‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 116 sur 163 · Nouveaux souvenirs et portraits, p · texte numérisé non relu

Nouveaux souvenirs et portraits, p

3. Le Vampire qui fut joué à la Porte Saint-Martin, le 13 juin 1820.

des conditions médiocrement propices, alors qu'il fuyait, de toute la vitesse de ses jambes, à travers monts et vallées, la police de Bonaparte. Cent fois, raconte-t-il, j'ai failli être saisi par un gendarme à l'instant où je cherchais une étymologie '.

Tout philologue se double d'un critique. On dit même que philologie et critique, c'est tout un. Du moins, la philologie se définissant « la science des faits de l'esprit ' », l'une et l'autre semblent inséparables. Nodier fit donc de la critique. Ayant « vu de l'histoire », il s'avisa aussi, nous le savons, d'en écrire. Enfin il fut le nouvellier que l'on connaît.

Voilà un joli vagabondage intellectuel, et Nodier mérita bien d'être appelé le «juif errant de la littérature ». Ce « juif errant» a fait toutefois, çà et là, quelques haltes et même quelques séjours. S'il ne reste de lui, sur l'histoire naturelle, que deux minces brochures, il a laissé, sur la lexicologie et la linguistique, un rayon de volumes. La critique littéraire ne lui fut pas non plus un passe-temps accidentel. Il y chercha, en des années difficiles, un gagne-pain. Ses récits historiques — nous verrons dans quelle mesure ce nom leur appartient — font aussi, dans son œuvre, mieux qu'une simple parenthèse. Bref, le philologue, le critique et l'historien va-

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