‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 121 sur 163 · En · texte numérisé non relu

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2,. Dans ses Miscellanées (1833), p. 11.

Voltaire : « Voltaire, esprit absurde en grammaire comme dans toutes les sciences exactes ou philosophiques auxquelles il a osé toucher... c'est une faute irréparable que de l'avoir suivi *.» Cette errreur prétendue lui tenait à cœur. Vers la fin de sa vie, il y revenait encore. Il prétait à son comique docteur Néophobus une manière d'écrire qui protestait contre la réforme officielle, et ce lui était une occasion de reprendre contre l'Institut son ancien ton de raillerie : « L'orthographe de Néophobus, qu'il s'obstinait à croire étymologique et française, était si gothique et barbare qu'il fallait assembler à chaque fois un concile de proies pour la traduire en écriture vulgaire, et cela demandait bien du temps. Quand on le priait de ne plus jeter de nouveaux défis à la pénétration de l'Ecole des chartes et d'imiter ces messieurs de l'Académie qui écriront désormais comme Voltaire, il se contentait de répondre : « Cela n'est pas sur *. »

Néophobus, lorsqu'il maudissait les nomenclatures scientifiques, était encore son interprète. On peut lire de Charles Nodier un vif

1. V . Dictionnaire de l'Académie /"ra nf aise, sixième édition, — Du Dictionnaire de l'Académie française, — Dn Dictionnaire de l'Académie française et des satires publiées à l'occasion de la première édition de ce dictionnaire. — Ces trois articles forment trois brochures qui se joignent au n" 19 du Bulletin du Bibliophile.

2. Post-face des Marionnettes, signées « Docteur Néophobus », dans la Bévue de Paris (mai 1843).

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manifeste contre la terminologie savante V On y verra que le naturaliste n'étouffait pas en lui l'artiste ; il s'indignait de la barbarie des « nomenclaturiers », qui dépoétisent les fleurs désignant, par exemple, la gracieuse reine-marguerite par le mot rébarbatif de leucanthème. Il avait, du reste, en vrai Néophobus, horreur de toute nouveauté et il professait que, « dans les langues, plus qu'ailleurs, et mille fois davantage,/e mieux est ennemi du bien. » Les améliorations voulues « anticipent, disait-il, sur leur vieillesse, hâtent leur décadence et précipitent leur chute. » Le néologisme, particulièrement, l'irritait. Il s'est peint lui-même, avec outrance, dans son amusant philologue. Ce n'est pas seulement sous ce pseudonyme en us qu'il a usé du badinage érudit. Témoin le Conte fantastique où il a persiflé le « comité d'arrondissement de Cahors », décrétant l'unité du langage ^

Cette incomplète revue d'essais divers justifie, pensons-nous, la qualité, que nous lui avons reconnue de philologue ; titre « dont le vague même est expressif », disait Renan \ Le même Renan va nous fournir un terme pour signifier notre sentiment sur Nodier grammairien et lexicographe : « un amateur qui se promène dans

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