‹ Charles Monselet: sa vie, son ?uvreChapitre 10 sur 53 · V. II · texte numérisé non relu

V. II

Enfin, après un temps d'arrêt :

7 octobre 1879.

Vous écrivez à mon sujet de si charmantes choses que j'ai bonne

envie de vous gronder. Pourquoi ne plus me voir? que vous ai-je

fait ? ce que vous imprimez de moi, je le dis de vous. Donc, venez

dîner avec moi samedi prochain 11 octobre. Ce sera la paix faite.

Tuus.

Victor Hugo.

»... L'excellent homme ! on va le voir maintenant insister en vers :

Que chez nous désormais chaque jeudi t'amène l Et je m'adresse à Dieu lui-môme et je lui dis :

Fais-nous la semaine

Des quatre jeudis.

» Je saurais difficilement rendre l'épanouissement qui se fit en moi, ajoute Monselet, à la réception de ce quatrain.

J'avais inspiré des vers à Victor Hugo, moi, moi ! Il m'adressait des vers, comme si j'étais Louis Boulanger ou Théophile Gautier. Tout ce que j'avais rêvé dans ma jeunesse ! »

Comme tousles poètes, Monselet avait une religion secrète et croyait en Dieu à la façon de son illustre ami : son éducation religieuse avait été celle d'un Breton et il s'en fallut de peu qu'il entrât dans les ordres. Mais le clergé du xix° siècle ne ressemble en rien au clergé du xvm° : — M* r Dupanloup diffère du cardinal Dubois — et Monselet, en abbé, eût poussé trop loin la comédie. Il faut plutôt voir en M. de Gupidon un fataliste : — avec Gérard de Nerval, il croyait également à la métempsycose.

Philosophe, Charles Monselet a supporté sans le moindre murmure une existence remplie d'épreuves : lui-même a rimé le quatrain suivant :

... J'aurais pu souffrir davantage, Mais, de bonne heure, plein d'orgueil, J'eus toujours le rare courage De cacher les pleurs de mon œil...

De caractère doux et patient, Monselet joignait en outre à toutes ses qualités un cœur d or : — pour le mieux prouver, je transcris ici ces vers adressés à M m0 veuve Monselet, mère de l'écrivain, — et datés de 1875, quelques années après la mort de M. Monselet père, survenue le 28 janvier 1871 :

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