Charles Gounod, sa vie et ses œuvres
Charles Goimod a rempli de son nom le monde moiicftl; il est placé an rang des maîtres. On peut dire de lui ce qa'on disait de Rossîni : il est entré, de son vivant, dans U postérité.
Et cependant, malgré sa célébrité, Qounod attend encore sa biograpMe. Les Dictionnaires encyclopédiques ont bien publié quelques détails sur sa vie d'artiste, et donné une analjse succincte de quelques-uns de ses ouvrages; des brochures, notamment les intéressants écrits de MU. Claretie, Comettant et Pougin, ont célébré le talent du compositeor; le nombre des articles de Journaux et des comptes rendus consacrés k Gounod est incalcalable. Mais un travail d'ensemble , envisageant l'œuvre et la vie du maître depuis ses débuts jusque ce jour, a'& pas été publié. C'est cette lacune que nous essayons de combler.
Qounod a 71 ans, et ses cheveux blancs trahissent seuls son &ge. A-pr^s sa longue carrière, il est toujours alerte et laborieux. Noua avons de ^équentes occasions de le voir et de l'applaudir soit au Concert, soit au Thé&tre, où il aime tant à occuper le pupitre de chef d'orchestre. Là, il se montre plein de verdeur. Son enthousiasme de musicien est toujours le mSme. Les insuccès, quand il en a, ne l'abattent point. H reste sur la brèche, et il j, mourra.
Gounod a promis, diton, d'écrire un jour ses Mémoires, comme avait fait Berlioz. Ce serait une bonne fortune pour le public, car l'auteur de Fautt ne sait pas seulement faire de la musique, il sait écrire, IL a toutes les
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aptitudes d'un grand artiste. Si G ounod réalise sa proineese, notre modeste étude disparaîtra devant une au tobio graphie si intéressante et si curieuse.
En attendant, noua publions le résultat de nos recherches à travers les revues, les journaux et les notices. Le lecteur voudra bien nous excuser, si nous n'indiquons pas toujours les sources auxquelles nous avons puisé. Nous n'avons pas voulu multiplier les notes et les renvois.
Oounod remonte ii 1837. C'est l'époque où son nom fut proclamé pour la première fois. Depuis cette date, ce que le maître a écrit de musique religieuse, de musiqae dramatique, de symphonies, de musique pour l'orphéon, de chœurs, de mélodies, compose une oeuvre considérable. On le verra par les détails que nous donnons dans cet opuscule.
Chose qui nous parait binarre aujourd'hui I Les gazettes en 1837 n'étaient pas d'accord sur l'orthographe du nom de Gounod. On le traitait alors comme on inconnu. On écrivait tantSt Gounaub, tantftt Gouneau ou Gounotl Le musicien a fait son chemin dans le monde, et l'orthographe de son nom s'est imposée.
Le travail que nous abordons est un sujet délicat, et dont nous ne nous dissimulons pas les diUcultéa. Les erreurs ou les omissions sont plus saillantes, quand il s'agit d'une célébrité contemporaine. Nous n'avons pas d'autre prétention que de mettre sous les jeux du lecteur des documents contemporains, et de résumer les notices qui ont été publiées sur Gounod. Les erreurs que noua commettrions ne serajent pas de nob« t^it.
Si dans le cours de notre travail, nous rappelons quelques détails intimes et personnels, nous le ferons avec tout le respect dû k un homme, dont la gloire musicale est nne des gloires de notre pays.
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tonsgéfires. C'est ainai qu'un brevet de lofçement aur'-igàTeries du Louvre fut accordé, le 25 no-
, v6inl)re 1730, à Antoine Gounod, fourbisseur, à la 'l>lace de Jean-Baptiste Fontenaij peintre fleu-
;• Yiste. Cette pièce figure aux archives nationales sous le numéro 1 1063,p. 281, ainsi qu'un autre brevet de survivance, donné, le 10 juillet 1751, à Nicolas-François Gounod, fils cadet d'Antoine Gounod, fourbisseur ordinaire du Roi, en place de son père {O I 1058 p. 386).
Nicolas François est le grand-père du musicien. II succéda à son père Antoine, comme fourbiesear ordinaire de S. M., c'est-à-dire qu'il était chargé d'entretenir et de réparer les armes du Roi, parmi lesquelles on comptait de véritables objets d'art. L'emploi n'était pas vulgaire. En 1773, le titulaire signait avec ses camarades du Louvre, tels que Le Roy, Â.-J. Aubert, Chardin, Vemet, Lonot, Bailly, Lagrenée, Restout, Rœttiers, d'Anville, Le Bas, de la Tour, du Vivier, Lemoyne, une requête adressée au Contrôleur général des finances , pour que le neveu de François Desportes obtînt uniogement au Louvre. Ce détail prouve au moins que Nicolas-François Gounod était en relations avec ses voisins d'atelier, dont les noms ont marqué dans l'histoire de l'art. Nicolas-François Gounod était un armurier fort habile. Son fils François-Louis , élevé au Louvre, fut, dès son enfance, mêlé aux peintres qui habitaient les galeries du Palais .11 se destina à la Peinture, et il entra de bonne heure, à l'école
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cie Lépicié fils , où il devint le camarade de Carie Vernet.
Carie Vemet, âgé de onze ans , écrivait alors la lettre suivante à sou père. Ce petit billet, reproduit par le joamal l'Art, en 1877, ne témoig:ne pus de bien grandes dispositions pour l'orthographe. Mais l'enfant se rattrapait sur l'art du dessin :
I Mon chbr papa,
f Je FOUS écris pour tous inrormé de ta rangement que nous avoss fftit, Gounod et moi. Nous noua coucheront le soir à 8 h. 1/?. Le matin, nous noua lèveront à 5 heures pour aller chez M. Lépicîé i 5 h. 1/2. Nous auront le modèle jusque 8 heures. Le reste du jour.nous
dessinerons Nous serons sîe : M. Lépicié, Hétivier,
Gode rroj, Colm art, Gounod et moi. Sa noua reviendra k 3 livres par mois »
Voilà de bonnes leçons qui ne coûtaient pas cher. Depuis lors, les prix ont augmenté , et on retrouverait difficilement aujourd'hui les conditions pécuniaires de l'école Lépicié. Le professeur aimait tout particulièrement ses deux petits élèves, Carie et François-Louis, dont il fit le portrait. Charles Gounod conserve précieusement le tableau de Lépicié représentant son père enfant.
François-Louis Gounod fut un peintre de talent. Il obtint le second grand prix de Rome en
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1783. Il existe de lui une étude à l'école dea Beaux-Ârts de Paris, et un tableau au mueée de Nantes. Il se maria à un âge assez avancé, et c'est de cette union que naquit, le 17 juin 1818, à Paris, Charles Gounod. Le père mourut eu 1823, laissant deux fils, dont l'aîaé était alors âgé de 15 ans.
Sa veuve restait sans grandes ressources. C'était une femme charmante, pleine d'intelligence., et d'énergie. Elle était excellente musicienne, et, si le don d'hérédité . n'est pas un vain mot, elle légua à son fils les dispositions les plus heureuses pour la musique.
Après la mort de son mari, Madame Gounod eut recours aux leçons. Elle groupa autour d'elle un noyau d'élèves, grands et petits. Elle ouvrit un cours, et enseigna le piano. La mère sut de bonne heure donner une éducation musicale à sou fils Charles. L'enfant lisait la musique, pour ainsi dire, avant de lire les livres. Elle fut son premier professeur, et l'élève profita des bonnes levons qui lui furent données.
Chaque grand maître dans l'art musical a une légende qui sert de point de départ à sa carrière artistique. Pour ne citer que Mozart, l'eufant prodige distinguait, dès l'âge le plus tendre, les quarts de tons. Ce sont les biographes qui l'affirment. Charles Gounod, à qui l'avenir réservait la plus grande admiration pour l'auteur de. Don Juan, fit, lui aussi, acte de petit prodige. On dit qu'à l'âge de sept ans, son oreille déjà exercée
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Rentait les modulations. It avait une préditectioD toute marquée pour le mode mineur, chose d'ailleurs naturelle aux enfants ; et, par sa facilité, par ses dispositions, il étonnait les compositeurs qui venaient chez sa mère.
On raconte l'anecdote suivante ; élève au collège St-Jjouis, it s'occupait, dès les classes élémentaires, de composition musicale. Il barbouillait de portées et de notes ses livres et ses cahiers. Je ne sais s'il mettait en musique la grammaire de Lhomond. Toujours est-il que le proviseur, M. Poirson, le fit venir dans son cabinet pour le réprimander et l'engager à ne plus griffonner des choses inutiles. Toutes les remontrances furent vaines. Charles Gounod apprenait très facilement le grec et le latin, mais cela ne l'empêchait pas de se tourner plus volontiers vers l'art musical. Il voulait faire de la musique une étude sérieuse. Il se sentait une vocation. Sa mère s'inquiétait des dispositions de l'enfantqu'elle trouvait dangereuses. Elle pensait, non sans raison, que la carrière artistique ne représente pas toujours un capital pour le compositeur. Elle eut préféré pour son fils une profession moins glorieuse et plus sûre, le notariat !
Gounod notaire ! Gounod dont le père avait été peintre, et dont les ancêtres avaient été élevés dans les galeries du Louvre ! Gounod dressant des actes, procédant aux partages et aux liquidations de successions ! Son inspiration
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n'était pas là ! Il repoussa loÏD de lui l'idée de devenir ofBcier public, et sa mère, cédant à ses instances, le conduisit chez Antoine Reicha, le célèbre harmoniste, dont les leçons étaient alovs très recherchées par tous les musiciens. Elle espérait sans doute que les devoirs de ba^e chiffrée et la théorie des accords détourneraient l'enfant de la carrière qu'il ambitionnait. Il n'en fut rien.
Tout en continuant ses études littéraires au collège St-Loiiis, Charles GouLod, aux jours de sortie, se rendait chez l'illustre professeur. Loin de se décourager, il suivit avec le plus grand zèle l'enseignement de Reicha ; tant et si bien, qu'au bout de deux années, le maître n'avait plus rien à apprendre à son élève dans la science de l'harmonie.
Allemand d'origine, Reicha s'était installé définitivement à Paris, en 1809, où il ne tarda pas & devenir uu professeur très estimé. Il avait été en relations avec Beethoven, et l'amitié qu'Haydn avait eue pour lui était naturellement une recommandation puissante. II connaissait à fond la musique de chambre composée par Haydn , Mozart, Beethoven, et, comme Reicha était imbu des traditions de l'Ecole allemande, les élèves du Conservatoire de Paris, et les professeurs même, lui demandèrent ses leçons et ses conseils. Habeneck fut un de ses premiers fidèles.
Plus tard, quand il fut professeur au Conservatoire> Reicha compta parmi ses élèves Hector
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Berlioz qui, dans ses Mémoires, s'exprime ainsi sur son maître ;
< Beicha attachait un grand prix à ses connaissances en mathématiques. C'est à leur âtude, nous disait-il dans une de ses leçons, que je dois d'être parvenu k me rendre complètement maître de mes idées, fille a dompté et refroidi mon imagination, qui auparavant m'entratnait follement, et, en la soumettant au raisonnement 9t à la réflexion, elle a doublé mes torces. . . .•
Et plus loin :
■ Beicha semblait aussi peu sensible à l'éloge qu'à la critique. Il ne semblait attacher de prii qu'aux succès des jeunes gens dont l'éducation harmonique lui était confiée, et il leur donnait le soin et toute l'attention
imaginables Je me rappelle avoir entendu un duo
magnifique, plein d'élan et de passion, dans son opéra Sapho, qui eut quelques représentations. •
La Sapho de Reicha, exécutée à l'Opéra en 1888, n'obtint pas grand succès, et n'eut que douze représentations. Ce fut la dernière tentative de Reicha à l'Opéra. Coïncidence bizarre t Le professeur de Charles Gounod terminait sa carrière dans l'art dramatique par Sapho, alors que l'élève devait plus tard commencer la sienne en traitant le même sujet. Le maître avait eu douze représentations. L'élève n'en eut que six, comme nous le verrons plus loin.
II n'est pas sans intérêt de dire ici quelques
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mots sur Reicha (1), dont Gounod, devenu jeune bomme, reçut les premières leçons. Or, ce sont les premiers coups qui portent. Gounod était à bonne école ; il avait un professeur qui convenait à sa nature. Reicha, nous l'avons dit, ^tait imbu des traditions de l'école allemande. Il avait été enfant de chœur à Prague, et, comme élève de m&îtrise, il avait appris le Intiu en même temps que la musique. Charles Gounod reçut, dès le principe, les leçons d'un maître, dont les tendances toutes particulières pour l'époque, avaient été fort remarquées, et cet enseignement ne fut pas sans influence sur l'esprit du Jeune musicien. C'est KJme Gounod qui avait confié son fils à Reicha. Elle n'eut pas à regretter sa détermination. Elle mourut en 1858, à un âge avancé, quelques jours après la première représentation, au Théâtre Lyrique, du Médecin malgré lui.
En 1836, Charles Gounod avait 18 ans. Ses études littéraires étaient terminées, et il était admis au Conservatoire. Il suivit pendant deux ans l'enseignement officiel. Ce n'était pas un débutant , puisqu'il avait été déjà formé aux
(1) Après la mort d'Antoine Reicha, en 1636, un monument lui fut élevé, par souscriptions, au cimetière de l'Est. Sur la liste des souscripteurs figurent lesnoms de Gounod pour 10 francs, dUaussmann (le futur préfet de laSeine) pour 10 francs. S. A. R. Mme Adélaïde de France s'inscnvit pour la somme de 50 fiancs-
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leçons d'Antoine Reicha. En outre il avait fait ses classes au collège Saint-Louis, et il avait obtenu le diplôme de bachelier es- lettres. Bien que le discours latin et la fugue d'école, la fugue sévère, aient des affinités et des points de rapport ; bien que la prosodie, la prosodie grecque surtout, ait quelque relation avec le rythme musical, les élèves du Conservatoire ne s'apitliquent pas tous aux belles-lettres. Gounod, avec quelques musiciens, avec Halévy, Berlioz et Adam notamment, fait exception. Gounod sait écrire. 11 a publié des préfaces, des brochures, et nous aurons occasion de l'envisager comme écrivain.
Au Conservatoire, Gounod, suivit le cours de contrepoint d'Halévy, et le cours de composition de Lesueur. Son éducation musicale commencée par Reicha ne pouvait être continuée sous de meilleurs maîtres.
Halévy faisait partie du corps enseignant depuis 1816. Il avait débuté bien jeune dans le professorat. A 15 ans, il était répétiteur de solfège, aux appointements de 25 francs par mois, et, comme il n'était pas de haute taille, ses élèves avaient soin d'accumuler les grosses partitions sur le tabouret, pour qu'il put accompagner au piano. Depuis cette époque, Halévy avait grandi. Le maître avait gaf^né ses chevrons comme professeur, et comme compositeur.
Lesueur nous est moins connu. C'était alors une haute personnalité musicale. Il était au
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Conservatoire depuis \1Q3. Il avait su ccoquérir sa place daus le personnel, des la fondation de notre école de musique. Il avait été maître de chapelle de l'Empereur, et compositeur de ta chapelle du Roi. Les révolutions et les gouvernements passaient, sans toucher à sa position. La musique n'est-elle pas au-dessus de la politique ? Lesueur avait dirigé la maîtrise de Notre- Bnme, et, selon la règle d'alors, il remplissait ses fonctions vôtu du petit collet. On l'appelait l'abbé Lesueur, bien qu'il n'eut jamais reçu les ordres. C'est ainsi que plus tard on appela son élève, l'abbé Gounod. Gounod connaît à fond le» compositions religieuses de son ancien professeur. 11 aime à chanter par cœur les fragments de ses œuvres, dont il ne parle qu'avec enthousiasme : « — Les fresques du moyen-âge, dit-il « ou ces mosaïques bysantines d'une si étrange • grandeur, peuvent donner une idée du carac- « tère des œuvres de Lesueur. »
Le maître a été considéré comme un révolutionnaire dans l'art musical. Pourtant Berlioz, daus ses Mémoires, s'exprime ainsi :
o Lesueur était un homme axempt de fiel et de jatousif. Aimant son art, il était dévoué à ses dogmes musicaux que j'ose appeler des préjugea et des folies. *
Berlioz aussi avait été élève de Lesueur, mais celui -là, on le sait de reste, ne fut pas, comme son maître, exempt de fiel. Berlioz nous raconte sur Lesueur l'anecdote suivante :
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Lesueur s'abstenait soigneusement d'aller aux concerts du Conservatoire, afin de ne pas s'y former une opinion sur Beethoven. Cette opinion il ne voulait pas l'exprimer. Un jour Berlioz décide son maître à assister au concert. On exécu* tait la symphonie en ut mineur.
f C'est inouï, dit Lesueur en sortant duConservMtoire. Cela m'a tellement ému, bouleversé, troublé, qu'en voulaut mettre mon cbftpenu, J'ai cru que je ne pourrais plus retrouver ma tête ... *
Le lendemain, l'émotion paraissait calmée.
• C'est ëgal.disait Lesueur à Berlioz, il ne faut pas fain de la musique comme cela ! >
Après la mort de Lesueur, en 1837, Paër lui succéda le 1" janvier 1838, comme professeur de composition.
Gounod étudia donc quelque temps avec l'auteur du Maître de Chapelle, dont les tendauces étaient italiennes. Déjà Gounod avait suivi une direction vers l'école allemande avec Reicha, vers l'école française avec Halévy, vers la musique religieuse avec Lesueur. En dehors de ses aspirations purement personnelles, ses professeurs avaient pu l'initier à tous les genres.
En 1837, Gounod se présenta au concours de l'Institut pour le grand prix de Rome. Cinq can-
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didats avaient été adoiis, après l'examen préparatoire, à prendre part aa concours. Voici l'ordre de réception : Deldevez, Gounod, Placet, Chollet et Bessozzi. Le sujet à mettre en musique était une scène lyrique intitulée; Marie Striart et Rissio. Les paroles étaient de Léon Halévy.
D'après les journaux de l'époque, la poésie se faisait remarquer par un style vif, animé, et fort bien cotipâ pour la musique. Le résultat du concours fut proclamé le 27 mai.Bessozzi obtenait le premier prix. Deux seconds grands prix étaieiit accordés, le premier à Chollet, le second à Gounod. C'était un succès, car s'il n'arrivait qu'au troisième rang, Gounod obtenait d'emblée un prix au concours. Quelques mois après, leSîi novembre 1837, à la réoaverbure des concerts de l'Athénée musical, on exécutait un fragment d'une symphonie du lauréat :
a Le Scherzo, disait Je journal Lé Ménestrel, promet un véritable tttlent pour traiter le genre élevé. •
Ce fut la première fois qu'une œuvre de Gounod fut exécutée en public.
Au concours de 1838, le nom de Gounod ne figure pas parmi les Lauréats. Le 2 juin le premier grand prix de Rome était décerné à Bousquet, le premier second prix à Deldevez, et le second à Dencla.
Le 29 octobre de la môme année, jour de l'anniversaire de la mort de Lesueur, on exécuta en
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grande soléimité, à Saint-Roch , une messe composée par les élèves du maître. Parmi les morceaux figurait un Agnua Dei de Gounod.
Enfin, l'année suivante, en 1839, Gounod remporta le premier grand prix. Ses concurrents étaient : Deldevez, reçu le premier à l'examen préparatoire, Roger, A. de Garaudé et Bazin. Le sujet était une scène lyrique intitulée Fernand, du comte de Pastoret. Trois personnages y figuraient. C'était une innovation, car, jusqu'alors, les cantates du concours n'avaient été qu'à une ou deux voix, avec accompagnement de petit orchestre. Gounod réunit en sa faveur 35 suffrages sur 37 votants. Deux membres de l'inistitut lui refusèrent leurs suffrages. Ces deux juges récalcitrants n'étaient probablement pas membres de la section de musique. François Bazin eut le second grand prix.
Les candidats qui prirent part aux concours définitifs en même temps que Gounod pendant les années 1837, 1838, 1839, furent :
Deldevez, appelé plus tord i diriger l'orchestre de la Société des Concerts, uuteur de savants ouvrages sur la musique ; — François Bazin, qui, devenu professeur au Conservatoire , écrivit un traité d'harmonie, et composa Le voyage en Chine, opéra-comique dont le succès fut, en grande partie, dû à la collaboration de Labiche pour les paroles ; — Charles Dancla, aujourd'hui un des doyens de l'enseignement du violon au Conservatoire ; - A. de Garaudé, fils de l'auteur
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d'une méthode intitulée : L'harmonie rendue facile, comme si l'harmonie, cette science ardue et compliquée, pouvait être apprise en quelques leçons ; — Bousquet, qui fut obligé, un moment, pour éviter la misère, de jouer de l'alto dans un orchestre de danse ; — ChoUet, un organiste ; — Bessozzi, pianiste compositeur, — et Roger.
II suffit de mentionner ces quelques noms pour raoutror à quel degré Gounod devait l'emporter surses concurrents dans la composition musicale. Nous savons maintenant qnelle part prépondérante l'avenir lui réservait dans la carrière artistique.
Peu de temps après avoir obtenu le premier gcand prix, le lauréat partait pour Rome et s'installait d'abord à la villa Médicis.
• C'est pendant son séjour en Italie, a écrit Adolpbe Adam, que Goanod sentit en lui le germe d'idées religieuses, auzi^ueUes ne furent sans doute pas étrangères son admiration pour le R. P. Lacordaire, et les fréquents entretiens qu'il eut avec lui.»
Gounod avait pu, avant son départ, entendre à Paris les admirables sermons que le P. Lacordaire avait prononcés à Notre-Dame, pendant le carême de 1838. Ces prédications d'une grande hardiesse avaient fait sensation. Le clergé s'en était ému, et le religieux avait quitté Paris, pour entrer, à Rome, au couvent de la Minerve.
C'est là, eu 1840, qae Gouood retroOTut l« célèbre dominicaïa, ancien avocat i OijoD, à la fois prêtre et homme da monde, dont la parole éloquente et pemoasive él^t bien ^te poar impressionner vivement l'esprit du jenne homme. Gounod eut alors la rét<oIution sincère d'embrasser l'état ecclésiastique. Tronvant le séjour de la TiUa Médicis parfois trop bruyaot, il se réfug^ia dans une retraite non prévne par les règlements de l' Académie; il entra pendant quelque temps au séminaire de Borne, pour se préparer à sa nonvelle carrière, et aussi pour travailler dans le calme et le silence.
Singulière nature, mêlée d'art et de mysticisme ! Exemple peut-être unique donné par un lauréat de l'Institut, touché par la grâce, et flottant par la pensée entre le sacerdoce et la vocation de musicien!
A Rome, Gounod eut en quelque sorte un pied dans le séminaire, et Vautre, le pied droit, dans le monde. Nous le retrouverons dans la même alternative, mais le pied droit l'emportera toujours.
Dans cette disposition d'esprit, la Musique religieuse était naturellement sa principale occupation. Il composa pour l'Eglise, entassant ainsi de précieux matériaux qu'il utilisa plus tard. 11 étudia avec acharnement les œuvres des grands maîtres, celles de Palestrina et de Bach surtout. Parmi ses premières compositions , citons une mes-se à trois voix, avec accompagnement d'orchestre et solos
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pour contralto et ténor, dont le manuscrit inédit est à la bibliothèque du Conservatoire de Paris. Cette messe fut exécutée à Rome le 1" mai 1841 à l'église Saint- Louis des Français, à l'occasion de la fête du Roi Louis-Philippe. Les anniversaires politiques, sous tous les gouvernements, ont au moins cela d'utile qu'ils offrent quelques débouchés à la production musicale.
Bien, que séduit par le genre religieux,Gounod, à Rome , ne composa pas uniquement pour l'Eglise. Il composa aussi, etpeut-êtreàson insu, pour le monde, oiî n'était pas sa pensée. C'est à l'âge de 22 ans qu'il écrivit le Soir , le Vallon, Jésus de Naaaretk, ces belles mélodies empreintes d'un sentiment religieux ou contemplatif. Il composa encore à Rome le Printemps, fraîche inspiration où se révèle si nettement l'entraînement de la jeunesse. Entre le Printemps et les cantilènes que nous venons de citer, il y a un contraste. On semble voir, ou plutôt sentir, lalutte qui s'opérait alors dans la pensée du compositeur, hésitant entre l'autel et la carrière musicale. Ces charmantes cantilènes font partie du premier recueil' de ses mélodies. Ce sont de petits . chefs-d'œuvre, dont l'interprétation vraie est si difïïcile, et qui se chantent, ou plutôt se déchantent aujourd'hui dans tous les salons. Gounod a pu faire aussi bien. A-t-il fait mieux t Ces mélodies , à elles seules , suffiraient à illustrer un musicien.
Gounod avait fini son temps, c'est à-dire ses
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deux années de séjour obligatoire à Rome ; mais, avant de rentrer à Paris, il était tenu de voyager pendant une année en Allemagne. Ainsi le voulait le règlement, qui depuis a été modifié. Cette excursion, sans itinéraire de rigueur, avait, en 1843, sa raisoQ d'être et son utilité. Elle permettait au musicien d'entendre, à l'étranger, des chefs-d'œuvre alors presque ignorés en France. A cette époque, les relations artistiques entre les différents pays ne s'échangeaient pas commodément. Elles étaient relativement restreintes. A part quelques brillantes exceptions, les virtuoses pianistes étaient les principaux voyageurs de commerce dans le monde musical. Les pluies de notes, les traits rapides, les tours de force sur le clavier étaient partout bien accueillis. Cette sorte de voltige, quoique un peu passée de mode, dure encore, et l'on ne peut prévoir, hélas I lea temps heureux oii elle disparaîtra complètement. Quant aux œuvres symphoniques, et aux œuvres de musique de chambre, elles ne passaient pas aussi facilement la frontière. Mendelssohn n'était guère connu à Paris que d'une élite de musiciens.
Gounod entendit en Allemagne les compositions de ce grand maître et il en reçut une profonde impression. Il trouvait là un modèle et un guide. Il s'identifia sur bien des points à Mendelssohn qu'il a imité souvent et auquel il a beaucoup emprunté. Il pouvait puiser à moins bonne source.
Dans le cours de son voyage, Gounod séjourna
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quel<]Ud temps à Vienne, où il fît exécuter, sons sa direction, le 3 novembre 1843, à l'égllae St- Charles, une œuvre qu'il avait composéeà Rome. C'était une messe de Requiem, messe solennelle à plusieurs voix, sans accompagnement, écrite dans le style de Palestrina. Voici le compte rendu gui fut alors envoyé de Vienne à un journal de Paris :
< Le Jonr des Uortg on a exécuté à l'église St-Chftrlea nn Reguitm, œuvre récente de M. Charles Qounod. Kon mulement on reconnaît dans cette composition, un talent musical fort honorable, qui a déjà obtenu par son assiduité et son expérience un haat degré d'indépendance; mais encore on y voit une compréhension grande et tout individuelle, qui, dans le sentiment de ses forces, s'écarte des voies usitées pour se créer de nouvelles formes. L'harmonie surtout est souvent d'une hardiesse aussi surprenante qu'heureuse. Dans la partie mélodique il j a des choses qui touchent et impressionnent vivemeot, qui dénotent une grandeur de conception deyeniie très rare de notre temps, et qui se gravent dans r&me d'une manière inefi^çable, des choses qui feraient honneur h tout musicien et qui semblent indiquer un grand avenir. *
Ces paroles prophétiques étaient de nature à encourager le jeune musicien. Cependant, à son retour h Paris, il essaya vainement de faire publier ses compositious. II présenta à deux éditeurs, le Vallon, le Soir, Jésus de Nazareth, le Printemps; ces beaux cbants écrits à Rome, et dont la popularité est aujourd'hui universelle. Non seulement il offrit gratuitement ces mélo-
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4i6s aux éditeurs, mais il les leur chanta. Qua fallait-il de plus pour les décider et les convaincre ?
Gounod, OQ le sait, est un délicieux ténor, un maître dans l'art de dire. Sa voix, sans (çrand volume, est d'un charme exquis.
< Gounod, écrivait M.CI&retîe «d 1875, mérite plus que peraonne le nom de chantear. Il aâduit, il conquiert. Il & en lui cette puissance magnétique de cette musique caressante qui est ta sieane. Grand, le corps d'apparence solide, mais le front ravagé, chauve, la bouche légèrement tordue, sous sa longue barbe blanche, — tel que l'a sculpté Carpeaux — l'œil bleu, profond, fixe, l'œil visionnaire, ou plutôt du voyant, dès que cette physionomie tout ti fait supérieure se montre, on reconnaît un homme. Pais, si la main de cet homme se tend vers vous avec une pression cordiale, si l'on pénètre, fut-ce pour un moment, dans l'intimité de cette nature d'élite, ou est en quelque sorte pénétré par le charme d'une voix douce, insinuante, enveloppante, mise au service d'une causerie qui étincelle... »
EtM.Claretie ajoute qu'après avoir entendu Gounod chanter au piano, des frag-ments de Polyeucte, un frisson d'admiration profonda lui parcourut tout le corps.
M- Claretie frissonna donc dans tout son être, à la voix de Gounod, âgé de 57 ans. Il n'en fut pas de même pour les éditeurs. Quand le musicien, à son retour de Rome, vint leur chanter ses mélodies, il était jeune, il avait une charmante toomnre avec ses cheveux blonds, t-el que l'a
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dessiné Ingres à Rome, dans un délicieux portrait reproduit, en 1877, parle journal VArt. Sa Toiz était plue fraîche qu'en 1875, son accent plus convaincu. Eh bien ! les éditeurs restèrent Iroids et dédaigneux. Ile répondirent par cette phrase invariable : « — Très joli ! très joli 1 mais » c'est d'un style trop élevé. Ça ne se vendrait » pas ! » Peut-être avaient-ils raison. Le nom de Gounod n'était pas connu, la vente aurait été difficile. Il ne faut pas trop incriminer les éditeurs de ce refus... Que voulez-vous ! Ces messieurs sont gens de commerce. Ils craignent ce qu'en terme de librairie on appelle le bouillon. S'ils voulaient faire toujoure de l'art, rien que de l'art, leurs magasins se fermeraient vite. Ils sont obligés de songer à la question commerciale, et de se soumettre au goût du public. Four eux, l'œuvre ne doit avoir de valeur que par la vente, et il en est en musique comme en littérature. Que deviendrait une librairie qui se consacrerait uniquement à éditer des poésie^s, surtout les poésies qui se fabriquent aujourd'hui ?
Gounod ne pouvant publier ses mélodies, s'appliqua de nouveau h la musique d'église. Il revint à ses Premiers Amours. Ses compositiona religieuses, son séjour au séminaire de Rome lui avaient déjà créé une certaine notoriété dans le clergé de Paris. C'est alors que le curé des Missions étrangères lui offiit une place de maître de chapelle et d'organiste dans sa petite église. Gounod accepta, à condition qu'il régnerait en
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"i Sa vie et bgs œuvres 29
Mouverain dans ses fonctions de maître de chalypUe :
. j« Vous à l'autel, Monsieur le curé, et moi i l'org-ue. ■
ii'entente fut conclue.
^^I^ petite église est une des dépendances du séminaire des Missions étrangères, situé rue du Bac. Le séminaire est ancien. Son nom indique son but. Il a été fondé pour former un clergé habile, courageuï et intelligent, chargé d'aller propager au loin la religion catholique. Bien avant notre entreprise Tonkinoise, ce séminaire avait envoyé des missionnaires dans cette colonie aussi inutile que lointaine. L'église est ancienne, comme l'établissement. C'est une succursale de la paroisse St-Tbomas d'Âquin. Lorsque Goonod entra en fonctions, elle se composait d'une chapelle supérieure et d'une chapelle basse. Cest là que pendant cinq années environ, le lauréat de l'Institut vécut presque retiré du monde, oublié, mais attentif et laborieux. Là, il travaillait avec acharnement, comme il l'avait fait à Rome, dans ' le calme et le recueillement. Il avait alors pour camarade l'abbé Gaj, un abbé musicien, avec lequel il a conservé les relations les plus cordiales. Bientôt son imagination s'enflamma de nouveau pour le sacerdoce. 11 fut admis comme externe au séminaire des Missions, et il suivit assidûment le cours de théologie. Il aimait à. lire les œuvres des Pères de l'Eglise, qu'il annotait. Les sermons en latin de saint Léon et de saint Bernard lui sont
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30 CHABLBS QOUKOD
restés chose familière. Dans la maison, où on considérait plus qu'un novice, on ne l'appelktt que Monsieur l'Abbé , et, ea février 1846, les journaux publiaient l'entrefilet suivant
t H. Charles Oounod, grand prix de l'Institut, Vten' d'entrer dans les Ordres. * -'
La nouvelle était inexacte. Gounod n'a même pas reçu les ordres mineurs, comme on l'a prétendu. Ce qui est vrai, c'est qu'il se préparait, non sans hésitation, à embrasser l'état ecclésiastique. Il restait indécis sur sa vocation. Déjà il portait la longue robe et le costume du Séminaire des Missions, et, suivant le témoignage de M. Arthur Pougin, ceux qui le voyaient étaient frappés de ses allures mystiques et austères. Son abord, son maintien faisaient prévoir une résolution inébranlable.
Tout en s'initiant aux dogmes et à la théologie, Gounod ne renonçait pas à la musique. A l'église, il était à la fois maître de chapelle, organiste, et premier ténor. Jamais les fidèles des Missions étrangères n'entendirent une voix plus séduisante. En dehora des offices, il continuait h étudier les grands maîtres, sans rester indifférent aux œuvres contemporaines, notamment aux compositions de Schumann qui commentaient à se faire jour, et qui agitaient, en Allemagne, ie monde musical. Il se tenait au courant, et suivait avec attention les luttes que
les F-
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provoquaient les ouvrages de Berlioz. Il composa, auz Missions, beaucoup de musique religieuse, des motets, des messes, des chœurs avec accompagnement d'orgue. Beaucoup de ces compositions n'ont pas été retrouvées. En 1848, l'éditeur Bichauli avait publié une série de chœurs intitulée : Offices de la semaine sainte par l'abbé Gounod. M. Julien Torchet, dans une chronique parue au Musée des familles, en 1884, dit avoir vu un Salve regîna, composé par i'abbé Gounod. Une lithographie représentait, sur la couverture, l'auteur revêtu d'une soutane, le rabat au cou, la figure imberbe, les cheveux presque ras.
Ce travail opiniâtre, cette étude ardente, poursuivie, pour ainsi dire, sous le cloître, et embrassant l'art musical au point de vue de l'Eglise et du monde , eut nécessairement une grande influence sur le talent de Gounod, qui se créa ainsi un tempérament de musicien tout individuel.
Quels sont les motifs qui lui firent abandonner les Missions étrangères, et pourquoi renonça-t-il à l'état ecclésiastique ? Nous en rechercherons la cause dans les journaux de l'époque, bien qu'ils ne s'étendent pas beaucoup sur ce sujet d'ordre tout intime. Si nous insistons sur ce point délicat, c'est pour nous applaudir de la décision définitive prise par le musicien. Gounod, dès son enfance, avait été destiné au notariat, qu'il avait répudié. Il eut fait un mauvais notaire. Dans les ordres, eut-il illustré le clergé, comme il a illustré
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