XII NOTICE
pas su se condenser dans une œuvre unique. Il eût sans doute pris place à côté de nos plus gracieux poètes s'il n'avait pas, comme La Fontaine, à qui on Va quelquefois comparé, préféré le mmchaloir dans les vers au soin châtié qui distingue sa prose. Il y a un écho du bon fabuliste daiis cet « Eloge du sonijneil », qui contraste avec son esprit toujours ,en mouvement :
Comme un enchantement d'espérance et de joie Il vient avec sa cour et ses charmes gracieux, Où, sous des réseaux d'or et des voiles de soie. S'enchaînent des esprits inconnus dans les cieux.
— Soit que, dans un soleil où le jour n'a point dombre. Il me promène errant sur un firmament bleu,
Soit qu'il marche suivi des sylphides sans nombre Qui jettent dans la nuit leurs aigrettes de feu :
— L'une tombe en riant et danse dans la plaine, Et l'autre dans l'azur parcourt un blanc sillon ; L'une au Zéphyr du soir emprunte son haleine,
A l'astre du berger l'autre vole un rayon.
Il y avait en lui dix hommes de génie, disait Lamartine. Quoiqu'il se soit dispersé et comme volatilisé, il est possible d'extraire de son œuvre immense un volume qui ne contiendra rien qui ne soit excellent,