‹ Charles Guérin [microforme]Chapitre 2 sur 94 · E INTRODUCTION · texte numérisé non relu

E INTRODUCTION

“ Château de la Roche-en-Breny (Côte-d'Or),

ce 19 octobre 1854.

Monsieur,

La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 30 mars de l'année dernière ne m'a été remise qu'au mois de mars de l'année présente par M, de Puibusque. Je n'ai pas voulu vous répondre avant d'avoir lu le livre que vous aviez la bonté de m'envoyer par la même occasion. Je viens d'achever cette lecture et c'est avec une entière sincérité que je puis

Joindre mes félicitations aux remerctments dont je vous prie de recevoir

ici l'expression. J'ai passé l'âge où les romans intéressent beaucoup : mais % Charles Guérin ” m'a séduit et s'est fait lire d'un bout à l'autre, grâce au tableau animé qu'il présente de la société canadienne, grâce aussi et surtout à la constante élévation de la pensée de l'auteur. Le style excellent du livre démontre en outre que vous n'avez pas d'effort à faire pour demeurer fidèle aux meilleures traditions de la littérature française.

6 Laissez-moi ajouter à ce suffrage purement littéraire le témoignage de la très vive reconnaissance que m'a inspirée cette marque de votre sympathe. Quand on a péniblement tracé son sillon au milieu des obstacles et des mécomptes de toute nature, et surtout quand après vingt ans de vie publique on se trouve condamné à linaction et à l'obscurité, parce qu ’on n'a pas voulu s'associer aux palinodies de ses contemporains et à l'abaissement de son pays, West doux de rencontrer au delà des mers

l'approbation d'une âme telle que la vôtre, monsieur. Conservez-mor, je

je vous en pr ie, le bienveillant souvenir dont vous ni'honorez. J'irai

peut-être un Jour vous en remercier de vive voix, car j'éproure depuis longtemps le vif désir de visiter les États-Unis et le Canada. Je sais que

je retrouverai dans votre pays une image fidèle de la vieille France

dans ce qu'elle avait de plus recommandable. La Providence, en vous détachant, il y «& un siècle, de la mère patrie, vous «à préservés des honteuses alternatives d'anarchie et de despotisme où elle se débat depuis si longtemps et dont elle ne paraît guère disposée à sortir.

“Si je savais le moyen de vous faire parvenir par une voie sûre et économique quelques voluines, je m'empresserais de vous envoyer le petit nombre d'ouvrages que j'ai publiés : mais, retiré comme je le suis à la campagne et ne séjournant que par intervalle à Paris, je ne puis m'adresser qu'à la poste et je me borne par conséquent à cette lettre qui vous portera des actions de grâces et l'assurance de la très haute considération avec laquelle j'«. l'honneur d'être, monsieur,

Votre très humble et obligé serviteur,

“C, Cte de MONTALEMBERT."

La dernière appréciation canadienne de Charles Guérin que je connaisse, à été écrite par monsieur Tardivel, de la Vérité. Elle est élogieuse et bien faite.

Je ne doute pas que l’œuvre charmante de M. Chauveau ohtienne auprès des lecteurs de 1900 autant de succès qu'auprès de ceux de

Erneot Gagnon.

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