‹ Charles Guérin [microforme]Chapitre 64 sur 94 · AE SPA · texte numérisé non relu

AE SPA

es

“à: VER

NS

prepare péril és

RE vite:

guait pas du même bord que le reste de la famille, il n’était peut-être pas fâché de mettre un autre pavillon... Savez-vous que ça va faire un gros avocat, notre cousin ; et puis il va se marier avec une fille riche, mais riche que çu n’est pas pour rire de dire ce qu’elle est riche.

— Ah ! et quelle est cette demoiselle ?

— Las! je ne sais pas trop si je dois vous conter ces affaires-là. Mon cousin François, qui est venu me voir, il n’y a pas longtemps, m'en a jasé pas mal long ; mais il m'a dit de ne pas raconter ça à tout le monde.

— À la bonne heure, si je suis tout le monde.

—T'iens, docteur,vous allez vous fâcher ? Ah bien ! qu’à ça ne tienne. Je me fiche diablement de inon cousin Françoiset de mon cousin l'avocat. Si ça vous amuse, je 1 ous conterai toute cette manigance-là et bien d’autres avec. Mais il n’y « guère de vent dans les voiles ce soir, je suis joliment essoufflé ;.… si vous me donniez un peu de vos gouttes... Bon !

— Faut vous dire, pour commencer, que c’est avec Mile Wagnaër, la fille unique et héritière du gros marchand de R...,que se marie mon cousin Henri.

— Quoi ? Que dites-vous ? Avec Mile Wagnaër !

— Quand je vous le dis : ça vous surprend, hein ? (a en est-il un peu un parti! On dirait, mon bourgeois, que ça vous fait de la peine. Est-ce que vous auriez eu des intentions ?

— Allez toujours.

—AÀ vos ordres. Vous n'avez qu'à commander la manœuvre et je vais tout vous défiler ce qui en est. Connaissez-vous une petite jeunesse qui s'appelle Charles Guérin ?

—Un peu.

—Bon ! Vous devez savoir qu’il faisait la cour à la demoiselle, et même mon cousin dit qu'il ne déplaisait

pas trop à la jeune fille et au beau-père, et qu'encore un peu et ça y était. Mais mon cousin François, qui est une fine mouche, parce que, sans vanterie, nous ne sommes pas trop bêtes dans notre famille, mon cousin François à

tout dérangé ça. Le bourgeois avait deux raisons pour marier sa fille au jeune Guérin. D'abord, il lui fallait un gendre avocat pour pousser ses affaires, puis il avait un dessein de faire des moulins, des bâtisses, un tas d’histoires; toujours, il Tui fallait pour cela la terre de la famille. Avec le jeune Guérin, il avait à peu près, comme qu dirait, la maîtrise de la terre. Quand il vit cela, v’Ià mon François qui se met à faire faire connaissance à mon cousin l'avocat avec le bourgeois ; et petit à petit, v'là mon cousin qui se pousse dans la manche du bonhomme. C'était une consulte par-ci, un mot par-là. Puis le bonhomme Tui passa une petite affaire par-ci, une petite affaire par-là ; enfin, il s'aperçut que mon cousin l'avocat était justement l'homme qu'il lui fallait ; et qu’en fait de tours et de finesses, il pouvait même lui en renontrer, ce qui est dire pas mal. Le jeune Guérin,pendant ce temps-là, contait des fleurettes à la demoiselle, et la demoiselle, vous comprenez, comme toutes les fillettes, se laissait conter fleurettes ; mais tout ça n'avançait pus beaucoup les affaires. Mon cousin lPavocat courtisait le bonhomme, ce qui valait bien mieux. Mon cousin François faisait semblant de rien. Un bon jour il dit comme ce à son bourgeois: Mais, mon bourgeois, si vous pouviez marier mun'zelle Clorinde à M. Henri Voisin, savez-vous que ça vous ferait une fameuse affaire.—Mais lu terre, fit le bourgeois ?—Bah, la terre, fit mon cousin François : si vous voulez me laisser faire, j'ai trente-six plans pour vous la faire avoir. Et v’Ià mes deux cousins qui se mettent à faire des embarcations de billets et de signatures qui répondent les uns pour les autres et qui font répondre le petit Guérin ; si ben qu’à la fin du compte, v’là tout ce monde-là poursuivi et v’là qu’ils vont vendre la terre en question.

—Ah! et quand cette terre sera-t-elle vendue ?

—Dame, ça ne tarderapas. C’est pour le commencement de mai. Et ce qu’il y a de plus drôle, c’est qu’ils ont si bien

LEE ES ue ce

Fe SEP D MES LE D

Page 1