LES FEMMES
Tous partis, nos époux, nos fiancés, nos frères/ Pour rester dignes d'eux et fières, Nous n'avons gémi ni pleuré,
Mais notre cœur se fend. dards! ô couleur ines! Détournez-vous de leurs poitrines !
Reviens-nous, bataillon sacré!
Prie^, Anges du ciel, Bienheureuse Marie,
Pour eux, pour nous, pour la patrie!
Miserere ! miserere !
La sombre cathédrale aux voussures gothiques, Saint Vincent a laissé grands ouverts ses portiques. Dans le parvis, le porche et les nefs, tout ce flot. Qu'un même penser pousse et tourmente, se presse. Mais, courageux encor jusque dans sa détresse, Ce peuple est calme; à peine on entend un sanglot. Entre les lourds piliers, et matrones et vierges^ Et près des blancs vieillards les enfants étonnés,
Les Agapes de Berne. 71
Aussi loin qu'on peut voir, mains jointes, prosternés, Se détachent de l'ombre à la lueur des cierges ; Et dans le chœur, au fond,, balançant l'encensoir, Tous revêtus, ainsi qu'aux jours de pénitence, De chapes où l'argent brode le velours noir, Les prêtres sont debout. Comme un gage d'espoir, Leur doyen vénérable, aux yeux de l'assistance, De ses tremblantes mains élève l'ostensoir.