‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 251 sur 274 · RO" R'-^CO*^ R · texte numérisé non relu

RO" R'-^CO*^ R

ac. carbonique ac. oxalique ac. succiniquc

R-*AdO* R'-«AdO',0* R''-«AdO%0*

ac. carbamiqne ac. oxamique ac. succinamique.

Un tel système serait la même chose que le mien. On ne prétendait pas indiquer la disposition des atomes, mais une semblable disposition dans les corps analogues. Et puis» voyez où vous conduisent les corps isomères !

Berzélius, en parlant des acides draconique, chloré, nitro-bromo... passe par-dessus les ressemblances, et s'écrie : « Vous voyez bien que ces corps n'ont aucun rapport ! » Il ne cite môme pas Tisomorphisme des acides phtalique et nitro-naphtalique. Ne faites pas comme lui, ne fermez pas les yeux sur Tisomorphisme des sels de potassium et d'ammonium. L'ammonium n'existe peut-être pas, mais il faut que la formule des deux chlorures soit la même.

H'Az

H Il'Az

ou

ll'Az H'Az

= A volumes.

11 me semble qu'il faudrait tout réduire à l'unité de volume et formuler les corps ainsi :

0,H,C1,...H«C1", HO •, c'est-à-dire que la combinaison est formée par la double décomposition "même des corps simples réagissant, ou la condensation. 4 volumes aldéhyde -j- 2 volumes oxygène =: 4 volumes acide acétique. Mais, dans ce cas, comme dans les précédents, si l'on prend 1 volume, c'est un 1/2 volume d'oxygène qui se condense dans l'aldéhyde. Dans la liqueur des Hollandais, il y a condensation sans division ; les atomes doivent être divisibles Vous m'ob-

jecterez les fractions. On pourrait les éviter par un artifice. Et puis, d'ailleurs, n'avez-vous pas adopté mon idée pour les métaux (les deux oxydes) ? Tout est à faire.

Ainsi, il n'y a jamais addition. Il y a ou division (Il "Cl*) ou condensation. Il serait bien de comparer les deux espèces de combinaisons. Mais il y a tant à faire !..•

L'asparamide ne serait-elle pas un acide biamidé faible? Elle est soluble dans KO précipité par les acides.

On aurait la série suivante :

Butyrèiie C''*H"

Acide butyrique C"I1" + 0*,

;. succiniqne anhydre C'II'O' + 0'. '

Asparamidc C'H'Ad'O* + 0* ac. asparauiique.

Succinainido C'U'O'Ad* + 0*.

Ac. succinamiquc

cni-Ad'o* + 0*.

Bulyramide C"H"Ad + 0'-.

Ac. succiniqufr C"'H"0* -f 0* bibasique.

Succinimide C'H'O'lm' + 0*.

Ac. aspartique C"II"AdO* + 0* bibasique.

Aldéhyde butyrique C"H" + Ù*.

Vous savez que i'asparagine se transforme en succinate d'ammoniaque : il reste à trouver par expérience un passage entre les composés butyriques et succiniques...

Laurent à Gerhardt,

Bordeaux, fin février 1845.

Je viens encore d'analyser la ciuchonine = C"Az*ir*0 ou le double. Je n'ai pas encore pu me reconnaître au milieu des indines et hydrindines. Je trouve un nouveau corps dans ces réactions, mais en petite quantité. C'est un acide jaune cristallin 'qui, fortement desséché = C"Az*ir"0* isomère avec Tindine et dont le sel d'argent = C"Az*H"AgO*. Mais cela n'est pas parfaitement sûr, les analyses n'ont pu être répétées; en tout cas, je ne conçois pas encore la formation de Fhydrindine.

Ma nouvelle formule de l'indine va bien avec les réactions trouvées

478 SA CORnESPONDANCE

par Erdmann ; en chauffant la ehlorisatyde, il obtient chlorindine et chlorisatine.

C*'Az*H'*a*0" = C^Az'H'C W + C"AzMrcrO* + H*0'

1/2 chlorindine.

En traitant la chlorisatyde par KO, il a obtenu acide chlorisatydique etchlorisatine. Or,

C*Az*H*"CrO' = C^AzMrCTO* + C"Az'H"CrO*

ac. chlorisatydlque.

Mon acide nouveau serait Tanhydride chlorisatydique.

Je viens d'essayer si lasparagine ne serait pas un acide amidé. Elle est beaucoup plus soluble dans Teau légèrement ammoniacale que dans Teau pure. Cette dissolution ne précipite pas le nitrate d'argent, mais il en est de même avec lactamate, camphoramate d'anmioniaque. En neutralisant l'ammoniaque par Tacide acétique, il se précipite de l'aspartate d'argent. L'asparagine est soluble dans la potasse et en est précipitée par les acides sans altération. Je n'avais pas assez de matière pour continuer nies essais.

Je reçois votre journal, c'est bien, mais trop concis...

Laurent à Gerhardt,

Bordeaux, 6 mars 1845.

... Je ne sais conimeht me tirer de l'indine et de Thydrindine. Je trouve indine = C^AzMI'^O* isomère avec l'indigo. Lindinate de potasse = CAz'H'^KO*. Cela va bien. En effet» isalyde par chaleur ou par KO donne indine et isatine :

C*'Az*H"0" = C^'Aznr^O'* + e*AzMl***0* + H*0\

isatyde.

Voilà qui est plus net que ce que j'ai trouvé autrefois. Mais je

Si

trouve à Thydrindine (produit de KO sur indine) C"Az*ir'0 «,,€'681-3dire comme autrefois. Cela va très bien avec un sel de potasse bien cristallisé

Hydrindate = C^AzMrKO**.

Mais comment l'indine se change-t-elle en hydrindine? Je m'y perds, d'autant plus que Thydrindine se change quelquefois en indine par KO. Elle donne bien aussi de l'indine à une tempéra-

MALAGUTI A GERHAHDÏ 470

lure très élevée, mais il se dégage d'autres produits; je pense qu'il doit se former un nouvel acide dont la composition doit être C"Az*n"0* ou l'analogue de Tacide chlorisatydique ordinaire...

Je ne me tirerai jamais de là. C'est une série de composés doués d'une mobilité extrême.' Vous voulez laver ce corps avec un peu de potasse? prrt! il disparaît. Vous voulez le faire bouillir avec de la potasse? il ne bouge pas, etc., etc. Je m'y perds I

Quand j'aurai la tête un peu plus libre, nous dresserons notre plan pour les idées à soutenir dans votre journal. Voilà huit jours et huit nuits pendant lesquels je ne vois que des fantômes indinés qui se métamorphosent en d'autres fantômes hydrindinés ; je ne pense plus ; je rêve...

Malaguli à Gerhardl.

Rennes, 1) mars 18 i5.

... Je ne puis pas vous exprimer le plaisir que j'ai éprouvé, en lisant dans la préface de votre nouveau journal que vous avez l'intention de protester contre la partialité acariâtre et révoltante de M. Berzélius. Il est temps qu'une voix s'élève eniin, pour faire entendre tout ce qu'il y a de haineux et (passez-moi le mot) de méchant dans les procédés de M. Berzélius. Comment! sans infirmer les faits, sans contester l'expérience, il vOus écrase tantôt de son mépris, tantôt de son dédain, parce que vous osez franchir le cercle dont il a prétendu entourer la chimie! Et puis quelquefois, dans sa loyauté septentrionale, il se permet de défigurer l'ordre des faits, de fausser l'esprit qui a présidé à leur découverte, et tout cela pour avoir le plaisir d'anéantir le mérite d'un travail, et inspirer le dégoût de la chimie!

Peut-on tolérer qu'un jeune chimiste, qui, comme vous, a déjà donné tant de garanties de sa haute capacité; soit traité comme il vous traite dans son dernier Annuaire? Et remarquez bien qu'il y a plus de monde à lire V Annuaire de Berzélius et à en adopter les opinions, qu'à lire les travaux bafoués, satyrisés et abîmés. Et puisque je suis sur ce chapitre, permettez-moi de vous dire deux mots qui me concernent.

Je publie, en commun avec M. Sarzeaud, un travail sur quelques chromâtes magnésiens-ammoniacaux. Il suffit de lire le commencement et la fin de ce travail pour voir que le but que les auteurs se sont proposé a été de découvrir des faits analogues à celui découvert par M. Boëtger, et que le résultat le plus saillant du travail, c'a été de prouver que les chromâtes acides, en présence de l'ammoniaque.

au lieu de donner des doubles sels, ainsi quïl était permis de s'attendre, donnent des produits particuliers, identiques avec ceux provenant de chromâtes basiques. Eh bien! que croyez-vous que M. Berzélius dise de ce travail dans son dernier Annuaire?

D'abord il ne parle pas plus du résultat inattendu et saillant, de la non-formation des chromâtes doubles, comfne s'il n'existait pas; ensuite, il établit que le but des auteurs est de prouver que ces composés renferment de Tammonium : sans penser que si les auteurs ont vu dans ces composés de Tammonium, ils n'ont fait que se rallier aux opinions connues depuis longtemps de Graham et de Kane, et qu'ils n'ont attaché à cette question aucune importance. En effet, est-il croyable que des hommes doués de sens commun prétendent résoudre des problèmes aussi difficiles que celui qui a trait à la constitution moléculaire des corps, rien que par quelques analyses élémentaires?

Après cela, comme complément de son aménité, il trouve mal que les auteurs soient entrés dans des déti\ils minutieux, comme si c'était mauvais de mettre tout le monde à même de répéter vos expériences ; il ajoute qu'il faut lire deux à trois fois le texte pour le comprendre, etc., et tout cela parce que ce travail quelconque a été fait en France, par des chimistes de l'école française.

C'est dégoûtant! î!

Ce qu'il y a d'étrange dans le système de M. Berzélius, c'est que non seulement il ne tient aucun compte des efforts que vous faites, non seulement il vous décourage par ses dcretés, mais il vous en veut de ce que vous ne faites pas. Si le bon Dieu ne s'en mêle point, je parie qu'il finira par abîmer, non seulement ceux qui travaillent, mais même ceux qui ne travaillent pas...

Parlons d'autre chose.

Votre oxanilide produira dans la science autant d'effet que l'oxamide en produisit lors de sa découverte. En vérité, je ne conçois pas que l'on puisse encore parler d'amidogène. DéjA, Tannée dernière, dans mon cours de chimie organique, à l'occasion de la théorie desélhers, j'ai expliqué, développé et adopté vos idées, et j'ai battu en brèche de toutes mes forces l'amidogène et tous les corps hypothétiques de son espèce. Déj;\, il y a quelques semaines, à l'occasion d'une leçon sur l'ammoniaque, j'ai démoli l'ammonium, les acides anhydres et tous les corps imaginaires qui entravent la chimie dans sa course rapide.

Je regrette que la nature de mon auditoire ne me permette pas d'enseigner d'après mes convictions, qui, en général, sont les vôtres; mais je n'ai affaire qu'à quelques jeunes gens qui se destinent au baccalauréat, et à une foule d'amateurs qui sont toujours prêts

à quitter l'amphithéâtre, dès que je m'avise de les attirer sur un terrain nouveau et tant soit peu difficile. Tous ces amateurs ont lu dans le temps des livres de Tancienne chimie, et toul^ ce qui choque leurs idées routinières les efiFarouche et les épouvante.

Tout ceci, mon cher ami, signifie que le haut enseignement dans les provinces est une véritable dérision...

Laurent à Gerhardl,

Bordeaux, 23 mars 1845.

... Les faits que vous me communiquez sont intéressants au plus haut degré. Mais à mon nouveau point de vue (donnez des formules telles qu'à leur aspect on reconnaisse l'origine, les transformations, la place que tel corps doit occuper), cela ne me contrarie nullement. Je ne crois pas trop à l'amide, mais comme moyen de classification de rapprochement, c'est très commode et même très important.

L'amide est le radical ammoniaque — H*. Eh bien ! tous les produits analogues à l'oxamide renfermeront un corps analogue à l'amide, c'est-à-dire un radical de la série — H*.

On aura donc :

Acide sulfamique j g^-cy^'^^*^'^ \ ^" ^'^* (Az*H— ) H" -|- 0\

,. /de rhydrogène\ C SO*(C*H-- ) ) c.r../r^ti,.-.x t.. . rv* Acide sulfo( ^J^^^^^ )\^^}^. ^ j ou S«0-(C«Hn H- -f 0^

La formule est un peu embrouillée, mais, pour le moment, ce n'est pas de cela qu'il s'agit, mais de trouver une rubrique pour classer les corps analogues par des formules analogues.

Il me paraît pour le moment impossible de représenter par une formule iinéaire un arrangement atomique à trois dimensions.

L'oxalaniline, la carbaniline, sont évidemment les correspondants de l'oxamide, carbamide, etc. ... Il faut donc, suivant moi, que les formules indiquent cette analogie. Peu importe aujourd'hui, et entre nous, la complication de la formule ; c'est un projet sur le métier qu'il faudra broder peu à peu. Quant à la nomenclature, il faudra bien évidemment deux noms, l'un correspondant à la ligne horizontale, l'autre à la ligne verticale, un substantif et un adjectif, exemple : alcool méthylique, éthénique, amylique, etc., éther, etc. Il est absolument inutile de s'occuper pour le moment des dérivés chlorés, bromes, sulfurés, etc., c'est secondaire, au besoin bi, trichlorés...

CHARLES OBRHARDT. 31

Je ne saisis pas encore votre pensée sur les formules rationnelles ou synoptiques. Il me semble que vous regrettez de ne pas avoir mis Facétjpite de quinine dans la famille Q + C* afin d'être conséquent.

Je comprends vos formules de résidu ainsi :

Soit C"0'H"Cr -f- H'H*'Az'C"

chlor. benz. + aniline.

— cr — HV

Reste C"0'H"

H**Az'C'*, c'est-à-dire comme une

espèce de substitution réciproque, Cl* est remplacé par le résidu benzoïque. La formule pourrait être disposée de telle sorte que Ton y reconnaisse à la vue immédiatement deux membres des séries benzoïque et anilique. Mais il est impossible de parler de tout cela eo peu de mots sans être obscur, surtout pour une chose que Ton ne fait encore qu'entrevoir.

Il est certain que par vos homologues vous embrassez des combinaisons analogues, mais le seront-elles toutes? Pour les séries R, il n'y a pas de doute, mais pour les autres? Et puis, il me semble qu il y a beaucoup d'analogues qui ne sont pas homologues... Il me tarde d'avoir vos tableaux, afin que je puisse voir comme je les ferai cadrer avec les miens...

... Je ferai une demi-concession à Dumas pour ses types mécaniques. Il est évident que quand l'éther hydrochlorique ou la liqueur des Hollandais chlorée donne du perchlorure de carbone, il y a, au moins dans un cas, rupture de l'arrangement mécanique. Cependant, à mon point de vue, jamais les substitutions ne font sortir un corps de sa série. A votre point de vue, cela arrive ; ainsi l'éther C" donne du perchlorure de carbone C; idem isatine et acide chlorisamique — mais suivant moi, il y a addition sans mélange général — homodes midic. Comprenez si vous pouvez.

Laurent à Gerhardt.

Bordeaux, 19 avril 1845.

Mon cher ami, plus je pense à notre association et moins elle me paraît mauvaise. Si le journal prend plus d'extension, et si on y passe en revue même ce qui se fait en France, nous pourrons conquérir une bonne position, mais elle sera scabreuse. Nous nous mettrons à dos bien des gens. Tâchons seulement de frapper juste et de ne pas

LAURENT A GEKHAHUT 483

prêter nous-mêmes le flanc à la critique. Pour cela, je veux bien abandonner avec vous les formules rationnelles, mais à condition que nous chercherons un système de formules synoptiques indiquant des rappporls de classe et de propriétés. Les autres chercheront des formules d'arrangement, et nous pourrons les attaquer, à moins qu'ils ne trouvent la vraie formule. Mais ils n'y sont pas encore.

Je viens d'acheter un long et large registre dans lequel je vais essayer de faire entrer mes séries verticalement et vos homologues horizontalement. Mais il me semble que si je prends des formules absolument brutes, je n'arriverai à rien de bon. Vous dites que Toxamide et Toxanilide sont homologues; mais alors, vous ne comparez donc plus les formules brutes?...

Je viens d'analyser Tacide mellonique; je trouve dans un premier essai C**Az*ïrO'; comme il y a II'O de trop, je vais préparer du mellonure d'argent, qui pourra décider la question.

J'ai analysé le benzoate d'hydrure; je trouve encore plus exactement C" 0*. Doublons la formule et nous aurons un benzoate

d'hydrure, mais différent de l'analyse de Liebig 3C"H"0*-f G-U"0*. Sa formation par l'acide sulfurique s'explique en admettant la présence de l'acide benzoïque dans l'essence, car toutes les essences n'en donnent pas, et, en général, on n'en obtient que très peu. Je viens de préparer le phtalamate d'ammoniaque = Pht + 2H*Az*. La moitié de l'ammoniaque se précipite à froid parCrPt, l'autre moitié par l'ébullition. La phtalamide de Marignac n'existe pas. J'ai réanalysé l'argent phtalimidé, je trouve exactement phtalimide -\- OAg. Le phtalamate d'ammoniaque donne, avec le nitrate d'argent, suivant les circonstances, du phtalamate d'argent en aiguilles ou de l'argent phtalimidé en paillettes. Il y a évidemment un cas d'homodes midic. L'argenI phtalimidé peut se représenter par un phtalate -j- un 4. imide.

( C^H'Ag'O' 4- O"* phtalate ( C"ir,H*Az* + 0*

ou mieux

\ C"H*Ag Im'O' + 0' imide — H* -f Ag"l ) C"H"AgAdO' + 0* phUalamate. J

•car je suppose que l'argent phtalimidé peut se changer en phtalamate d'argent et réciproquement.

J'ai deux cinchonines bromées.

J'ai analysé les composés suivants :

Bihydrochlorate de cinchonine

beaux cristaux WCV -f Ci'".

Bichloroplatinale 2{R*(T + CrPt) + Ci + 2Aq-

Broma cinchonii = Ci — H' -j- Br*.

Bihydrochlorate. . . isomorphe avec le précédent autant qu'on peut juger sans mesure Il*Cl* + Ci".

Bichloroplatinate 2(H'Cl'-fCl*Pt) + Ci"+2 Aq.

Cinchonine 3/â bromée (certain). = Ci — H* + Br*.

Bihydrochlorate... isomorphe avec précédent (sans mesure) beaucoup moins soluble H*C1* + Ci".

Bihydrochlorobromate... isomor-

Bichloroplalinato 2(H'Cr, Cl*Pt) + Ci" + 2Aq.

11 serait intéressant de faire de la bromoquinoléine en chaufiantla bromocinchonine avec la potasse. Cela vous regarde. Vous voyez que je ne m'endors pas complètement. En avant, marchons!...

Laurent à Gerhàrdt,

Bordeaux, 11 mai 1845.

La formule de Tacide cacodylique que vous me donnez est précisément celle que j'avais d'abord admise, je le comparais à l'acide acétique. J'en ai parlé à Bunsen, qui m'a répondu qu'il était sûr (le H**. Je lui ai fait remarquer que l'oxyde de cacodyle, par des corps oxydants non hydrogénés, donnait cependant de l'acide cacodylique ; il m'a répondu que, dans ce cas, il y avait toujours une partie de l'oxyde qui était détruite et fournissait l'hydrogène. Au reste, j'aimerais bien mieux mon ancienne formule II**. Voici ce que j'ai fait avec H** ":

aniline Ethène CW arsénié CIVM <•> analogue à C"H".... C*H"Ad.

Ethyle 2 v.CH*'... cacodyle CWJR

Ether 2 v.C*H*'*0...ox.cac. CIV'MO,

Acétate C'inr +0* , ,. ^„ ( W ) , ^.

,, ,.w. , ... ac. cacodylique CH J„e. J+O.

d ammoniaque (H"Az'j -^ * (H*As*) '

C*H"H* A- 0* Acétate d'éthyle /p«ï,gv (t. 11 )

L'acide cacodylique serait l'acétate d'hydrogène arséniqué analogue 1. B pour H*A8«.

à Téther acétique, ou mieux à Yéthersalicylique, qui joue le rôle d'acide. Salicylate d^élhyle C"H"LVjJ' 0*.

SalicyléthylatedeKC"H"L^Jo*— cacodylate CR' (h'As*) + ^*'

Je ne vois pas vos correspondances. Je ne vois pas quel rapport propriété il y a entre le cacodyle et le thionol. L'alcargène correspondrait à C*H*-j- 0*... Je ne connais pas de tels composés monobasiques. Je ne comprends pas davantage les rapports de l'arsine avec Taldéhyde.

Je vois des formules qui se correspondent, mais pas de rapports (propriétés) correspondants. Or, faire simplement correspondre des formules par le nombre des atomes ce n'est pas ce que nous devons chercher.

Voici mon cheval de bataille : imaginer un système de formules tel qu'aux corps analogues correspondent des formules analogues, quand même on devrait y faire entrer des corps hxjpothét'tques.

Puisque nous ne prétendons pas que l'arrangement est indiqué par les formules, nous voulons seulement dire : si l'acide acétique = C*H' + 0*, le formique sera C*H* + 0*.

Si l'aniline = C"H"Ad, la nicotine sera C"H*"Ad, l'arsine CHMl, ou si l'aniline =C"H" + irAzV la nicotine sera Cnr + H*Az', larsineC'H' + H'As', etc.

On est donc à Tabri de la critique, on ne fait pas d'hypothèse. Mais il faut donner des tableaux qui établissent nettement ces correspondances.

Cela est déjà exact pour toutes les séries R. (Puisque j'y pense, dorénavant j'emploierai dans mes mémoires votre notation.)

Quant aux autres séries, j'ai des concordances si frappantes que je ne puis les attribuer au hasard.

Ce sont ces concordances qui m'ont fait supposer que l'asparagine devait être un acide amidé. Je trouve dans un tableau :

pl6T1l6

Butyrène c**ir*Cl*

Chlorure G'ir -f Q*.

Acide succinique r««Q«H* i n> anhydre •

Succinamide C**0"Ad"H' + 0\

Butyramide C"ir*Ad -f- 0".

Succinimide C"0'Im*H* -f- 0.

Aldéhyde butyrique C**H" -|- 0\

Asparamide C**0*Ad"H' + 0^

Acide c**0'AdH" -f 0*.

succinamiq. "^

Acide pittiiid 1^ f\k

butyrique ^ " ">" " "

. J^^if^n» C'O'AdH" + 0* bib.

aspurtique '

Acide cfQ«ji». I Q« ^^ succinique ^ ^ ** i^ ^ *^^

La série butyrique n'est pas encore liée par l'expérience avec la série succinique et aspartique (les deux dernières le sont par Tasparagine, qui donne de l'acide succinique). Or, les amides renferment toujours -f- 0'.

Je viens de verser une dissolution alcoolique de potasse sur Tasparagine. Il se forme une matière liquide insoluble dans l'alcool. Après lavage par alcool, ce liquide séché à iOO degrés se prend à la température ordinaire en une masse solide vitreuse qui renferme : V expérience 23, 2' 2G KO, et l'asparamate de KO C"0'Ad*H*K + 0* demande 24 KO. Je crois donc que l'asparamide est l'acide asparamique très faible, qui ne précipite pas les sels d'argent, pas plus que les autres acides amidés. Puisque j'y pense (c'est ainsi qu'il faut écrire afin de ne rien oublier), j'ai fait la chlorécinchonine — H* -|- Cl*...

Bichlorhydrate Ci^^ + irCl' Bibromhydrate + n*Br*

Bichloroplatinate + 2(H"Cr, C'Pt) + 2Aq.

Le bibromhydrate m'a donné des cristaux que j'ai pu mesurer assez exactement : il est isomorphe avec le bichlorhydrate de cinchonine; en distillant avec KO la chlorécinchonine, j'ai obtenu la quinoléine el non la chloréquinine...

... Si nous pouvions nous voir, je vous montrerais mes tableaux.

Nous tâcherions d'en extraire ce qu'il y a de bon et de faire à nous deux un système un peu présentable. Système de convention, mais qui, une fois établi, ne laisserait plus rien à l'arbitraire. M. Gregory me presse de publier quelque chose, mais cela n'est pas si facile. Voyez plutôt les classifications qu'on nous a données jusqu'il ce jour. Qui nous tirera des amides, imides et copules? C'est furieusement difficile môme à exprimer par une convention arbitraire, mais simple. Vous-même, vous sentez très bien que l'oxamide et l'oxanilide, la carbamide et la carbanilide doivent être représentées par des formules analogues. Mais il faut que l'inspection des formules rappelle au lecteur l'acide oxalique et l'aniline : voilà le hic. Avec des signes négatifs on y arriverait. Mais la soustraction a toujours été une opération plus difficile que l'addition, et puis ces sacrés acides copules!

C^'H*' + 2*S — C-Il". 0 + 2S — C^ir^Ad + 28 — C^H". 0* + 2S\ comment représenter cela?

Tel que je l'écris, cela est assez simple. On aura de même acide sulfamique Az'H" ou H'Ad + 2S0'. Mais alors comment représenter le sulfamate d'ammoniaque 2H'Ad + 2S? On ne voit pas qu'un des équivalents de l'ammoniaque y soit autrement que l'autre.

LAURENT A GERIIARDT 487

Ah ! qui nous donnera le fameux fil conducteur dont parle Berzélius! Le sien est si commode, on en fait tout ce qu'on veut!...

Je renonce pour un instant aux mellonures. Je ne sais comment les préparer. Cependant il faudra bien que Tun de nous deux coule cette affaire à fond. Ce sera un fameux coup si nous l'emportons, car le dernier mémoire de Liebig est terrible. Un mellonure anhydre d'argent, c'est un peu rude à attaquer. Enfin, ayons foi dans nos idées et en avant, marchons 1

Un mot sur vos formules brutes : vous allez mettre chlorure de

p40fTS4

naphtaline dans C"H*'Cr

et bichloronaphtate dans p40T|iipi« (' c'est-à-dire que vous rapportez

les surchlorures à un carbure normal plus hydrogéné. Vous supposez qu'il pourrait exister C"H** qui avec Cl donnerait C"H''C1*. Mais alors il résulterait ceci : que tous vos carbures hypothétiques donneraient par substitution équivalente des dérivés chlorés qui perdraient toujours HCl ou des multiples par KO à moins de substitutions équivalentes ou 4" ex. chloroforme. Or, je ne connais pas (sur cent combinaisons) un seul dérivé chloré qui perde de l'acide chlorhydrique par KO. Comment n'étes-vous pas frappé de voir C*'H" + C^°°« ) C^'^H^'a' )

C^'H'Cl' -I- id. [ déc. par KO, tandis que pas un C**H'a' [ ne Test. C*'H*a" -f- id. ' c"a** )

Ce sont là des faits fondamentaux que les formules doivent exprimer...

... Ainsi, i*"" point de départ. Nous ne nions pas qu'il y ait un arrangement particulier dans les combinaisons ; que, par exemple, les sels quiniques ne renferment un groupement de quinine ou de quinium, ou de... etc., groupement auquel on doit les propriétés des sels quiniques.

2* Nous ignorons quel est ce groupement. L'ignorerons-nous toujours? Qui le sait?

3* Il vaut donc mieux employer des formules qui ne renferment pas d'hypothèses.

4« Cependant nous savons que les M(étaux) peuvent remplacer Hfydrogène), que Chlore, Brome et X (Cyanogène) se comportent de même. Xest un corps composé = 4 vol. remplaçant 2 vol. de H. Il peut donc exister d'autres groupements dans le groupe principal ; et si X*^**- remplace H*^*'-, pourquoi 0*^°*- ne remplace pas H*^*^? Nous ne le savons pas encore, on attendra l'expérience.

5' Il y a un avantage immense (et c'est probablement l'expression

de la vérité) à représenter les dérivés par des formes analogues, C*H*, C*H'C1, C*H*X*, etc.. Nous ne connaissons pas dans une foule d'autres cas l'arrangement; cependant nous voyons une analogie de composition et de propriétés entre certains corps

(comme C"H"Az% CH'*Az\ etc.).

Ne peut-on pas faire une convention pour représenter par une formule cette double analogie?

6* Pour classification, employer pour généralité :

Carbures divisés en homologues,

Amides — — —

Acides — — — etc.

et pour détails, Forigine avec certaines conventions. — Si les conventions réunissent des corps qui se tiennent par un rapport commun, nous n'avons pas à nous inquiéter si les formules conventionnelles renferment ou non des corps hypothétiques, puisque ces hypothèses ne seront données que comme des conventions.

Si vos homologues sont vrais, mes séries le sont également (du moins en les supposant perfectionnées). En effet, partez des carbures d'hydrogène, prenez un groupe quelconque d'homologues, par exemple R+* :

CH* c'H* en* C*H*

si le premier donne avec Cl

CHCl on aura CHXl C'irCl C*H'a

si le premier donne avec 0 un aldéhyde

CH*-fO on aura CH* -f 0 aldéhyde C^'H' + 0 id. C*H'-f-0...

si le deuxième donne avec 0 un acide monobasique, on aura :

CH'-fO* et C"H* + 0' etc etc..

acides monobasiques. Si Ton a avec le premier 0' acide bibasique, on aura :

CH' + O» et CW-l-0' + 0' + 0'

acides bibasiques, etc

De plus. Ton aura des lois pour densité de vapeur, point d ebullition, densité solide, etc., qui se ressembleront en allant horizontalement, qui seront différentes en allant verticalement, mais toutes les verticales se ressembleront.

Vous voyez, c'est un assez bel idéal de classification.

Une belle classification serait donnée non coname vraie, mais comme un essai dans une nouvelle voie. Ce serait un plan auquel on

rapporterait les observations. Celles-ci feraient voir chaque jour les modifications qu'il faudrait apporter à ce plan ou à cette classiflcation. Ainsi, plus haut, je mets butyrique et succinique ensemble, l'expérience n'a pas prononcé; ce n'est donc que comme une hypothèse.

Je comprends bien ce que vous appelez résidu, mais pas du tout ce que vous entendez- par formules de résidu. Serait-ce ceci :

SO' + H*Az' = (SO", Il*Az') + eau.

se + lI^^Az' = (SO, iPAz") 4-

S0'+ id. =(S, Az')-f-

N'est-ce pas une représentation analogue à cette figure qui vous montre deux rats qui se sont mutuellement mangé la tête et dont les corps restent collés?

Mais alors, je voudrais que x'on fît un système d'histoire naturelle tel, qu'en voyant la queue d'un animal on pût reconnaître celui-ci. Malheureusement, la classification est basée sur les dents. Il vaudrait mieux représenter le rat et la poule en entier en indiquant que les 4êtes doivent être coupées ainsi : SO^-^-j- AzW-'; mais c'est trop compliqué.

N'étes-vous pas d'accord avec moi, même en se servant de formules brutes, de laisser tous les composés naphtaliques dans une même série, mais non l'acide phtalique qui ne renferme plus C"? Ainsi, je mettrais dans une même série les composés qui renferment le même nombre d'atomes de carbone, et s'obtenant les uns par les autres. Ici viendraient des conventions. Supposons qu'il existe un acide naphtalique C"H'* -}- 0* ; on mettrait Téther naphtalique C**... suivant moi dans C**; de là la nécessité d'une convention. Si on exprimait la composition par une formule de résidu C*"H'*'0*-"',C®H'*"*0*, cette formule de convention permettrait de mettre le composé dans C** ou C*.

Autre chose. Ne faites-vous pas trop abstraction de certains faits importants? Croyez-vous que c'est par hasai'd que les sels d'ammonium sont isomorphes avec ceux de K, et que ces mêmes sels sont, d'après mes expériences, isomorphes avec l'hydrogène? Je ne conçois pas que l'acide sulfurique hydraté ait une formule différente de celle du sulfate de K et d'ammonium. Il y a analogie de propriétés surtout entre ce^ deux derniers ; il faut donc que la formule le dise.

J'ai pris un terme moyen entre l'ammoniaque et l'ammonium.

C1*H* J'écris , ,. C'est, si l'on veut, du chlorure d'hydrogène dans

lequel (hydrogène) l'ammoniaque se trouve condensé. Vous représentez l'éther nitreux et ique par un X*, mais alors pourquoi ces

combinaisons ne sont pas jaunes? Cela ne suffit pas, je le sais; et pourquoi régénèrent-ils Talcool en eau et KO, tandis que les autres composés X^" ne régénèrent pas le composé primitif? 11 faut tenir compte de tout : des réactions, de la forme, de Torigine, de la composition, de Tanalogie de propriétés, etc., etc.. L'acétate de méthyle et le formiate d'éthyle ne doivent pas être mis à côté Tun de Tautre parce qu'ils ont la même composition. 11 n'y a pas moyen de s'entendre par lettre...

Gerhardi à Laurent.

Montpellier, 17 mai 18(3.

Vous me demandez ce que signifient les correspondances dont

j'ai parlé; voici ce que c'est. Les formules rationnnelles n'indiquent toujours qu'une seule réaction. Autant de réactions, autant de formules rationnelles. Or, avec les résidus, on saisit la génération des corps, sachant qu'il y a élimination, par exemple, de H'O, et la décomposition que de semblables corps éprouvent par la KO, certains acides, etc. En écrivant, par exemple :

( Am

benzamide.

je sais que ce corps -f- H*0 donnera C'H*0' et Amll' (ammoniaque). J'ai conclu par analogie que les corps arséniés pourront s'obtenir avec l'hydrogène arséniqué AsH', que j'écrirai donc MK*\ je cherche donc à quel corps oxygéné correspondrait le cacodyle C*ir'As = C*H'"ill = C*H"0' = C'H*'S'. Je vois donc qu'il me faudrait le corps oxygéné correspondant au bisulfure d'éthyle pour le convertir avec l'hydrogène arséniqué en cacodyle.

11 n'y a que cette manière de se tirer des corps copules si l'on veut avoir quelque chose de précis. J'appelle copules tous les corps qui résultent de la combinaison de deux corps composés avec élimination de irO ou HCl : ainsi je fais rassembler dedans les amides, les éthers, les corps nitrogénés, etc. Vous verrez à la fin du volume. D'ailleurs, je rédigerai un extrait pour les Comptes rendus et pour notre journal. Réfléchissez un peu à la basicité des produits; vous voyez que ma loi S = 6 — i est générale pour les éthers, les amides, les corps nitrogénés, etc. C'est vraiment remarquable. Un acide bibasique donne deux amides : Tamide neutre et l'acide amique; deux éthers : un éther neutre et un acide vinique. La sulfobenzide et l'acide sulfobenzidique présentent les mêmes rapports que le sulfate de méthy-

lène et Tacide sulfométhylique, et cependant vous faites des théories particulières. L'acide sulfurique est bibasique, comme Facide oxalique, Tacide carbonique. Leurs sels donnent des acides copules, mais ceux-ci sont monobasiques ; Tacide oxamique, lacide sulfamique. sulfanilique, sont monobasiques.

Acide sulfobenzidique SH' j ^ Bz = C*ir — H".

Sulfobenzido SH' j^*..

Acide sulfamique SH* \9^ Am = NH" — H*.

Ac. sulfométhylique SH* \^ Me=CH*0 — H*.

Sulfate de méthylène SH* î ,.

Il ne faut pas confondre avec les acides proprement dits (c'est diiticile à définir rigoureusement) ce que j'appellerai corps-limites (hydrate de phényle, éther salicylique, acide eugénique) ; ils ne rougissent pas le tournesol, ne déplacent pas Tacide carbonique, ne forment pas d'éther. J'ai essayé plusieurs fois d'éthérifier l'acide picrique sans réussir. E. Kopp n'a pas réussi non plus.

Mais, croyez-moi, vous ne pourrez pas adopter vos prométallides, sans être obligé de les répéter quand on connaîtra plus de combinaisons formées par les hydrogènes carbonés et les acides.

J'ai essayé dernièrement d'obtenir avec le sulfobenzide des composés qui correspondraient à l'éther formique, Téther oxalique. Mais je n'ai point réussi; il est vrai, je l'ai fait sans soin. J'ai distillé du .sulfobenzide avec oxalate de potasse, intimement mélangée, mais il n'a passé que du sulfobenzido. Je reprendrai cette idée. Voyez un peu ce que vous en pensez...

Vos deux rats comme symboles des résidus sont excellents et m'ont beaucoup amusé...

Les sulfonaphtalates régénèrent la naphtaline quand on les chauffe avec hydrate de potasse; leur solution aqueuse ne se décompose pas par l'ébullition — les sulfovinates n'ont besoin que d'être bouillis — les corps organiques semblent devenir plus stables à mesure que l'on s'élève dans l'échelle (pour des homologues, bien entendu); les corps R-* me paraissent tous plus stables que les corps R. Comparez, en effet, la série benzoïque et la série acétique, etc., etc. Je causerais avec vous jusqu'à je ne sais quand.

Laurent à Gerhardt,

Bordeaux, 17 mai 1843.

... Vous ne vous êtes pas trompé en supposant que ma densité de l'essence d'estragon a été prise à Î230**. Je vous envoie Textrait de mon registre.

Voulez- vous par vos formules de résidu indiquer que l'arrangemeDt est le même dans

Acide oxalique C'H*0* et oxamide C"H'0'

Am«?

Ne faites-vous pas alors une hypothèse? car quelle preuve avezvous que l'arrangement primitif n'a pas été détruit? Une difficulté :

AzHO' -h C'ir = dl' (AzO*) -f H'O — le résidu = AO".

Mais pourquoi le résidu ne renfermerait-il pas l'hydrogène de l'acide azotique

c'ww -f Aziio' = c'nv (Aziïo') + iro.

Ou vous faites, comme nous autres, une hypothèse sur larrangement, ou bien une convention : laquelle des deux? Dans ce cas, vous me répondrez peut-être que l'analogie des propriétés entre le nitronaphtase, èse, ise, fait voir que c'est X qui remplace. Mais dans le cas où l'on prend l'acide sulfurique hydraté 811*0*+ C*"H*,quel est le résidu? Ce qui revient à demander si dans H'O qui se dégage lli' vient de l'acide ou du carbure, etc.. Ainsi, dites-moi bien si par vos formules de résidu vous faites une convention (alors vous n'avez pas trouvé une loi, si ce n'est celle de la capacité de saturation) — ou bien si vous faites une hypothèse sur l'arrangement — alors encore vous n'avez pas trouvé une loi — mais une théorie.

Dans le cas où vous n'auriez fait qu'une convention, il nous l'csterait à examiner si une convention qui donne un même arrangement à deux corps aussi différents que l'acide oxalique et l'oxami^e est bonne, et si une convention qui indiquerait un arrangement différent ne vaudrait pas mieux.

La théorie des éthers et sels ammoniacaux considérés comme des sels a ses charmes. Pourquoi si l'éther nitreux et ique sont des X, régénèrent-ils l'alcool, tandis que les autres X** ne régénèrent pas sous les mêmes influences les composés primitifs?

Je crois que ce qu'il y a de plus vrai dans tout cela, c'est que nous

ne savons pas ce que c'est qu'un atome, ni comment ils sont arrangés,

et qu'en écrivant formiate d'éthyle C*H*0*,C'H' ou C*H*0*, H*"C"0 ou

C"H"0* nous ne sommes pas dans le vrai. Quel dédale! Qui nous

tirera de là?

Salut. AuG. Laurent.

Gprhardt à Cahours,

Montpellier, 29 mai 18i3.

... J'ai envoyé aujourd'hui à M. Dumas un mémoire sur la loi de saturation des corps copules, — cela se rattache c\ mes anilides. — Lisez-le avec attention, je vous prie, et dites-moi votre avis là-dessus. Je tiens beaucoup à cette loi, j'ai un faible pour elle. La sulfanilide que j'ai annoncée dans ma note sur l'oxanilide et la formanilide est l'acide sulfanilique, c'est-à-dire sulfate d'aniline anhydre; je l'obtiens très bien cristallisé, c'est un acide fort énergique ; la potasse en fusion le convertit en sulfate et en aniline. Les analyses vont très bien, mais on ne peut pas déterminer l'azote à l'état d'ammoniaque, on n'obtient que de l'aniline...

Laurent à Gerhardt,

Bordeaux, 29 mai 1845.

... Quelle serait, suivant vous, la capacité de saturation de 4S0' -|- C'H*'? Il y a là un petit piège pour votre loi; mais rassurezvous, nous avons un moyen très simple d'arranger cela. On vous dira ce que c'est dans notre première lettre.

Revenons encore à vos formules de résidu en prenant les choses d'un peu haut.

Vous dites que les éthers ne sont pas des sels, attendu qu'ils né sont pas soumis aux doubles décompositions. Vous remarquerez d'abord que vous invoquez des réactions, ensuite je crois que vous accordez que les sels ammoniacaux sont des sels. Or, on a :

Cl-t-K.

Cl-f H.

ci-f n(FrAz).

Cl -(- Pt (IPAz) sel Rieset.

Cl + Pt {±\Vkz) ^ Cl -f H (CniMl) cacodyle.

Cl + H (C*ir) d'éthyle.

De plus :

Sulfate de plomb et ammoniaque soluble. S*0*PbH(H*A2).

id. id. méthyle id. S*0'PbH(C*H').

id. id. éthyle id. S*0'PbH(C*H*).

id. barium et d'hydrogène id. S*0*BaII.

ou liquide décomposé par Teau.

En vérité, je ne vois pas de motif sufOsant pour ne pas considérer les sulfates d'hydrogène, de potasse, ammoniaque, cacodyle, éthyle, etc., comme des sulfates, dont les uns se prêtent immédiatement aux doubles décompositions, les autres dificilement. Et puis, remarquez donc que les sulfovinates peuvent donner par double décomposition Thydrate (alcool) ou les autres sels, tandis qu'il est impossible d'obtenir avec l'acide sulfonaphtalique, l'hydrochlorale de naphtaline ou son alcool. C"H" ou l'éthyle est une hypothèse, attendu qu'il faut II en nombre divisible par i. Mais puisque Tazolate d'hydrogène AzO^H' renferme 2 volumes d'hydrogène, il faut que Téthyle combiné dans l'azotate ne renferme aussi que 2 volumes.

Si l'azotate d'élhyle était AzO*(C'ir*), C'H" occuperait 4 volumes et cependant ne remplacerait que 2 volumes d'hydrogène. Il faut donc que l'éthyle, le cacodyle, ne correspondent qu'à 2 volumes dans ces combinaisons.

Venons aux formules de résidu :

L'acide oxalique C'H*0" + H^Az* chaufifé donne — 0* — H'

0*11*0*, ïI*Az* oxamide, formule de résidu

donc S"irO" H- C*'H"

= acide sulfonaph. S*II*0*, C*" H" formule de résidu.

Mais cet acide peut s'obtenir avec S*0" + C**!!**; comme il y a union sans élimination d'eau, nous ne pouvons pas écrire le produit avec une formule de résidu. Voilà donc, dans votre système, deux formules pour un corps obtenu par deux réactions différentes.

L'éther hydrochlorique s'obtient avec

= Cl*, C**H**' formule de résidu

on a aussi C1*H' + CH*'0"

— IV — H' 0* cr, CH" formule de résidu différente de

la précédente. Je restitue H*0" et j'arrive à Cl'H* et C*H'"0*, c'estîï-dire que la formule de résidu me trompe en m'indiquant que si je restitue l'eau j'obtiendrai les deux corps d'H* et C*H***0*, qui ont servi à préparer Téther hydrochlorique.

Je sais bien que vous ne prétendez pas, en écrivant ainsi l'oxamide C"0*,Am~% représenter Tarrangement des atomes, mais faire une formule générale qui peint une réaction, formule à laquelle se rattachent tous les corps analogues qui s'obtiennent de la même manière. Alors pourquoi repoussez-vous les prométallides, dont les formules n'ont pas plus de prétention que les vôtres ? Je ne tiens nullement à l'existence de l'ammonium ou du cacodyle, mais je veux représenter tous les corps analogues par des formules analogues ; ce ne sont nullement des formules de réaction. Ainsi j'écris :

eu*

Page 1