Lettre de Liebig à Crochard et C», du 20 août
draient à l'espril et sa traducdon serait entachée des mêmes fautes que celles du traducteur actuel, qui est aussi Français de naissance,
La lettre de Liebig du 15 août* qui demandait la collaboration de son élève est fort curieuse à citer pour les conseils qu'il lui donne :
Je regrette sincèrement que votre situation actuelle ne vous permette pas de vous consacrer à la science avec tout le zèle qui vous anime, et qu'il vous reste tant à désirer. Mais ayez patience, cela changera, et votre position s améliorera dès que vous vous serez fait connaître par quelques travaux.
On remarquera cette pétition de principes continuellement opposée aux demandes du jeune savant : Je n'ai pas de laboratoire pour f ail e mes travaux, — Réponse : Faites des travaux et on s'occupera de vous.
Avant tout, soyez prudent dans vos opinions théoriques, car l'Académie est, comme elle Ta été de tout temps, l'adversaire implacable des théories, et l'exemple de M. Persoz vous montre comment un homme peut se perdre méthodiquement par des spéculations philosophiques. C'est à peine si Ton nous pardonne, à moi et à un confrère plus âgé ^, de formuler des opinions théoriques, et si j'éprouve des difficultés à me faire écouter, à bien plus forte raison un plus jeune a peu d'espoir d'y réussir.
A Paris, en agissant ainsi, on se fait des ennemis de tout le monde ; vous n'avez qu'à observer votre entourage : vous verrez que M. Persoz a autant d'ennemis qu'il y a de chimistes à Paris.
Je profiterai de toutes les occasions pour vous être utile et il ne sera pas difficile avec le temps de vous procurer une place. Liez-vous avec M. Dumas; son autorité est aussi grande dans le monde scientifique que dans le monde parisien ; il a un caractère magnifique et aime à s'attacher les jeunes gens de mérite. Vous pourrez faire tout ceci sans vous attirer l'inimitié des autres.
Aussitôt Tafl^aire décidée, Gerhardt se mit résolument à Fœuvre, mais la pensée de son travail interrompu l'obsédait :
Je n'ai malheureusement pas de perspective pour la rentrée; il y