CHAPITRE III
Nodier, ce grand causeur, se donna, en écrivant, l'illusion qu'il causait encore. Ce qu'il jetait sur le papier, il s'imaginait le lire « dans un petit cercle », où chacun avait « tout droit •de l'interrompre ». Il se voyait dans « un salon bien éclairé » et, devant lui, des fauteuils. Epreuve solennelle, observait-il *, mais fréquente ; car la liste est longue de ses ouvrages. Elle occupe, dans l'excellente bibliographie de M. Georges Vicaire, une centaine de colonnes*.
A suivre la chronologie, on traiterait d'abord de Nodier naturaliste. L'auteur de Trilbij débuta, en effet, par une Dissertation sur l'usage des antennes dans les insectes et sur l'organe de l'ouïe dans les mêmes animaux^. Il continua par une Bibliographie entomologique *. Mais l'en-
1. Lettre à Jean de Bry (19 déc. 18291, citée par M. Léonce Pingaud, à la fin de son opuscule sur Jean de Bry et ses relations avec Charles Nodier et Charles Weiss.
2. Voir son érudit Manuel de l'amateur de livres du XIX' siècle.