se décomposer. Sa composin. tion s'exprime par :

( aq-

L'acide sublimé contient donc C*H®0S2aq et l'acide soi-disant anhydre de d'Arcet C^H®0%aq.

La succinamide rentre dans la classe des amides ordinaires et se représente par l'acide supposé anhydre plus 1 équivalent d'ammoniaque, moins 1 équivalent d'eau = C*H^O*,N-H*, analogue à la benzamide et à Toxamide. Je n'ai pas essayé si Tacide sublimé et l'acide monohydraté donnent des sels correspondants à 2 et à 1 équivalent de base...

Gerhardt à Liebig,

Paris, 16 février 1840.

...Vous trouverez, dans le cahier des Annales qui viennent de paraître, mes résultats sur l'hellénine, bien incomplets, il est vrai, mais que Ton jugera avec indulgence, à cause de la petite quantité de substance que j'avais (50 gr.). Je me suis arrêté à la formule (;;3ojj2oo2; le chlore produit le composé C^^H^^^O^Cl* ou plutôt Q3ojji8Qpo*,H'^CP, lequel donne avec la chaux caustique de la naphtaline :

C30ii2oo2ci* = IPCl* + 1P02 + C^oHi2 = 2 H^CP -f 2 H^O -}- 3/4 C*«H*«.

L'acide nitrique donne une résine azotée C^^H^^Az'O*; l'acide phosphorique anhydre, un hydrogène carboné C^**H*^.

M. Dumas m'a promis un rapport sur ce petit travail. Dans le même cahier, j'ai fait imprimer sur l'avis de M. Dumas, un mémoire intitulé : 5ttr la constitution des sels organiques à acides complexes et

U8 SA CORUESPONDANCE

leurs rapports avec les sels ammoniacaux, dans lequel j'ai cherché à démontrer que les substitutions par les corps composés ne se font pas de la manière qu'on admet aujourd'hui, mais que, dégagées de toute espèce d'hypothèse, il faut les exprimer par la règle suivante :

« Lorsqu'un corps composé agit sur un autre composé organique, il se forme aux dépens d'un élément du premier et d'un élément du second un produit d'une composition très simple, tel que l'eau, l'acide hydrochlorique, tandis que les éléments restants de l'un et l'autre composé réagissant demeurent unis. » Exemple :

Alcool C'H^^O^ et acide chloroxicarbonique C*0*C1* : produit acide chlorhydrique aux dépens de H^ de l'alcool et de Cl* de l'acide chloroxicarbonique ; éléments restants C*H*°(C*0*CP)0*= éther chloroxicarbonique, C*0*cr corps composé remplace H*. De la même manière, mettez cet éther en contact de l'ammoniaque Az*H*, vous avez : produit acide chlorhydrique aux dépens de Cl* de l'éther et de H* de l'ammoniaque; éléments restants C*II"[C*0*(Az*H*)]0* = uréthane, où Az*H^ remplace Cl* et C*0*(Az*H*) remplace H* de l'alcool, etc.

Enfin, j'ai démontré qu'outre les substitutions il existe un autre mode de combinaison qu'on a confondu jusqu'à présent avec cellesci, ce qui vous donne la clef d'une foule d'anomalies : acides viniques, acide formobenzoïlique, sulfate anhydre d'ammoniaque, sels ammoniacaux, etc. *...

Gerhardt à Liebig,

Paris, 2 décembre 1840.

... Lundi dernier*, j'ai lu à l'Académie l'extrait du travail que j'ai fait en commun avec Cahours et dont vous connaissez déjà sommairement les résultats. Je vous dirai que, de l'avis de M. Dumas, nous avons substitué aux noms d'hydrure de cumyle, chlorure de cumyle, cumylure de potassium, etc., ceux de cuminol, chloro-cuminol, potassio-cuminol, ce qui ne fait absolument rien au fond de la chose. Du reste, dans notre mémoire, nous avons mis en regard les deux séries, d'après la théorie des radicaux et d'après celle des t)T)es. Je crois qu'en Allemagne on n'a pas bien saisi la portée de cette dernière théorie ; elle nous a été pourtant dun grand secours dans notre travail.

Un fait bien intéressant mérite de vous être signalé. L'essence de valériane contient un principe oxygéné C'^ir'O** (que les agents oxy-

1. Voir la réponse de Liebig du !«' mars 1840 au chapitre ii (1" partie).

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