LE SONGE D OR
turiers, dont l'uu me paraît être un malotru de boquillon et l'autre un méchant faquir, gens sans nom, sans aveu et sans poids, il est probable qu'ils ne se sont couchés ici que pour procéder demain à un partage amiable, parce qu'ils ne savent ni textes ni commentaires, et qu'ils se sont estimés d'égale force. — Mais ils ne s'en tireront pas sans procès, ou j'y perdrai ma réputation. Seulement, comme le sommeil me gagne, à cause de la grande contention d'esprit que cette affaire m'a donnée, je vais prendre acte de possession en mettant quelques-unes de ces pièces dans mon turban, pour qu'il conste ostensiblement et péremptoirement en la cour, si la cause y estévoquée, de l'antériorité de mon droit ; celui qui possède la chose par appétence d'avoir, tradition d'avoir eu, et première occupation, étant présumé propriétaire, ainsi qu'il est écrit.
Après quoi le docteur Abhac s'endormit magistralement, en rêvant procédure et or.
Ceci est l'histoire du docteur Abhac.