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mais pour cela il est absolument indispensable d'admettre l'éthyle, l'ammonium, ou, comme je le fais, une moyenne entre la théorie de l'ammoniaque et de l'ammonium.
Ainsi :
Chlorure d'hydrogène C^-j-H^
— — ammoniacal. C^-j-II^
— d'aniline C^ + «'
(G^«H'*Ad),
alors on comprend l'iso-
morphismeav(
de potassium.
/j|6* 2\ morphisme avec les sels
car.je vous le répèle, si vous êtes conséquent, il faut que vous écriviez :
Acétate d'aniline = C"H"Az*0*.
Formiate = C2«H»«Az*0*,
Vous faites un accommodement avec votre conscience.
Vous copulez acétate C*H*0* + ou, H*AzV Mais, me direz-vous, je ne prétends pas dire que les atomes sont ainsi disposés. Eh bien î soit. Vous faites une formule de convention qui veut dire : quel que soit Tarrangement des atomes dans l'acétate d'ammoniaque, cel arrangement sera le même dans l'acétate d'aniline. Et on l'indique en écrivant ces deux sels ainsi : Ac + Am et Ac -f- An. Soit, mais ne nous arrêtons pas en chemin, et s'il y a avantage à écrire des formules synoptiques dans ce cas, pourquoi n'y en aurait-il pas dans les autres cas? Pourquoi ne pas écrire alors éther acétique Ac -|- CH'^ Mais, mais, mais,... oui, connu.
Cherchons et nous trouverons.
Faites-moi le plaisir de regarder encore la classification que j'ai présentée à l'Académie. Voyez si vous ne pouvez pas y faire entrer vos homologues horizontalement...
Gerhardt à Dumas,
Montpellier, octobre 1844.
(Lettre publiée dans les Comptes rendus dr l'Académie^ séance ilu 3 novembre 18 ii.)
Laurent à Gerhardt.
Bordeaux, 12 février 1845.
Tu as vaincu, Galiléen! Oui, il est certain, il est évident, et cela ne peut pas être autrement, toute substance organique renferme G*H*0^(ou 1/2). Mais, malheureux! pourquoi n'avez-vous pas pu être conséquent jusqu'au bout? Comment n'avez vous pas vu que toutes les combinaisons azotées, arséniquées, phosphorées... devaient se représenter par C*(HAz)*0..., c'est-à-dire que toute substance organique qui renferme Az",Az*,**,**,*',"..., doit avoir un nombre d'atomes d'hydrogène divisible seulement par 2 et non par 4, et que toute substance qui renfermera Az*,Az*,*,*"..., doit aussi renfermer ou H" ou un mulliple de H*; exemple, 4 volumes cyanogène C\z\
LAURENT A GERHARDT 47i
4 volumes acide hydrogène C*(Il'Az'), Tacide cacodylique de Bunsen existe tel qu'il le dit : C* (ïr*As*)0*, Téthyle, le cacodyle, Tamide ne peuvent évidemment pas exister libres sous la forme C"'H",(?(H"Az'j (H*Az*), mais sous le double. En effet, lorsqu'un métal M* agit sur un acide, H* est remplacé par M*, donc Cil'" doit représenter seulement 2 volumes. Voici la raison de tout cela (prenons 2 vol. et C=75 comme vous) :
Les végétaux se forment avec CO*,irO et H*Az, donc toute substance organique non azotée doit renfermer II divisible par 2. Maintenant, Tammoniaque, en agissant sur une substance organique quelconque, ou s'y ajoute, alors on a yC*H* -f- H'Az (hydrogène en nombre impair); ou bien il s'en sépare 11*0 ou 11*0*..., il reste toujours un nombre impair d'alomes d'hydrogène.
Le mellon (je reprends ma notation) C**Az* satisfait à ce que je viens de vous dire, et non l'acide hydromellonique C**Il*Az*. Mais. le mellon = C**Az" car il vient du mélam CMr'Az" qui perd 3irAz% reste mellon. D'ailleurs, la température énorme qu'il supporte avant de se fondre ou se volatiliser pour se dédoubler indique qu'il a un poids atomique très élevé.
Je suis convaincu par befiucoupde raisons que nos deux idées sont parfaitement justes. Vous savez de quelle manière on nous accueille. Il est fâcheux alors que nous ne puissions pas conserver pour nous la position avantageuse que nous avons sur tous les chimistes. Si je ne craignais pas de voir cette idée éclore dans le cerveau d'un autre, nous pourrions à nous deux reprendre toutes les combinaisons azotées et les réanalyser
J'ai réanalysé et je réanalyse maintenant plusieurs substances azotées suspectes. J'ai déjà de bons résultats. Je vais reprendre la quinine et la morphine; la quinine C*"ir*Az*0' ne va pas; il est vrai que son poids atomique = C"lI*"Az*0* qui va. Mais je soupçonne que ce doit être C*"H"Az'0* ou plutôt C"ir*Az'0*. Je vais chercher si on n'aurait pas
Quinine. . = C"(II*W)Az*0*.
Cinchonine = C""(H")Az"0'.
La quinoléine que les Allemands attaquent ne serait pas H" ; refaites donc l'analyse.
Je crois avoir la clef de voûte, la narcotine, narcogénine, opianique, etc...
Avez-vous une de ces substances : Aricine, thébaïne, narcéine, solanine, vératrine, etc.?.. Elles sont toutes mauvaises. Idem^ acides bilique et cholique sont mauvais.
Voici leurs compositions :
Acide biliqiie . C^HV Az»0*^ — G* H« Az*0*.
» cholique = C«W« 0*.
Les sels de Gros sont mauvais, il y a H* de trop. Je viens d'interrompre ma lettre pour faire l'analyse de la lophine. C'est exactement
C^H^Az*.
Le cyanogène par Il*S n'est pas comme vous l'écrivez C*Az*Il*S** mais C'Az*H'S*, c'est l'oxamide sulfurée. En effet C"Az*+irO' donne de l'oxamide, ou si vous le voulez avec H**0* de l'oxalale d'ammoniaque C*Az*+ H*S* = sulfoxamide.
De plus
Oxamide . . ) , „.^, ^rv a < ^c. oxalique , ( 11*0*
iz \f .1 i + HW par KO donne î • +) i.io*-
Sulfoxamide ) ( ammoniaque ( ÏI*h*
Mais laissons mon azote de côté pour arriver aussi à vos affaires.
Je viens de découvrir un acide de la plus grande beauté. L'acide camphorique anhydre n'est pas C^H'W mais le double. En effet, par l'ammoniaque, j'obtiens un camphoramate = C*"H**0*,2H*Az'. Mais par Facide hydrochlorique, il donne de superbes cristaux d'acide camphoramique'c"H"0*,H*Az'.
Le camphoramate d'ammoniaque distillé
C40Q2||28 j|4^22 ^8^22 ^ Q* (monobasique). — H* — Wkz^ — 0\
^40 Qs H28^ }pAz* + 0* = camphorimide cristallisé. L'acide camphoramique distillé donne idem,
Pelouze a voulu nous enfoncer, il ont enfin un acide anhydre, le « vérrrri table acide lactique anhydrrrre ! ! »
Je viens de le traiter par l'ammoniaque. On a C**H"0*"-|-2irAz' lactamate, qui ne donne avec le chlorure de platine qu'un précipité partiel. En évaporant sa dissolution, j'ai obtenu la lactamide, acide tartrique anhydre -{- ammoniaque et alcool donne quelque chose d'analogue, mais pas très nel.
L'acide tartrélique doit exister. On a, comme dans tontes les séries :
ine correspond pas aux anhydrides bibasiques car il absorbe Fammoniaque pour former un amlde et non un sel amkli^ d'am
C'^II'^AdW + 0^ laetamide.
C'Ml'20^ ^- 02 acide lactique.
moniaque.
Homodes C C'MI'O* ) acide lactique anhydre qui pourrait
midic. ( C'^ir^O^ + 0^ S probablement donner les sels suivants. C»M1«0^ )
( C'MP^AdO^ + 0^ ^ .11.. ;. . '* ] C'^H^'O^* 4- (V \ ^^' laclamique (isamique).
(jC'Ml»^Ad0* + 0M
'( C»*II"Am0* + 0^ S *'''**^"'*''^**-
C'*ll"0' + 0* anhydride.
C"I1*'0* + O' acide tarlriqne (bibasique). Homodes < C'^'irO' + 0* K .^ . .^ . ..,.
midic. i C"ir0- 1 0- 5 »>'^'^'^^»'I"^^ «^'de tartrélique.
Les pinates, sylvates, pimarates, etc., ne sont pas C"ir'0* + OM. Je viens de chaufifer Tacide pimarique avec Toxyde de plomb, il se dégage exactement 11*0, il faut pour cela ajouter au mélange un peu dalcool.
Le véritable acide des pins est le pimarique. Kn le distillant, on obtient le pyromarique qui paraît n'être que le sylvique, qui ne serait qu'un produit du feu quand on distille pour avoir de la térébenthine.
Quant à l'acide pinique, c'est probablement un produit de l'action du temps, le même que mon acide pimarique amorphe.
En traitant l'acide pimarique par AzO' pendant cinq, dix, ou quinze minutes, on obtient un produit constant que je viens d'analyser
Acide nitropimarique = C'*II"X'0* + 0* bibasique
ç.oj|oo j Q4 ^y^^^ j^, nionobasique.
J'ai corrigé une erreur sur le benzilam. Vous avez peut-être le cahier de la Revue. En tout cas, voici ce que l'on a :
Benzile + H*iVz* = C'^irO",H'Az' imabenzile + 11*0' » -[- id. = id. benzilime -f id.
» + id. =C"H*'Az' benzilam
L'imabenzile et le benzilime par SO'FIO perd 11*0' el donne immédiatement du benzilam.
La benzoïne, avec l'ammoniaqne anhydre et alcool absolu, ma donné plusieurs produits. Je n'en ai isolé qu'un seul, le benzoTnam = C'*H'*0',irAz*.
J'ai sur le chantier beaucoup de combinaisons naphtaliques et huit à dix nouveaux acides admirablement cristallisés, obtenus avec Tacide urique. Mais comment voulez-vous que je m'en tire seul, lorsque je perds tous les matins au moins une heure à balayer et ranger mon laboratoire? Ah fçredin! chien de métierl maudite province! quoi! personne avec moi pour m'aider! Je fais dans ce moment du chlorure de platine. C'est à se ronger les poings
Votre classification est mauvaise ; poursuivez vos homologues et qu'ils servent à faire voire classification. Sans une idée dominante, il est impossible de faire quelque chose. Tirerez-vous jamais quelque chose de votre classification? Non, rien, absolument rien, puisqu'il n'y a pas d'idée. Une classification doit offrir une série de rapports. Et je suis persuadé que, quel que soit le point de départ, on doit toujours arriver à des rapprochements intéressants. Mais encore faut-il que ce point de départ soit une idée...
Laurent à GerharJt,
Bordeaux, 24 février 1845.
... Voici mon principe pour toutes les classifications : Existe-t-il des classifications naturelles en chimie, zoologie, botanique, etc.? Je n'en sais rien. Je n'ai jamais connu les plans de la nature. Pour moi, une classification est un ordre, une série disposée de telle façon que, dans le plus petit espace et avec le moins de mots pos- .sibles, elle fasse connaître le plus grand nombre de propriétés. Classer, c'est établir des rapports. Choisir des rapports, c'est comprendre, retenir avec facilité un grand nombre de faits, de manière <\ conclure du général au particulier et réciproquement.
Or, il n'y a aucun rapport à saisir dans votre classification. Vous avez beau me répéter qu'il faut un terrain neutre sur lequel tout le monde puisse s'entendre. Eh! parbleu! l'ordre alphabétique!... On mettra en tête le plus fort poids atomique, ou mieux encore le corps qui renferme le plus de carbone p. 100.
Vos homologues ofiFrent des rapports. Il faudra donc qu'ils entrent <lans une bonne classification si ces rapports se confirment et is'élendent.
LAURENT A GERHARDT 47o
Le principe de génération (tant que le nombre d'atomes reste constant) me paraît un excellent élément de classification, car il permet de rapprocher les corps sous le point de vue de leurs métamorphoses les plus prochaines. (Alcool, acide acétique, aldéhyde, élher, cacodyle.) Tout cela se lie.
Il est certain pour moi qu'il y a entre la naphtaline et ses deux chlorures un lien que Ton ne peut briser. Vous en feriez trois classes, C-H**— C*"!!"— et C*"!!". Vous détruisez cette belle unité qui existe entre ces cinquante chlorures.
L'azote vous embarrasse dans votre classification.
Croyez-vous qu'on ne peut pas souvent lui faire jouer le rôle de l'hydrogène, puisque les deux vont toujours ensemble, comme si l'un substituait l'autre? Tenez, que pensez-vous de la manière dont j'interprète la constitution (»t la formation de l'acide fulminique? Acide acétique, Cil*,!!* + 0*, peu importe la disposition, je dis seulement que si telle est la constitution de l'acide acétique, voici quelle sera celle de l'acide argento-fulminique C"Az*Ag,ir-|- 0* monobasique.
D'ailleurs, alcool argento-fulminile de K :