‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 36 sur 274 · Arrêté oninistérlel du 18 mars · texte numérisé non relu

Arrêté oninistérlel du 18 mars

ne perd pas un instant et obtient auprès du ministre Villemain la nomination de Charles Gerhardt comme chargé de cours, le 16 avril! 841».

Votre réception au grade de docteur devant la Faculté des sciences de Paris, lui écrit le ministre, et les sufiFrages imposants dont vos travaux antérieurs ont été Tobjet, me donnent la confiance que vous obtiendrez des succès dans la chaire qui vous est confiée...

Cette nomination produisit d'abord sur notre jeune savant un effet de profond étonnement et de joie intense : elle est pour lui — ce qui le tenait tant à cœur — Toccasion de rentrer en grâce auprès de son père, qui désormais ne lui tiendra plus rigueur de sa conduite passée ; elle est pour lui la porte ouverte sur un avenir brillant de travaux et de conquêtes scientifiques dont il prévoit le long développement comme un mirage, avec Tenthousiasme naïf du jeune esprit lancé de lui-même en pleins combats de la vie.

Cette lettre vous apprendra une nouvelle inattendue, écrit-il à son maître Liebig*; vous savez sans doute que M. Dumas a remplacé M. Thenard à la Sorbonne, en qualité de professeur titulaire, et que M. Balard^ a remplacé M. Dumas comme professeur adjoint à la môme Faculté. Mais ce que vous ignorez et ce qui vous surprendra, c'est que moi je succède à M. Balardàla Faculté des sciences de Montpellier. Appuyé comme je Tétais par vous, par M. Dumas et par tous les chimistes enfin de Paris, j'espérais bien, dans quelques années, arriver à une position conforme à mes goûts, mais, pour le moment, je n'osais aspirer qu'au grade modeste de préparateur, ou tout au plus de répétiteur. Je suis, en vérité, encore tout ébahi de mon bonheur. C'est vous, du reste, que j'ai le premier à remercier, car c'est chez vous que s'est éveillé en moi le goût pour ]a science, et bien qu'apostat de vos doctrines, je ne resterai pas moins votre élève reconnaissant à tout jamais.^

La chaleureuse déférence du jeune Gerhardt, qui attribue à

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