‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 38 sur 274 · EXAMENS DE LICENCE ET DE DOCTORAT · texte numérisé non relu

EXAMENS DE LICENCE ET DE DOCTORAT

son maître Liebig la principale cause de ses succès, no va pas jusqu'au renoncement de la personnalité scientifique : c'est ce que Ton devait attendre d'un esprit droit et profondément loyal, mais ce que peu de personnes comprendront alors. Pour beaucoup, les talents ou les succès universitaires ne sont quo la menue monnaie qui paie Taccès à des places, pendant que d'autres plus importantes sont acquises à l'aide de la faveur d'un côté, de la flatterie et des intrigues de l'autre, et avant tout par Teffacement de la personnalité devant celle des dispensateurs de ces biens temporels.

Ainsi, moins de vingt-neuf mois après son arrivée à Paris, le jeune étudiant alsacien, sans autres ressources que son immense passion de la science, avait trouvé moyen de vivre, de passer brillamment tous ses degrés universitaires et de forcer l'attention du monde savant, aussi bien par ses travaux de rédaction et de traduction sur les questions agitées à Textrême avant-garde de la chimie que par ses recherches originales et ses vues nouvelles, qu'il avait eu l'honneur d'exposer lui-môme en séance à l'Institut.

Sa valeur se mesure, en quelque sorte, aux vives recommandations que lui fait son maître Liebig de s'abstenir de ce qui fera précisément sa gloire; car pour lui la Vérité n'a pas d'àg(*, et le grand homme qui l'altère, même inconsciemment, n'est pas à ménager parce qu'il est grand. Mettant la conquête de la Vérité au-dessus de toutes les convoitises humaines, il aura pour ennemis tous ceux qui réussissent momentanément à l'asservir à leurs besoins, et il ne reculera même pas devant les soufl'rances et les difficultés matérielles lorsqu'il devra combattre pour la délivrer.

CHARLES OIRHARDT.

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