N" < CH'SO
cirso*
J'espère qu'elle est monumentale! Dibenzoïl-disul/ophényl-succi' nylamide! cristallisé en aiguilles.
J'ai essayé ces jours-ci une expérience qui, sans m'avoir réussi du premier coup, promet cependant des résultats favorables si je parviens à vaincre les deux difficultés suivantes : 1** à modérer la réaction ; ^ à employer de la matière parfaitement sèche : deux conditions que je n'avais pas observées.
J'ai fait réagir du POCP sur du glucosate de baryte (la formule de
C*11"0' ) \ Péligot est fausse, c'est simplement J 0 ) ; la réaction est très
nette, et il doit se former comme dans le cas des autres sels, l'anhydride correspondant, qui n'est autre que le sucre de canne
Cir'O" S
Malheureusement, la préparation du glucosate sec est une affaire du diable. J'attends une machine pneumatique pour effectuer la dessiccation parfaite, qui ne réussit pas sur l'acide sulfurique dans les conditions ordinaires. Je puis cependant vous affirmer que la réaction marche comme dans la production des autres acides anhydres, et je donne ma tête à couper que le sucre de canne se fait. Mais je veux avoir du sucre candi à porter à l'Académie.
Qu'en pensez-vous?
Mon voyage en Allemagne a dépassé toutes mes espérances. J'ai été admirablement accueilli h Munich, à Leipzig et à Giessen, où je me suis arrêté...
Gerhardt à Cahours.
Strasbourg, 11 mai 1855.
... Je me suis occupé, dans mes moments de loisir, des questions dont je vous ai parlé. J'ai isolé le chlorure de benzamidyle^ ou, si vous voulez, le chlorhydrate de benzonitryle ; je m'explique facilement pourquoi vous ne l'avez pas obtenu vous-même : il se décompose déjà au bain-marie en C*I1"N et HCl. Il faut faire réagir la benzamide et PCI" en évitant que la masse ne s'échaufle trop, et abandonner la masse à Tair humide ; alors, à mesure que PC1*0 s'acidifie, le nouveau chlorure se précipite à l'état cristallisé. Il faut le laver à Téther absolu, car l'alcool et Feau l'attaquent. Il s'échauffe considérablement avec l'ammoniaque liquide en régénérant de la benzamide, tandis que tout le chlore reste en dissolution à l'état de sel ammoniac. Avec l'ammoniaque sèche, j'obtiendrai probablement
= ciris*.
Le nouveau chlorure s'échauffe aussi considérablement avec Taniline. Je demande maintenant si l'analogie entre les amides et les éthers n'est pas complète? Car évidemment mes amides secondaires corespondent aux éthers composés :
H > hydrate de benzamidyle ou benzamide. H )
S votre benzamide sulfurée.
mon nouveau chlorure.
CM
rirN ^ ^ ^ ) r'H»n« ( salicylate de benzamidyle ou nrO' ) ^ "" j ^ J! ^ \ benzoïle, de salicyle et de H.
( CII'O ] C'irN ) ^ ^, \ ^„,.^, f salicylate de benzamidyle ou azoture de
N'est-il pas vrai que nos formules rationnelles sont exclusives, et qu'il faut souvent deux ou trois formules pour exprimer deux ou trois ordres d'analogies?
Mes expériences sur la benzophénone sont encore une coniirmatioii de cette vérité.
GEUHAKDT A CHANCEL 561
KUe donne avec PCI*
C^H^'Cr, comme l'hydrure de benzoïle.
C'est une huile que la chaleur dédouble en C^H'Cl + HCl.
Si l'on abandonne CH'^Cl dans l'eau, on le voit se transformer peu à peu en magnifiques cristaux de benzophénone. Si on le traite par une solution alcoolique de sulfhydrate de potasse, la réaction est violente et il se dépose KCl en même temps qu'il se produit une magnifique huile bleu indigo. C'est évidemment C"H"S.
Sa solution alcoolique (d'un beau bleu) précipite abondamment en blanc le bichlorure de mercure.
Avec le sodium, la benzophénone dégage de l'hydrogène, et il se forme une masse qui régénère N'alIO et benzophénone par l'eau. On a donc C"H'NaO. Ce corps devra donner, avec les chlorures négatifs, les correspondants des éthers composés. Le diable sait où tout cela va s'arrêter! C'est mon corps bleu qui fait mes délices.
Vous avez peut-être lu, dans les Annales de chimie^ qu'un chimiste allemand trouve que l'alcool caprylique de Bonis est plutôt l'aldéhyde caprylique. J'ai observé également que le produit, préparé d'après le procédé de Bonis, se prend en masse par le bisulfite de K. Il me parait donc probable que Taldéhyde caprylique se forme d'abord, et que c'est par les rectifications répétées (recommandées par Bonis) sur la potasse, qu'il se convertit en alcool caprylique. (Vous savez que l'hydrure de benzoïle se convertit en alcool benzoïque par la potasse.)
Je ne doute pas qu'avec l'aldéhyde acétique et PCI' on n'obtienne la liqueur des Hollandais : C*H*0 — CH*C1*. Vous devriez essayer si votre C'H*C1* ne se dédoublerait pas, par la potasse alcoolique, dans un tube fermé? Il me paraît aussi très probable qu'avec les aldéhydes, on obtiendrait toute une série de combinaisons parallèles aux éthers; les alcalis seront les mêmes que ceux de Cloëz,,,
Gerhardl à Chancel.
Strasbourg, 20 juin 1855.
... D'abord, il faut vous dire que j'ai la conviction qu'il faudra souvent deux ou trois formules dites rationnelles pour un seul et même corps : ainsi l'hydrure de benzoïle est aussi l'hydrate d'amaryle (C'H*),
CH
et à son chlorure, son azoture (hydrobenzamide et amarine), son etc. Partant de cette idée, je me suis dit : la benzophénone est non seule-
CHARLES OERIURDT. 36
ment le benzoïlure de phényle, mais il est aussi Thydrate de phénylamaryle
11 faut donc pouvoir faire son chlorure, sulfure, etc. Or, j'ai déjà : Chlorhydrate. . . ^'^^*(^*jj') j cr, liquide.
Chlorure ri V* 1^^^^^^-
Sulfure ^j[iÇ[[^^^
Le sulfure est ce que Laurent a appelé Thionessale. On l'obtient très facilement avec une dissolution alcoolique de potasse saturée de H*S et mon chlorure. J'ai comparé mon produit avec l'échantillon fait par Laurent, et ils sont parfaitement identiques. J'ai aussi un corps bieu indigo qui me donne une peine du diable pour le purifier : il se produit dans certaines conditions avec mon chlorure et le sulfhydrate de potasse...
Gerhardt à Cahours,
Strasbourg, 15 avril 1856.
Merci, mon cher ami, pour votre bonne nouvelle. J'ai écrit au brave père Thenard pour le remercier.
Soyez assez bon pour mettre un mot à la poste, lundi prochain, après le vote.
Je pense comme vous que le sulfure d'éthyle est susceptible de fonctionner comme métal (radical) ; l'acide éthyl-sulfureux est évidemment à l'acide sulfurique ce que l'acide cacodylique est à l'acide arsénique.
Aussi exlste-t-il probablement un terme intermédiaire entre le sulfure d'éthyle et l'acide éthyl-sulfureux; il faudrait chercher dans la solution nitrique du traitement du mercaptan.
Ce terme intermédiaire serait l'oxyde de sulféthyle, base analogue à l'oxyde de cacodyle et de selénéthyle, etc. Peut-être la potasse séparera-t-elle cet oxyde intermédiaire.
Le sulfite de sulfure d'éthyle de Lœwig C*H"S*0* est évidemment un mélange.
Peut-être votre base y est-elle contenue?...
G er hardi à ChanceL
Strasbourg, 5 mai 1856.
Merci, mon cher ami, pour vos félicitations. C'est le brave père Thenard qui a fait réussir ma candidature ; ce bon vieillard m'a luimême annoncé le résultat du vote, immédiatement après le dépouillement du scrutin, car son billet m'est arrivé le mardi matin. La veille au soir, à l'heure de mon dîner, une dépêche télégraphique m'est arrivée ; elle contenait ceci : « Vous êtes nommé, Pelouze et Reynoso ». Mercredi matin, j'ai reçu mon diplôme signé de Flourens, qui m'a donc fait la galanterie de m'expédier immédiatement.
Quant au rôle que Tillustre sénateur a joué dans cette affaire, je n'en sais absolument rien. U y a deux mois, je m'étais plaint à lui, dans une lettre un peu vive, de ce que les promesses qu'il m'avait faites ne s'étaient pas encore 'réalisées (Depuis plus d'un an, le farceur devait faire un rapport sur mon travail des amides). Dumas me répondit que l'Académie avait pour règle de suivre Tordre des décès, qu'il y avait plusieurs places devenues vacantes avant la mort de Braconnot, dans les autres sections; que, par conséquent, il fallait attendre que celles-ci eussent fait leurs présentations. Il parait cependant que cette règle n'existait pas pour le brave Thenard : il m'avait fait dire par Cahours qu'avant de partir pour la campagne il voulait que la chose fût faite...
GENEALOGIES
Les tableaux suivants ont été établis au moyen d actes authentiques délivrés par les bureaux de Tétat civil des diverses villes habitées par les ascendants de Gerhardt dans la ligne paternelle comme dans la ligne maternelle.
Nous devons citer avec reconnaissance Tempressement et les soins qu'ont mis principalement MM. Vacant, de Strasbourg, et Bucklein, de Frankenthal (Palatinat), à faire des recherches dans des registres anciens de paroisses souvent mal tenus ou dans, un état de vétusté rendant la lecture fort difficile.
En^raison des très nombreuses branches de la famille Gerhardt issues d'une même souche au xvii* siècle, nous nous sommes borné à celles qui comptent des représentants actuellement vivants.