ou bien
GERHARDT A CAHOURS 451
J'ai obtenu, à ma grande satisfaction, l'hydrate de phényle par Tacide salicylique. L'action de la baryte sur ce dernier est tellement énergique qu'il faut tenir le récipient dans de la glace et chauffer bien doucement, car sans cela le tout s'en va en fumée. Le produit cristallise très bien et se liquéfie par la chaleur de la main, lorsqu'il se trouve à l'air. Dès que j'aurai quelques résultats analytiques, je communiquerai une nouvelle note sur ce sujet à M. Dumas; elle doit lui faire plaisir, car ce fait, que la théorie des types m'avait fait prévoir, est fécond en conséquences.
Je m'occupe également de l'essence de girofle : j'ai trouvé la cause
des différences que présentent ces résultats de ceux qui s'en sont
occupés. L'essence de girofle paraît être C*^II"0*; l'eugénate de
C*®H"0* potasse j^ ; c'est-à-dire c'est une série entièrement analogue dtu
salicyle ; l'essence peut également donner un acide analogue à l'acide salicylique, et c'est ce mélange d'etigénure et (l'eugénate qui a causé ces différences.
Voyez cette analogie.
Hydrure de benzoïle Cuminol
Acide benzoïque Acide cumin ique
Hydrure de salicyle Esseiu e de girofle Acide salicylique Acide nouveau
Voilà donc assez de matière pour un nouveau travail...
Gerhàrdt à Cahours.
Montpellier, 15 août 1811.
Vous avez dû recevoir le petit mot que j'ai eu le plaisir de vous adresser il y a quinze jours ou trois semaines. Depuis j'ai observé la formation directe de Yacide salicylique par la salicine^ ce qui permet de préparer cet acide avec la plus grande facilité, etc., etc. Lisez là-dessus la lettre à M. Dumas que je vous envoie pour lui remettre.
J'aurai le plaisir de vous voir le 2 ou 3 septembre, car je passerai mes vacances à Paris pour travailler. Vous serez peut-être assez aimable (si faire se peut) pour me laisser faire mes combustions chez
vous. Je n'ose pas demander cela à M. Dumas; làchez-lui donc un mot; ou bien, si vous n'avez pas de place, j'irai demander Thospitalité à Deville.
M. Laurent* fait de la chimieà la vapeur ; je suis certain qu'en traitant par de Tacide nitrique la tige de mes bottes, j'en tirerai aussi un acide ésique ou isique. Quelle chimie! et où cela va-t-il conduire?...
Erdmann à Gerhardl,
Leipzig, 18 novembre 1841.
Très cher ami, mes sincères remerciements pour vos aimables lij^nes du 23 septembre. Votre traduction de ma troisième étude sur l'indigo m'est parvenue depuis et je vous en suis particulièrement obligé. Je ne me suis plus occupé beaucoup de ce corps et vous prie de ne pas vous laisser empêcher, par la crainte de collisions, de continuer votre belle découverte de l'effet de la chaux hydratée sur l'indigo. Je ne ferai rien de ce côté ; ce que je projette, c'est une revision de ce que nous savons relativement aux acides indigo sulfuriques. Les deux acides signalés par Berzélius, dont l'un donne un sel ammoniac soluble dans l'alcool, l'autre un sel ammoniac insoluble dans l'alcool, existent certainement ; de môme les acides rouges el jaunes décrits par Berzélius ont chacun deux modifications, Tune soluble, l'autre insoluble dans l'alcool. Dumas n'y a apparemment pas pensé... {Traduction.)
Liebig à Gerhardl.
Giessen, 10 janvier 1812.
Mon cher ami, M. Dumas n'ayant pas jugé à propos de faire, dans son Essai de statique chimique, la moindre mention que je me suis occupé de physiologie végétale, je me vois forcé, à mon regret, de publier une partie de mes recherches physiologico-chimiques sur le processus vital* dans le corps animal. Ici encore, il m'a devancé en bien des points, et voici comment. Pendant le semestre d'hiver 1840-1841, j'ai fait un cours de physiologie animale auquel assistait M. Marignac, alors élève de l'École des mines, actuellement profes-
1. Première allusion de Gerhardl à celui qui devait être un jour son associé dans la réforme de la chimie.